Il faut se situer sur le plan philosophique. C´est la pensée humaine qui cherche à définir des causes et des fins (= buts). Tu connais le problème de la poule et de l´oeuf ? Qui donne naissance à quoi ? Si l´on admet qu´il y a un grand Commencement (avec un C) on est dans une conception biblique de la création (qu´elle soit une hypothèse scientifique ou fictive, peu importe). Si on est dans un pur concept d´infini, alors on ne peut étendre un processus restreint (visible sur notre Terre) à un processus global qui, de toute façon pour l´instant et sans doute pour toujours, nous échappera encore. L´infini est l´immuable, l´éternel, ce qui ne change pas, ce qui ne connaît ni début, ni fin, qui est atemporel, immatérialisable, inconcevable concrètement pour le regard humain. Et même à notre échelle terrestre, on constate qu´il y a certains corps (= la matière minérale) qui ne meurent jamais. Qu´est-ce que les cendres sinon tous les minéraux qui ne peuvent brûler ? Il faut admettre qu´il peut n´y avoir rien qui soit à l´initiative de notre existence. Le mystère est tragique. Nous sommes dotés d´une pensée rationnelle qui nous permet de nous interroger sur la nature de notre existence, sur le fait de l´existence, mais qui nous permet également de constater, irrémédiablement, les limites dramatiques de notre pouvoir de connaître. Poussières dans l´univers, nous n´en maîtrisons pas la structure. L´homme vit dans le regret de son ignorance du tout dont il fait partie. Face à l´inconnu, il se met à croire : religion, hypothèses scientifiques, imaginaire, etc...
Il faut bien qu´il se rassure, contre la misérable aptitude de son esprit. Nous avons le malheur d´être intelligents.