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[UDP] Usine de Démolition des Préjugés

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
19 mars 2006 à 10:59:57

La proposition "je fais ce que je veux" en elle-même ne peut pas faire partie de la catégorie des préjugés car, par définition, le préjugé (en tant que partie spécifique du jugement, donc obéissant aux mêmes règles de logique que le jugement) doit avoir un objet. Or, qu´est-ce que l´objet de "je fais ce que je veux"? Littéralement (et seulement dans ce cadre d´analyse), elle n´a pas d´objet et n´indique qu´une ligne de conduite dans ses choix, à savoir le fait de n´accepter d´autre autorité que la sienne dans ses décisions.
Maintenant, cette proposition a un présupposé, elle n´est pas qu´une simple affirmation de sa souveraine décision, pour preuve son utilisation dans un cadre particulier : au sein d´un réseau de propositions logiques (par exemple "Tu ne sortiras pas ce soir – si, je fais ce que je veux"), elle signifie le refus d´autorité et plus implicitement l´affirmation que seul MOI décide de la conduite à adopter. Ce n´est pas le simple refus d´autorité à celui à qui on répond, mais la croyance en l´absence d´autorité et d´influence de tout organe (pour reprendre l´exemple : la réponse "je fais ce que je veux" à "tu ne sortiras pas ce soir" n´indique pas seulement que le puni refuse l´autorité de son père, mais aussi qu´il affirme que c´est parce que lui le VEUT qu´il sort, et pas parce que ses amis le veulent ou autres structures, institutions, tendances > tout organe donc, individuel ou structurel).
Ainsi, implicitement , "je fais ce que je veux" est un préjugé dont l´objet est le pouvoir de décision de l´individu quand bien même on ne peut pas déduire de sa simple analyse littérale son caractère de préjugé.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 11:26:35

On devrait plutôt dire "je fais ce que je choisis en fonction de ce que je me donne comme principes dans le cadre d´un ensemble communautaire, régi par des lois, ensemble auquel j´appartiens et dont je dois tenir compte, que j´y sois idéologiquement opposé ou non".

Le "je fais ce que je veux" renvoie à une conception sauvage de la liberté, et un peu naïve.

On pourrait se demander dans quelle mesure je peux faire ce que je veux, à quoi renvoie profondément le "je veux", et dans quelle autre mesure en croyant faire ce que je veux, je fais ce qu´autrui m´a dit de faire, ce qu´autrui attend de moi. En quoi puis-je alors trouver ma liberté dans l´existence et l´action même d´autrui ?

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
19 mars 2006 à 11:43:51

Vous êtes impressionnants. Chacun arrive ici en disant que ce n´est pas un préjugé puis dans sa conclusion explique les présupposés, les erreurs commises, les contradictions...

Ian :d) si tu veux je créerai un topic de réhabilitation des préjugés mais on commence par les détruire.

Ian78
Ian78
Niveau 6
19 mars 2006 à 11:53:45

Non mais le fond de mon message, c´était plutôt de dire, que le préjugé n´est pas dans des mots, mais dans les personnes qui les prononcent, et qu´il n´y a pas à détruire des dpréjugés, mais à détruire des façons de se former des avis.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 12:15:40

Il est évident que c´est un préjugé, surtout si l´on n´a pas examiné la question au préalable.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 17:04:47

La liberté, ce n´est pas "j´obéis" ou "j´obéis".

L´individu peut exercer sa liberté en s´auto-limitant (ce qui n´est qu´une facette de la liberté), mais il peut également l´exercer en transgressant.

L´individu met sa vie en danger, mais sa liberté lui permet de faire primer sa volonté sur sa vie (lorsqu´Epictète loue l´exemple de celui qui, souhaitant défendre ses convictions, préfère se laisser tuer par ses maîtres que de plier).

Si la liberté est envisagée dans sa palette la plus large, à la fois en bien ou en mal ("je fais ce que je veux"), alors l´acte positif n´en acquiert que plus de mérite.

Et au fait, je ne sais pas pourquoi vous semblez tous considérer que dans "je fais ce que je veux", autrui est l´objet d´indifférence.
Cette phrase ne le présuppose pas.
Elle indique juste que c´est moi qui décide au final, mais cela ne m´interdit pas de prendre en considération autrui avant de prendre ma décision.

Ta définition est judicieuse pour celui qui souhaite avoir une vie plus longue, mais elle ne rend compte que d´une facette de la liberté.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 17:27:59

Si on doit définir la liberté essentiellement, il faut s´en tenir à ce que constitue la volonté.

Un inculte n´a aucune liberté puisqu´il dépendant du savoir d´autrui.
Un violent n´a aucune liberté puisqu´il est dépendant de sa propre violence.
Si je veux faire ce que je veux, je dois m´isoler dans une île déserte et là, je fais ce que je veux.
Mais c´est par rapport à autrui (et ses diverses manifestations) que j´organise, de toute façon ma liberté. La liberté présuppose la contrainte (donc force extérieure) et elle s´associe ainsi à l´obligation (nécessité intérieure).

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 17:43:37

Quand je crois faire ce que je veux, je me fixe déjà des limites.

Limite du "je veux" et surtout du "je fais".

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 19:17:34

On ne peut pas faire ce que l´on ne veut pas, car faire quelque chose c´est le vouloir (c´est le cerveau qui commande l´action).

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 19:21:37

Et ceux qui sont dépendants ont librement consenti à cette dépendance. Là encore, ils exécutent leur volonté originelle.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 19:25:34

Merci de me rejoindre ainsi sur ce point. Donc tu admets que la liberté est dans la volonté originelle, pas dans la possibilité sauvage d´appliquer ses actes à tout et n´importe quoi en vertu de son seul individualisme.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 19:46:12

Oui. Mais cette possibilité sauvage peut être choisie par la volonté originelle (c´est un choix comme un autre).

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 20:50:24

Non car on parle en degrés. Où est le véritable choix ? Là où tu peux dire non quand l´abus te dit de dire oui ? Où de dire non quand le bon sens dit oui. Tout est acte est motivé par la volonté mais la volonté doit se former sur le mode du pouvoir, du savoir, et de l´expérience. Dire que l´homme est libre par nature est un lieu commun mais il faut envisager les conséquences de ce qu´on croit être liberté pour vraiment déterminer s´il s´agit d´une volonté.

Un nourrisson n´est pas libre.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
19 mars 2006 à 20:59:19

Carnavale : "On devrait plutôt dire: je fais ce que je choisis en fonction de ce que je me donne comme principes dans le cadre d´un ensemble communautaire, régi par des lois, ensemble auquel j´appartiens et dont je dois tenir compte, que j´y sois idéologiquement opposé ou non."

En fait, cette définition met toujours au coeur de la décision le pouvoir de juger et le pouvoir de choisir de l´individu. En témoigne les termes de "je choisis" "je me donne" "je tiens compte". Au fond, l´ensemble d´appartenance (idéologique ou pas, communautaire ou pas) n´est selon ta phrase qu´une proposition, alors que toute l´illusion du "je fais ce que je veux" est que l´influence s´impose à l´individu. Le "je fais ce qu eje veux" refuse l´autorité de l´interlocuteur et signifie la souveraine décision de l´individu, alors même que le "je veux" ne renvoie qu´à un réseau d´influences.

Everlasting : "Vous êtes impressionnants. Chacun arrive ici en disant que ce n´est pas un préjugé puis dans sa conclusion explique les présupposés, les erreurs commises, les contradictions... "

Je ne sais pas si je suis compris dans le "vous" mais le cas échéant, je ne disait pas que ce n´est pas un préjugé systématiquement, mais que la PROPOSITION "je fais ce que je veux" ne peut pas être un préjugé car n´ayant pas d´objet du préjugé. En revanche, j´opposais à cette analyse LITTERALE (à quand le mode gras/italique sur jv.com c´est moche les majuscules) celle de l´utilisation habituelle et particulière de l´expression, qui renvoie la plupart du temps au pouvoir de décision de l´individu.

Pasfou : "Mais je fais ce que je veux est un argument très rationnel. C´est exactement l´idée que développe Epictète lorsqu´il énonce l´impossibilité de contraindre la volonté."

En fait, il me semble que les énoncés d´Epictete affirment plus le "je pense ce que je veux" que le "je fais ce que je veux". Ce qu´on ne peut réduire, ce qu´on ne peut atteindre chez l´individu, c´est sa pensée. L´impossibilité de contraindre la volonté signifie alors l´impossibilité de forcer l´individu à penser quelque chose contre son gré. Après, tout est question de la façon dont tu vois l´agir de l´individu. Crois-tu qu´il est influencé par des tendances, des structures, par autrui, inconsciemment ou même simplement implicitement, ou crois-tu que l´individu est seul à faire ses choix? C´est le toute la querelle des sciences sociales, entre holisme et individualisme méthodologique.

"Pour reprendre l´exemple que j´avais énoncé : l´individu veut tenter de tuer quelqu´un-> il tente de le tuer.
Il a fait ce qu´il a voulu : "je fais ce que je veux" traduit une vérité, pas un préjugé.

En réalité, on fait toujours ce que l´on veut, même si on ne se le dit pas.

Bien sûr, "je fais ce que je veux" se base sur le postulat selon lequel tout acte résulte d´un acte de volonté de l´individu.
Si l´individu ne se contrôle plus, comme un pantin (ex : médicaments transformant l´individu à l´état de larve), il ne fait pas ce qu´il veut. "

Tu analyses les choses directement sur le lien pensée-agir. Tu affirmes que le criminel a pensé son crime et l´a perpétué, il a donc "fais ce qu´il a voulu". Mais on peut déplacer le problème sur le lien qui préexiste à celui pensée-agir, c´est à dire ce qui influence la pensée, le déterminant de la pensée donc. Si la pensée suit une direction qui provient de l´influence d´autrui (ou d´autre chose) et si l´individu n´a pas conscience de cette affiliation à une tendance, alors sa pensée n´est pas l´expression de SA volonté propre.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 21:01:08

Alors pourquoi peut-on parler d´absence de liberté ? de contrainte ? d´esclavage ?

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 21:05:27

La morale, la loi, l´éducation, tout ce qui conditionne mon être, conditionne aussi ma volonté, donc ma liberté. On fait ce qu´on fait, mais pas toujours ce qu´on veut. L´acte est motivé par la nécessité d´agir face à une influence qui n´est peut-être pas la mienne. Le fouet du contremaître comme les horaires boulot de l´emploi du temps sont des contraintes qui me poussent à agir. On est libre qu´à partir du moment, comme Epictète, où on choisit de ne pas se penser contraint.

Mythe de Sisyphe de Camus : Sisyphe n´est pas un homme condamné mais libre car il choisit de s´aliéner, il le fait pour lui, non par fatalité. La liberté est dans le pouvoir de changer nos représentations intérieures. La liberté est dans l´essence même de la pensée, donc toujours dans la volonté première. La volonté d´être, de survivre, et éventuellement de vivre.

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 22:02:55

Mais celui qui ne craint pas la mort ne craint pas d´échapper aux contraintes (le suicide étant la manifestation la plus forte de cette liberté).

Tous ces "la volonté doit..." ne sont que des obligations artificielles, qui n´ont de force qu´à l´égarde de ceux qui s´y soumettent.

Si la pensée d´autrui a influencé, alors cette pensée est réappropriée par notre pensée, par notre volonté propre. Et à partir du moment où l´on a procédé à cette réapropriation, l´idée est nôtre entièrement.
Quoi qu´il arrive, c´est toujours notre volonté propre qui décide de faire ce qu´elle veut.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
19 mars 2006 à 22:16:06

Et que penser de l´instinct ?

Pasfou
Pasfou
Niveau 10
19 mars 2006 à 22:27:25

L´instinct de vie ou l´instinct de mort ? (l´Homme a les deux : l´instinct lui laisse le choix^^)

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
19 mars 2006 à 22:57:34

Carnavale : "La morale, la loi, l´éducation, tout ce qui conditionne mon être, conditionne aussi ma volonté, donc ma liberté. On fait ce qu´on fait, mais pas toujours ce qu´on veut. L´acte est motivé par la nécessité d´agir face à une influence qui n´est peut-être pas la mienne. Le fouet du contremaître comme les horaires boulot de l´emploi du temps sont des contraintes qui me poussent à agir. On est libre qu´à partir du moment, comme Epictète, où on choisit de ne pas se penser contraint.

Mythe de Sisyphe de Camus : Sisyphe n´est pas un homme condamné mais libre car il choisit de s´aliéner, il le fait pour lui, non par fatalité. La liberté est dans le pouvoir de changer nos représentations intérieures. La liberté est dans l´essence même de la pensée, donc toujours dans la volonté première. La volonté d´être, de survivre, et éventuellement de vivre."

D´où l´on déduit que se construire ses propres barreaux de prison, c´est être libre... Difficile de considérer la liberté non plus comme une notion universelle mais comme un jugement sur sa condition. Une contrainte, une aliénation, demeure toujours du même acabit en soi, quoiqu´en pense l´individu concerné.

Kant par exemple considère qu´en réalité, la morale n´est pas une aliénation, une contrainte qui ni l´individu, mais l´affirmation de la liberté. Le choix et les principes (=ce qui guide) sont par conséquent des effets de la décision individuelle. Mais pourtant, on peut s´interroger sur l´intériorisation des contraintes morales. Est-on vraiment libre sous l´influence extérieure. On pourrait considérer que dès lors qu´un modèle entre en jeu, il nous est imposé, l´individu étant alors contraint et sa volonté influencé sans qu´elle puisse s´affirmer comme pouvoir souverain décisionnaire. Car le modèle s´impose à l´individu : le modèle morale bien évidemment, mais pour reprendre l´exemple de celui qui veut sortir et qui se heurte au refus de ses parents, il suit également le modèle du jeune-qui-sort, et sa volonté est conditionnée car se placant sous la structure de ce modèle, qui guidera son action.
Pour être libre, il faut donc avoir un fort pouvoir de penser. Penser par soi-même, se défaire des contraintes intelllectuelles.

Pasfou : "Si la pensée d´autrui a influencé, alors cette pensée est réappropriée par notre pensée, par notre volonté propre. Et à partir du moment où l´on a procédé à cette réapropriation, l´idée est nôtre entièrement.
Quoi qu´il arrive, c´est toujours notre volonté propre qui décide de faire ce qu´elle veut."

Encore faut-il considérer que l´appropriation est possible et que ce n´est pas une soumission au modèle, une affiliation, une dépendance.

L´appropriation doit être personnalisation ; or, quand on suit un modèle, il n´est pas particularisé mais reste impersonnel et immuable lorsqu´il trouve ses applications particulières.

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