Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Une fois un acte jugé comme faute par le fauteur lui-même, un profond sentiment de culpabilité surgit souvent et pour soi et vis à vis de la personne concernée par la faute ou le système.
Comme si la faute d´une fois devait à jamais marquer la vie du fauteur.
Quelle position adopter, en tant que fauteur et tant que spectateur neutre ou/et concerné de la faute ?
Les conséquences d´une faute sont éventuellement réparables, mais une faute en elle-même n´est pas effaçable (sauf si ce qui est dénommé "faute" n´en est pas une en réalité).
En tant que point de repère, la faute ne doit pas être oubliée : elle permet d´éclairer sur le comportement présent.
Ce ne sont que les conséquences que l´on doit y attacher que l´on peut moduler, en fonction des circonstances données au moment auquel on se positionne.
Comment légitimer le pardon ou l´oubli ? Faut-il être rancunier ?
Le pardon, c´est l´une des conséquences que l´on peut attacher à la faute (la faute est, mais on n´en tient pas rigueur et on la pardonne).
L´oubli fait perdre de vue la faute, mais là encore, la faute, qui a déjà eu lieu, reste (il ne suffit pas de ne plus voir quelque chose pour que cette chose cesse d´exister : existence et appréhension de l´existence sont deux choses distinctes).
Pardon et oubli privent donc la faute de toute conséquence pratique, mais il n´empêche que la faute en elle-même n´est pas effaçable.
Au même titre que ce qu´on appelle l´Histoire. Mais si on ne révèle pas la faute, c´est comme si elle n´existait pas puisque personne sinon le fauteur peut n´en avoir conscience ?
Exemple : qui sait ce qui s´est passé dans la maison de Pancho dans Tchakuka, un village du Mozambique le 23 janvier 1795 ?
On peut aussi couvrir une faute (par la faute d´un autre par exemple, ou par des éléments qui font que la faute ne sera pas prise en compte), ou la justifier (pour atténuer sa gravité).
Mais la faute en tant qu´élément objectif ne disparaît pas.
Je suis tatillon, et opère toujours une distinction entre existence et appréhension : ce sont deux éléments distincts, et on ne peut les assimiler lorsque l´on veut faire une analyse correcte.
Même si, en pratique, l´absence d´appréhension a quasiment les mêmes effets que l´inexistence aux yeux de celui regarde.
[Il n´empêche que ce que Pancho a fait dans sa maison le 23 janvier 1795 a eu un impact (qui, par la loi des causes et conséquences, se répercute encore aujourd´hui), même si personne ne s´en souvient.]
La maladie produit des effets concrets (elle peut tuer), même si elle n´est pas décelée par l´être humain : c´est un très bon exemple de distinction entre existence et appréhension.
Oui, c´est une évidence inéluctable. En même temps, dire d´un acte qu´il est objectivement une faute, c´est déjà le qualifier subjectivement (en fonction d´un système de valeurs particulier ou autre). Ce qui est un élément objectif qui ne disparaît pas : c´est l´acte.
Mais même, c´est parce que nous sommes dotés de la faculté de mémoire que nous parlons de "fait objectif existant en soi et donc ineffaçable". Les animaux agissent et ne se représentent pas leurs actes passés a posteriori, pour eux, tout disparaît. Pour nous, certains actes ont été mais disparaissent. Nous sommes fondés sur un changement permanent en fait. L´en soi temporel n´existe que par conception artificielle de l´homme. L´acte disparaît, une fois fait, il est achevé.
Donc comme tu l´as dit, ce qui compte, c´est ses conséquences sur le présent. Mais si l´acte jugé comme faute n´est pas révélé, mis au grand jour, les conséquences n´apparaissent pas. L´acte disparaît. On peut l´oublier comme le retenir, mais il n´existe plus en soi.
On peut qualifier objectivement quelque chose par rapport à une définition subjective.
La définition originelle de la faute est certes subjective, mais dès lors que l´on a cette définition, le procédé qui consiste à qualifier un fait par rapport aux critères prédéterminés est objectif.
C´est en ce sens que je dis que la faute est objective.
Les conséquences indirectes continuent de se répercuter dans le présent.
Aussi est vrai est le fait que si le nez de Cléopatre eut été plus court, la face du monde en aurait été changée, de même s´il n´y avait pas eu de faute.
ex. : Des jeunes chahutent le conducteur (=faute) avant que ce dernier monte dans le train, qui démarre de ce fait avec deux minutes de retard sur l´horaire prévu.
Sur le croisement entre la route nationale et le chemin de fer en aval, un camion se retrouve bloqué et ne s´en sort qu´une minute 30 avant le passage de ce train.
= Si les jeunes n´avaient pas commis cette faute, indirectement, le train serait parti à l´heure et aurait percuté le camion.
En tant que maillon de la chaîne, l´acte continue toujours de produire ses effets (de façon de plus en plus indirecte, au fur et à mesure que se surajoutent les causes).
Assimiler non perception à inexistence retire de la finesse à l´analyse...
Attention, je parle surtout de conception. Qui ne conçoit pas, qui ne se représente pas ("le monde est MA représentation", Shopenhauer), n´a pas en vue l´existence. Mais admettons l´existence de l´en-soi. (J´y consens mais je suis en droit de douter, sur le plan théorique).
Si l´on suit ta théorie de la chaîne, chaque acte serait l´envers du suivant ? N´y a-t-il pas une forme de... déterminisme dans cette proposition ?
Déterminisme du contexte (que l´on ne choisit pas).
Mais dans chaque action, le libre arbitre introduit un élément d´incertitude (l´histoire s´écrit dans le présent, mais n´est pas écrite à l´avance).
Ce qui me fait d´ailleurs penser au film Minority report, qui est passé dimanche soir à la tv...
Sinon, oui, l´existence n´est pas en vue, mais elle existe.
"Mon monde est ma représentation" serait plus exact.
En comparaison de Shopenhauer, quelqu´un comme Epictète fait la distinction entre existence et perception.
Le "Mon" de "mon monde" est redondant avec "ma" du "ma représentation".
Je ne me limite pas à la perception, je l´ai déjà dit, perception qui est par nature limitée. Je parle bien de la conception représentée. Il y a existence en soi d´un fait qui peut être facteur de la production d´un autre fait particulier à posteriori mais on peut ne pas CONNAITRE cette existence en soi. La preuve, on suppose souvent une cause à un effet sans en connaître la nature.
N´ayant que la citation, il y avait plusieurs façons possibles de l´interprêter (le "mon" n´est redondant que si l´on a lu le texte originel : la redondance ressortant du reste du texte).
Oui, mais la faute ne peut exister que dans le réel : il faut une matérialisation pour qu´il y ait faute (c´est un fait que l´on va qualifier de faute).
Une pensée seule n´est jamais fautive dans la mesure où le libre arbitre fait obstacle à la qualification de faute : il y aurait tout au plus "faute en devenir", "prémice de faute" si l´on regardait rétroactivement, mais pas faute.
Car le caractère fautif ne résulte que de l´intervention du libre arbitre, qui donne son aval à l´acte commis.
C´est pourquoi l´approche que l´on peut avoir à l´égard d´une faute que l´on peut commettre se limite à la perception, et non à la conception représentée (on peut concevoir de toute pièce une faute dans son esprit, mais ce faisant on ne commet aucune faute (vu que la faute ne commence à exister que si elle est réalisée, que si le libre arbitre a été exercé dans un sens donné)).
On peut aussi concevoir le concept de faute dans son esprit, également, mais la faute même ne peut naître que dans le réel.
C´est ton jugement (donc conception) sur l´acte perçu qui fait de cet acte une faute, obligatoirement. La faute n´existe pas en soi. On juge un acte comme faute. C´est toujours le jugement qui désigne la chose.
Oui, mais la faute se rattache toujours à un acte. C´est la perception que l´on a de l´acte qui le rend fautif.