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La société de consommation

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Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 15:45:27

Comme le disait une pub de génie (malheureusement vite interdite) : "Il a l’argent, il a la voiture, il aura la femme".

C´est comme la pub pour le minidoux, où l´on voit une jeune femme dévêtue entrain de s´enrouler dans une serviette que l´on devine très douce.
Lorsque l´individu, au supermarché, reverra ce minidoux, il se représentera cette image de sensualité, et c´est ce qu´il recherche, le coquin !

De là, on peut se demander : critique de la consommation = nouveau puritanisme ? Rejet de cette version sublimée et exacerbée de la sexualité (car l´on exprime un désir sexuel plus ou moins conscient en achetant un simple flacon de minidoux) ?

Réflechissez donc aux frustrations sexuelles qui vous poussent à critiquer la consommation... Pourquoi ne pas vous assumer pleinement comme les autres et vous approprier symboliquement la virilité du tigre en mangeant des frosties chaque matin ? :rire:

non consommation = nouvelle forme d´impuissance ?

Con-sommation
Con-sommation
Niveau 2
27 mars 2006 à 15:50:47

C´est hallucinant. Je ne pensais jamais trouver au monde de personnes qui aiment la société de consommation.

"La consommation, c´est le mode de vie des rêveurs !

Et ça, ça n´a pas de prix ! "

Désolé de te le dire , mais j´étais écroulé de rire quand j´ai vu ça. En gros , vous vous satisfaisez de sentir un plaisir artificiel , inventé pour vous piquer votre argent en vous faisant croire qu´on est supérieur avec tel ou tel jean , tel ou tel téléphone à la mode , etc.

C´est du superflu. Le seul intérêt d´un être humain est sa conscience , sa mentalité. Le physique n´est qu´une enveloppe , tout comme la possession d´objets de valeur n´est qu´un leurre.

Qu´on le veuille ou non , la société de consommation est un moyen astucieux pour les marchands de gagner de l´argent à l´insu de consommateurs aveuglés et manipulés qui croient que le bonheur se trouve dans la possession de biens.

"Le pire serait encore que vous soyez de mauvaise foi et que vous critiquiez la société de consommation, à laquelle vous participez activement"

Une seule chose à dire => Non

Tout le monde ne participe pas à cette société ou du moins , pas tous de la même façon:

-Il y a ceux qui achètent toujours les dernières Nike à la mode , qui s´offrent la playstation 72 parce que tout le monde en parle , qui mettent des jeans trouées parce qu´on a l´air beaucoup plus cool comme ça.

Ces gens là vivent sur de l´abstrait , et font passer la forme avant le fond. Encore une fois , c´est du superflu : leur "plaisir" si on peut l´appeler ainsi est bien fade comparé à tous ce qu´ils ont perdu en échange ( leur argent , leur raison , et surtout leur libre arbitre ).

-Et il y a ceux qui résistent à l´oppression publicitaire , qui se fichent d´avoir les dernières fringues à la mode car , tant qu´on est habillé , le reste on s´en fout. Ils jugent les autres sur autre chose que leur physique , car ils savent que cela ne reflète en rien la "valeur" d´un être humain.

Ces gens là ont leur libre arbitre , vivent pour la vie et ne sont pas dépendants de cette société qui , je le vois à vos réactions , effectuent des lavages de cerveaux impressionnants.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 15:56:43

Parce que garder jalousement son argent dans sa poche, c´est faire preuve de moins de superficialité ?

Le refus de la consommation, ce n´est qu´une autre forme de puritanisme, de moralisme.

Mais un puritanisme honteux, car à aucun moment, vous ne critiquez la notion de propriété.

Seulement, vous, vous n´attachez pas d´importance à la nouvelle playstation, mais aux billets de banque soigneusement conservés... C´est vrai que c´est beaucoup moins superficiel.^^

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 15:59:06

Celui qui est détaché de tout cela est détaché de l´argent et n´a que faire que des marchands s´enrichissent sur leur dos, vu que ce n´est que de l´argent (c´est à dir un bout de papier ou de métal).

Il n´hésite donc pas à participer à la société de consommation, car cela lui est indifférent.

Con-sommation
Con-sommation
Niveau 2
27 mars 2006 à 16:10:55

T´as de l´humour toi !

"Réflechissez donc aux frustrations sexuelles qui vous poussent à critiquer la consommation... Pourquoi ne pas vous assumer pleinement comme les autres et vous approprier symboliquement la virilité du tigre en mangeant des frosties chaque matin "

"Seulement, vous, vous n´attachez pas d´importance à la nouvelle playstation, mais aux billets de banque soigneusement conservés... C´est vrai que c´est beaucoup moins superficiel.^^"

C´est à mourir de rire !

Si tu avais lu tu saurais que je ne parle pas du système de propriété ( même si faudrait la aussi dire pas mal de choses ) mais bien de consommation inutile.

Quel est l´intérêt d´acheter un objet uniquement pour dire d´avoir acheté ? Aucun.

Cela ne fait que refléter la puissance de cette société de consommation. Quant à l´argent , il en faut un minimum pour vivre , et je préfère investir dans des produits que j´ai choisi de mon plein grès et qui me serviront plutôt que de consommer aveuglément des produits que j´ai vu dans des pubs marquantes.

C´est que vous ne voulez pas entendre , c´est que la société de consommation vous manipule , vous qui n´attachez d´importance qu´à du matériel , des objets ; vous donnez votre pouvoir aux grandes entreprises , vous vous laissez aller par la propagande marchande , et on dirait maintenant que vous défendez ce qui pourtant manipule votre esprit pour s´appropier votre libre arbitre.

Ce que vous ne voulez pas entendre non plus , c´est que la publicité vous prend une part de votre liberté. Mais apparemment le lavage de cerveau a tellement bien fonctionné sur vous que vous vous satisfaisez de choses qui n´ont absolument aucun intérêt ( derniers vêtements à la mode , portable ultrapuissant qui fait tout sauf téléphone , etc ).

Quant à l´histoire du sexe , j´ose même pas te répondre , de peur de me rabaisser à ton niveau intellectuel.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
27 mars 2006 à 17:04:50

Ce qui est grave, c´est que l´art soit aussi produit de consommation. Que le cinéma voie réaliser, sortir, et partir de l´affiche autant de films, à une vitesse aussi prodigieuse, au seul nom de la loi de l´offre et de la demande, je trouve ça intolérable. S´il y a un grief majeur à attribuer à la société de consommation, c´est d´assassiner la création en l´épuisant. Toujours plus de musique, toujours plus de mémoire d´ordinateur, toujours plus de films, toujours plus de tout, et surtout toujours plus de gratuit, voilà ce que l´on réclame. Et on vient se donner bonne conscience, nous les consommateurs qui téléchargeons, qui cherchons le gratuit, la fraude, le facile, on se donne bonne conscience en disant que c´est le système qui nous oblige à adopter une telle habitude, un tel mode de consommation. La course à l´attractivité et la génération zapping, voilà ce qui est, en tant que dérive, est dramatique pour l´audace de la créativité, l´originalité du regard nouveau et singulier.

Exemple : une très bonne série, selon moi, Alias. Lorsqu´elle est diffusée (comme de nombreuses autres), les chaînes diffusent les nouvelles saisons à raison de 2 voire 3 épisodes par semaine ! Ca n´a pas de sens ! D´une part, une série doit se suivre dans une régularité nécessaire à la progression dramatique, ensuite, si les créateurs vous leur dites : bon, bah là, la saison elle est bientôt finie, faut vous y remettre mon vieux... Mais vous l´épuisez, vous le sucez jusqu´à la moelle de ses capacités, et s´il n´est plus performant, au revoir monsieur, nous en trouverons d´autres.

Je ne sais plus qui disait ça mais l´expression me semble tout à fait juste : "Les capitalistes finiront par vendre la corde qui servira à les pendre".

La dérive, c´est quand on scie la branche sur laquelle on est assis, qu´on en a conscience, et qu´on réalise tristement qu´on ne peut rien faire pour arrêter le bras (peut-être le nôtre) qui scie méthodiquement le bois.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
27 mars 2006 à 18:56:38

Oui la société de consommation est nocive, c´est un fait. Et meurtrière également.
Je pensais que ça allait de soi et que nous n´aurions pas besoin d´en parler. De plus que je n´aime pas trop fonder la critique sur ce point car tant de choses tuent sans être à bannir. Attendre qu´il y a ait des morts pour décréter qu´une situation est grave, j´y vois déjà 2 contresens.
La société de consommation comme meurtrière donc. Je pense que je vais aller directement à l´homme, puisqu´en ce qui concerne l´animal c´est très clair (fourrures pour ne citer que ce point). Premier mot: cigarette. J´ai besoin de faire un commentaire? non. merci. Suivant: combien de clochards morts cet hiver? N´est-ce pas une aberration quand on y regarde bien? des gens meurent sur nos proches! On parlait auparavant des frabriques Nike en Chine dont le bas prix du produit fini est lié à l´exploitation d´enfants et de femmes. Pensez vous que tous pètent de santé et survivent? Et puis les taux du suicide proportionnels à l´industrialisation du pays... ahem.
Alors Carnavale est déjà en train d´anticiper et va me dire "c´est pas la société en tant que système qui tue directement, c´est ses dérives, tu reparles de la même chose qu´aux premières pages". Ben non. On ne peut dissocier société de consommation, consommation et effets de la consommation. Et pas besoin d´être conséquencialiste pour être d´accord. Les effets que je décris, sur quel dos émissaire les poser? ils sont directement issus de la société de consommation. Ce ne sont pas des malfonctionnements exterieurs au système: tout cela est conscient et accepté. Les clochards, les cancers du poumons, la société les crée directement et les regarde mourir avec plaisir. Bon ils sont en train de se rendre compte actuellement qu´un fumeur n´est pas rentable mais bon... Là on entre dans un aspect de la critique vraiment intéressant, je voudrais pas l´aborder dans ce post.
Il n´y a pas d´interprétation, ce ne sont que des faits. Les morts sont là, à nos pieds, il suffit de baisser les yeux. Remontez la chaine chronologique, vous tombez immanquablement sur la société de consommation. Parce que chaque individu est à la fois personne et consommateur.
Le système conduit à la mort de milliers d´êtres, il serait hypocrite de s´entêter à dire: "des théories ne tuent pas". Si elles tuent.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
27 mars 2006 à 18:58:25

Carnavale: des cordes il n´y en a pas que dans le cinema... des pendus non plus...

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
27 mars 2006 à 19:09:52

Gijoe >>> Je suis d´accord, mais je soulignais qu´on peut aussi déplacer le facteur de signes. Consommer, c´est aussi porter des signes. l´objet d ela consommation l´est évidemment, mais le fait même de consommer (si l´on prend l´optique de la satisfaction à consommer, consommer pour consommer donc) devien signee d´adéquation à un modèle et de richesse évidemment.
Il n´y a pas que l´objet qui est porteur de signe, il y a aussi l´acte de consommer en général.
Et de même, le système que tu décris fait aussi entrer l´acte de consommation même ("ce n´est plus la consommation qui compte"), consommer c´est déjà un signe social. Consomer certains produits porte des signes plus valorisés, mais une consommation effrénée est elle-même un signe social.
Sinon, d´accord avec toi pour les effets de la télé.

Carnavale Posté le 27 mars 2006 à 00:37:49
Oui mais au même titre qu´un conduteur, nanti du permis de conduire, peut, sous l´emprise de l´alcool, donner lieu à une dérive dangereuse pour tous les autres automobilistes - et ce sur une chance limitée -, la mondialisation et la surconsommation n´est pas objectivement un fait maléfique. Du moins, mon message voulait bien montrer que rien n´avait été démontré en ce sens. Depuis le début de ce topic, on se contente d´expliquer spécifiquement ce qu´on critique, et dans le fait même de critiquer on porte un simple jugement de valeur sur un système qui ne convient pas à la plupart.

Dans le cas de l´automobile, il n´y a rien de systémique. La dérive est laissée à la contingeance (quoique, on pourait pointer la prévention routière trop faible), c´est hasardeux. Ce qu´on critique depuis le début, c´est le caractère de véritable système de manipulation (publicité notamment) effectif dans tous les cas. Et encore une fois, qu´on ne se trompe pas, la système de manipulation mis en place n´est en aucun cas inéluctable après l´emergeance d´une consommation de masse. Il ne fait pas partie de l´essence de la société de consommation.

" Où est la démonstration philosophique de la nocivité objective d´une consommation intensive, même fondée sur la "manipulation" ? Les dommages collatéraux, je ne dis pas - mais quel système n´en connaît pas. Est-ce que la consommation attente gravement à la survie de la planète, du monde, de l´univers, du tout, du cosmos qui organise structurellement le cadre de notre existence ? Est-ce que la surconsommation assassine ? Autant que je sache, non."

?? On sombre dans le relativisme, cette réponse,on peut la donenr à n´importe quel sujet, n´improte quel problème, et mille fois plus encore pour des problèmes dits philosophiques. Il y a des analyses de tout, des critiques de tout, il est foncièrement inutile de répliquer que "quel système ne connait pas de dérives" et "est-ce que ca tue des gens". Ce sont les répliques magistrales de l´anti-philosophie.

Linus :
"Je pense que ta oublié, comme tout le monde ici, une etape ;
L´économie capitaliste est là pour nous faire consommer, nous sommes heureux de consommer , la consommation est là pour faire marcher le capitalisme. Alors on se félicite de quoi? "

Oui mais ce qu´il dénonce, c´est la "manipulation" qui pousse ce "nous sommes heureux de consommer". Et l´équilibre d´un système économique s´il repose sur une manipulation (à supposer que la société de consommation en est une) est illégitime (on peut très bien faire marcher une économie sur des modes que l´on peut a posteriori ou avec prise de conscience dénoncer, par exemple, Pinochet)

Pasfou >>> Justement, on parle de poussée à consommer, de structure quis ´imprègnent progressivemen qui nous font devenir un homo consumerus (euh...^^). Tu répliques exactement ce que j´ai décrit en première page, celui qui dit que l´individu fait le choix consciemment et que c´est son choix. Encore une fois, tu montres ta croyance absolue dans le pouvoir de décision de l´individu (cf je-sais-plus-quel-topic).
Si tu ne veux pas consommer, tu ne consommes pas, nous dis-tu, mais nous sommes des individus sociaux et le fait que cette manipulation de la consommation (à supposer encore une fois qu´elle est avérée, et c´est le débat de ce topic que vous escamotez pages après pages) se lie à la société (d´où le terme de société de consommation) devient ce quis ´impose à l´individu dans ses choix. Et pa rune prise de consciences, on peut voir la nocivité – hypothétique – de ces structures de manipulation et rmettre en cause le système.

Et pour le sexe comme raison de la consommation et les opposants à la société de consommation comme des néo-puritains, franchement, ca vaut rien : quand t´achète des casseroles, des salières, c´est pour baiser peut-être? Le problème de ton interprétation, c´est qu´elle ne prend en compte que les consommations qui sont liés obligatoirement à l´individu (paraître).
La publicité qui joue sur l´érotique n´entraîne pas le consommateur à l´espoir d´un érotisme similaire, ça joue simplement sur les pulsions du consommateur, le plaisir que ça lui procure, encore une manipulation.
Et personne, en tout cas pas moi, ne parle de refuser la consommation. On prend évidemment tous plaisir à la possession de certains objets, mais pour la satisfaction personnelle et leur utilité, leurs caractère ludique aussi. Il n´y a pas lieu de dénonce rl´acte d´acheter un objet pour lui-même, mais entrer dans un système de manipulation structurelle devenir un agent de consommation plus qu´un individu, etc. on peut débattre, on peut analyser les dérives actuelles de la société de consommation.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
27 mars 2006 à 19:12:33

"On ne peut dissocier société de consommation, consommation et effets de la consommation. Et pas besoin d´être conséquencialiste pour être d´accord. Les effets que je décris, sur quel dos émissaire les poser? ils sont directement issus de la société de consommation. Ce ne sont pas des malfonctionnements exterieurs au système: "

C´est donc là que les deux pojts de vues divergent. Celui que je défends suppose tout le contraire, c´est à dre que ce qui est dénonce, ce sont des malfonctionnements – non pas extérieurs au système – mais pas compris inévitablement dans le système et encore moins nécessaires au système.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:02:14

Con-sommation : Je t´ai bien lu et justement, je te critique justement car tu passes à côté du problème et ne te plains que la consommation inutile et non le système de propriété.

Sur la métaphore avec le sexe et le puritanisme, elle est simple :

Vous admettez tous que la consommation, quand elle est à but utilitaire (ex : les casseroles pour cuisiner), est nécessaire.

Et vous admettez que même lorsqu´elle porte sur un objet superflu, la consommation n´est pas inutile car elle provoque en elle-même un plaisir.

Donc, si vous vous opposez à la "sur-consommation" (celle non directement utilitaire), c´est parce que vous refusez d´accorder de la valeur au plaisir provoqué par l´acte de consommation (plaisir que vous jugez au mieux inutile), ou que vous le considérez comme "mal" (thèse moralisatrice).

Et ce faisant, vous vous comportez comme de petits talibans...

Everlasting : Quel est le rapport entre les clochards et la société de consommation ?

S´il y a des clochards ou une exploitation de travailleurs pour fabriquer des Nike, c´est parce qu´il y a des défaillances dans le système de protection sociale (le lien de causalité, il est là).

Mais tu ne démontres pas en quoi le fait de consommer provoque nécessairement cette misère sociale (il peut y avoir pleine consommation et plein emploi). C´est l´exclusion due à la propriété et les ressources limitées qui provoquent la misère sociale, pas le fait de consommer.
Là encore, vous passez à côté du problème.

8_Solid-Snake_8 : Nous ne serons jamais d´accord sur la place de l´individu, je crois (nos thèses sont inconciliables, car nous ne nous accordons pas sur les théories de départ (cf. l´autre topic, où j´ai aussi arrêté de répondre, car on ne pouvait que camper sur nos positions).^^

Pour moi, l´Homme n´est pas un pantin et la société n´est qu´une fiction.

Car la société, c´est quoi en réalité ? Les Hommes qui la composent, et rien d´autre.

Donc, en disant que les Hommes d´une société sont manipulés par cette société, tu affirmes en réalité que ces Hommes sont manipulés par eux-mêmes, qu´ils s´auto-manipulent.

Mais s´ils s´auto-manipulent, c´est que cette manipulation n´est pas une vraie manipulation, mais un acte de volonté, un consentement.

Le système ne fonctionne que parce que nous sommes là pour le faire fonctionner. Je n´y suis pour rien si tu te sens victime de l´extérieur et incapable d´échapper à ton auto asservissement.

C´est comme dans "la liste de Schindler" : Schindler était en plein dans le système, mais il ne s´est pas senti victime comme des millions d´autres. Il ne s´est pas plaint et a agi pour ne pas collaborer.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:14:31

Carnavale : S´il n´y a personne pour acheter les oeuvres d´art, alors il n´y aura plus d´art ou celui-ci sera très restreint, à un état embryonnaire (car les artistes ne vivront plus de leur art).

La consommation est la branche permettant à l´art de vivre et d´être diffusé en masse.

Alors, tout n´est pas parfait, mais un art répandu est mieux que rien du tout. Ce que tu critiques est un moindre mal (en attaquant la consommation, tu scies aussi la branche sur laquelle tu es assis)...

[Sans Hollywood, qui est le temple de l´art produit de consommation, pas d´Alias que tu aimes tant.^^
C´est le chat qui se mord la queue...]

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:21:00

Et puis, vous parlez de misère sociale, mais si l´on revient dans le passé au temps où il n´y avait pas de consommation de masse : et bien, il y avait tout autant de riches et de pauvres, sauf que les pauvres étaient encore plus démunis et mouraient très jeunes de maladies (c´est vrai qu´une fois mort, on ne les voyait plus, doc ils ne gênaient plus).

La consommation de masse, c´est votre chauffage, votre électricité, votre eau courante, votre télévision, magnétoscope, votre voiture et autres moyens de locomotion, etc...

Avant, il n´y avait rien de tout cela et les gens vivaient aussi.. Vous pouvez tester sans, si vous le voulez...

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:24:46

"C´est hallucinant. Je ne pensais jamais trouver au monde de personnes qui aiment la société de consommation."

Bah oui, on s´y complait :rire:
L´important est qu´avec la consommation il n´existe plus de besoin nécessaires, ou suffisant, ou naturels, ou mieux etc... Tout les le même : besoin de signes, et dont on se fout du contenu. Ce qui compte alors c´est la forme. C´est montrer qu´on porte ces signes, et en second lieux ce qu´ils représentent.
Comme l´a dit Pasfou : la seule consommation concerne l´imaginaire, pas l´objet matériel. On le voit bien, les marques n´ont aucunes utilités en tant qu´objets matériels et utiles.

Le problème est que tu raisonne dans le système traditionnel des objets, à savoir qu´ils répondent tous nécessairement à un besoin. Et qu´il existerait des besoins naturels qui se caractériseraient par un manque chez l´homme. D´ou la production économique consisterait à donner un objet à un homme pour satisfaire un besoin. Et dans ce schéma d´intérprétation : il est normal que la quantité d´objets pour un même besoin aparaisse comme mauvaise.

Il y´aurait une naturalité,une individualité et une préexistance des besoins aux objets.

Mais comme je l´ai dit plus haut, parce que la liberté de choix du consommateur est imposé par le système de production, il n´existe pas de nature de l´homme qui entrainerait des besoins naturels. Au contraire, nos besoins sont produits par la société.

Dans ce cadre, il n´existe ni besoins légitimes, naturels, ou bon. Aucun n´est essentiel ou naturel.

Ce que j´ai dit sur les médiats vient à la suite.

Je pense comme carnavale, qu´on peut l´étendre à toute chose nottament à l´art; mais aussi plus inquiétant au corps.
Il est investi économiquement de nos jours. C´est un capital, un objet de consommation (ce que les libéraux disent hein... je fais ce que je veux de mon corps, il m´appartient; c´est mon objet en propre).
On lui demande de produire plus de travail, de jouissance (sexuelle ?) de beauté etc... mais en même temps, tout cela se fait sous des normes preétablies et par un code dirigé.
C´est à dire qu´on gère son corps comme un patrimoine, comme un des multiples signifiants de statut social.
La mode, la beauté etc ... sont autant de faire valoir du corps.

Le capitalisme c´est l´universalisation de la marchandise.

On peut aller plus loin sur la marchandise en question. De nos jours, et contrairement à ce que peuvent en dire les économistes, la valeur d´échange des objets (y compris le corps donc) ne dépend plus de son utilité, de sa rareté, de sa qualité mais du travail social moyen incorporé dans le produit (exactement marx ça il écrit dans le Capital "Si l´on réeussissait à transformer avec un peu de travail le charbon en diamant, la valeur de ce dernier tomberait peut-être au dessous de celles des briques. En général, plus est grande la force productive du travail, plus est court le temps nécessaire à la production d´un article, et plus est petite lamasse de travail cristalisé en lui, plus est petite sa valeur" ou à peu de choses près).

Ce qui se produit lors des échanges de toutes les marchandises, c´est un oubli du travail qui a été nécessaire pour que je puisse les acheter. Exemple des pates, je ne pense pas à la chaine de production qu´il y´a derrière. Marx apelle ça le fétichisme de la marchandise. Elles ont l´air de vivre en elles mêmes et par elles même (voila un autre signe du capitalisme peut être ?) et selon des lois qui leur sont propres. On ne voit pas le travail social incorporés en elles. (de même pour l´argent. C´est ce qu´on constate avec le phénomène de la spéculation. Vous savez qu´en deux semaines de bourse mondiale, il s´échange, en valeur, la totalité de la production mondiale pendant un an.... l´argent acquiert une valeur basée sur rien. De même dans l´immobilier en ce moment).

Alors, je vais me fendre de ma petite critique à propos du marxisme ce soir :)

Pour marx, la valeur d´échange est source d´aliénation "pour l´homme et elle s´oppose en celà à la valeur d´usage [...] alors que la valeur d´échange est toujours abstraite et générale" (sans cela on ne pourrait échanger n´importe quelle marchandise avec n´importe quelle autre), la valeur d´usage semble concrète et particulière.
D´ou la maxime de la société communiste souvent répétée : "à chacun selon ses besoins", justice distributive donc. L´homme se réconcilierai avec lui en échappant au fétichisme de la valeur d´usage et à l´argent.

Le présupposé est que la valeur d´usage n´aurait rien de "mystérieux" et qu´elle est libératrice.
Moi je pense au contraire, que les faits démentent la théorie. L´instrication de la production et de la consommation (exposée avant) font que le capitalisme entraine le fétichisme de la valeur d´usage.
Le capitalisme crée l´illusion que l´individu exprime librement ses besoins simples et naturels dans le système économique. Or comme je l´ai montré, c´est le contraire qui se produit. Le système économique produit l´individu et leurs besoins ainsi que les objets pr y répondre.
Donc en consommant, l´homme ne redevient pas lui même. Il reproduit le système qui a produit ses propres besoins et il ne s´agit surement pas d´une valeur particulière.
En plus, on a vu que le propre de la société de consommation c´est le signe : des abstractions et pas du tout concrètes.
Donc la valeur d´usage est tout sauf concrète, elle est aliénation aussi. Elle est la conséquence d´un rapport social masqué et caché aux yeux du consommateur. La valeur d´usage n´est pas simple, ni concrète, ni libératrice. Elle est un simple alibi à la valeur d´échange. D´ou le projet révolutionnaire de la société communiste est nié dans son fondement.

Il n´est pas possible d´opposer valeur d´usage et d´échange, l´une come plus réelle et meilleure que l´autre.

Y´a pas vraiment de sortie possible de la société de consommation, il faut s´en contenter parce qu´elle est à la base de tout, y compris de ses contradictions, qui sont de simples masques. Dans le domaine pratique, il n´existe aucune solution. Dans le domaine théorique oui, mais j´ai la flemme de détailler ^^

Simplement toute révolte n´est ni nécessaire, ni concluante. On ne peut que perfectionner les systèmes (les expériences révolutionnaires le prouvent. Au régime du Tsar succède l´URSS, Etat bien plus perfectionné et froid dans son application que le premier).

Con-sommation
Con-sommation
Niveau 2
27 mars 2006 à 21:32:59

Avant de parler , je voulais vous montrer le livre d´or du site :

http://societeconsommatioation.free.fr/alex_guestbook3/

Si vous avez des commentaires à faire sur le site , postez-les ici de préférence.

Maintenant , j´en reviens à ce principe du plaisir , et encore une fois , je vais devoir me répéter.

La plaisir naissant de l´achat n´est qu´une fiction , un délire imaginé par le consommateur pleinement manipulé. Il ne s´agit pas de dire s´il est bon ou mauvais mais tout simplement qu´il est faux.

Le principe même de la société de consommation , c´est le pouvoir des commerçants. Aujourd´hui , l´ampleur est telle que le consommateur moyen éprouve un plaisr ( fictif , encore une fois ) qui le pousse à consommer davantage. De ce fait , plus la personne manipulée consomme , plus elle a envie de consommer.

A côté de ce plaisir inventé , il faut voir aussi d´autres inconvénients :

-La sur-consommation et même la consommation bête sont des actes qui montrent l´approbation de l´acheteur vis à vis de la société de consommation.

-Se laisser faire par la pub , c´est perdre son libre arbitre , sa raison. Quelqu´un qui ne résiste pas à l´envie de consommer est faible mentalement.

-Perte d´argent , même si cela est bien secondaire , le fric se retrouvent dans les caisses des grandes entreprises : leur but est atteint.

Personnellement , je trouve ce plaisir ridicule : il montre que l´être en question est attaché avant tout au physique et à la possession , et ne fait passer que secondairement la raison et l´"intelligence". Mais après tout , ces idéaux n´ont-ils pas été instaurées également par la société de consommation ?

Car la pub a créé la mode , et la mode a contraint les esprits faibles à "être à la mode". C´est bien la société de consommation qui , grâce à cette mode , a donné aux hommes des préférences pour les gens qui possèdent mieux.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:35:13

En résumé, et c´est le coups classique Société de consomation=Société de production ^^

Je me trompe ?

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:41:31

Oui, c´est ce que je dis, tu as une vision moralisatrice de ce plaisir.

Quant à la publicité, c´est un faux problème : ne regarde plus la télévision (qui est le symbole de cette société de consommation : objet uniquement à but de confort) et tu n´en verras pratiquement plus.
Mais si tu as une télévision, c´est que tu participes déjà activement à la société de consommation.

En dehors d´un toit pour dormir, de vêtements chauds l´hiver, de nourriture, le reste n´est que confort et recherche de plaisir. Tout le reste est donc sujet à critique (si l´on a quelque chose contre le superflu)...

Mais je ne comprend pas bien pourquoi certains disent : ok, la télévision, je ne remets pas en cause, mais franchement la brosse à dent avec un flash c´est quand même bien inutile...
Ce jugement n´est que votre jugement de valeur arbitraire, et à partir du moment où l´on admet un objet non nécessaire à la vie (la télévision), on doit faire preuve de tolérance et admettre les autres objets.

gijoe080288
gijoe080288
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:45:16

La maison est aussi inutile, les vètements aussi....
etc..
Tout ça ce ne sont que des signes, des signifiants sociaux (de même que la nourriture hein)

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:46:30

Et puis, je préfère une société où il y a 10 000 marques de lait et des compagnies qui font leur publicité à une société où il n´y en a qu´une (cf. URSS de la grande époque... et quand ce sont des stocks venant de la région de Tchernobyl...), ou encore une société où il n´y a pas de lait en vente.

Parce que dans la première, je peux présupposer que j´ai un choix que je n´aurai pas dans la seconde, et que cette absence de choix ne se reflétera pas uniquement au niveau du lait.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
27 mars 2006 à 21:48:35

gijoe080288 : Sans maison ni vêtement, tu ne vivras pas vieux sous nos climats (de même, dans le désert, tu ne peux vivre sans vêtement (protection contre le soleil), etc...)...

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