Débattez!
On peut tout dire, mais pas avec n´importe qui.
ex.: "Un rond n´est pas un quadrilatère, car Cicéron c´est Poincaré."->Ca n´a pas été apprécié sur le forum philosophie.^^
oui mais si par exemple (juste un exemple), si on caricature des trucs par exemple en religion etc.? c´est juste un exemple comme ça
En tout cas, ce sujet est vraiment d´actualité avec l´affaire des caricatures danoises...
La liberté d´expression n´est pas une liberté absolue, et doit se concilier avec d´autres libertés d´égale valeur (ex : liberté de culte).
Liberté de culte, qui est l´une des variantes de la liberté d´opinion (ou de pensée).
En droit (je parle de ce que je connais), l´article 10 cedh (convention européenne des droits de l´Homme) dispose :
"1. Toute personne a droit à la liberté d´expression. Ce droit comprend la liberté d´opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu´il puisse y avoir ingérence d´autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n´empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d´autorisations.
2. L´exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l´intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l´ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d´autrui, pour empêcher la divulgation d´informations confidentielles ou pour garantir l´autorité et l´impartialité du pouvoir judiciaire."
Cela peut entrer en conflit notamment avec l´article 8 ("Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance...").
Réessai :
Pour ceux que cela intéresse sur ce sujet (conciliation liberté d´expression/liberté de culte), la Cour européenne des droits de l´Homme avait été saisie d´une affaire de ce type, qui a donné lieu à l´arrêt Otto-Preminger-Institut c. Autriche en 1994.
Une association s´est vue interdire la projection du film "Le Concile d´amour".
S´agissant du film :
"16..."La projection publique, prevue pour le 13 mai 1985, du film Das Liebeskonzil, ou texte et images presentent Dieu le Pere comme un idiot senile et impotent, le Christ comme un cretin et Marie Mere de Dieu comme une devergondee au langage correspondant, et ou l´Eucharistie est tournee en ridicule, repond a la definition du delit de denigrement de doctrines religieuses au sens de l´article 188 du code penal."
"22. Mis en scene par Werner Schroeter, le film est sorti en 1981. Il commence et se termine par des scenes censees extraites du proces de Panizza en 1895. Dans l´intervalle, il montre une representation de la piece par le Teatro Belli de Rome. Le film depeint le dieu des religions juive, chretienne et islamique comme un vieil homme, apparemment senile, qui se prosterne devant le diable, echange avec lui un baiser profond et l´appelle son ami. Il le presente egalement comme
jurant par le diable. D´autres scenes montrent la Vierge Marie permettant qu´on lui lise une histoire obscene et la manifestation d´une certaine tension erotique entre elle et le diable. Jesus-Christ adulte est campe comme un debile mental profond et une scene l´exhibe
tentant lascivement de caresser les seins de sa mere et d´y poser des baisers, ce qu´a l´evidence elle tolere. Le film montre Dieu, la Vierge Marie et le Christ en train d´applaudir le diable."
La Cour a considéré que :
"Ceux qui choisissent d´exercer la liberte de manifester leur religion, qu´ils appartiennent a une majorite ou a une minorite religieuse, ne peuvent raisonnablement s´attendre a le faire a l´abri de toute critique. Ils doivent tolerer et accepter le rejet par autrui de leurs croyances religieuses et meme la propagation par autrui de
doctrines hostiles a leur foi. Toutefois, la maniere dont les croyances et doctrines religieuses font l´objet d´une opposition ou
d´une denegation est une question qui peut engager la responsabilite de l´Etat, notamment celle d´assurer a ceux qui professent ces
croyances et doctrines la paisible jouissance du droit garanti par l´article 9 (art. 9). En effet, dans des cas extremes le recours a des
methodes particulieres d´opposition a des croyances religieuses ou de denegation de celles-ci peut aboutir a dissuader ceux qui les ont
d´exercer leur liberte de les avoir et de les exprimer."
"55. La question dont la Cour se trouve saisie implique une mise en balance des interets contradictoires tenant a l´exercice de deux
libertes fondamentales garanties par la Convention: d´une part, le droit, pour OPI, de communiquer au public des idees sujettes a
controverse et, par implication, le droit, pour les personnes interessees, de prendre connaissance de ces idees, et, d´autre part, le droit d´autres personnes au respect de leur liberte de pensee, de
conscience et de religion. Ce faisant, il faut avoir egard a la marge d´appreciation dont jouissent les autorites nationales, qui se doivent
aussi, dans une societe democratique, de prendre en consideration, dans les limites de leurs competences, les interets de la societe dans son
ensemble.
56. En ordonnant la saisie, puis la confiscation du film, les juridictions autrichiennes ont juge que celui-ci constituait, a l´aune de la conception du public tyrolien, une attaque injurieuse contre la religion catholique romaine. Il ressort de leurs decisions qu´elles
ont dument tenu compte de la liberte d´expression artistique, qui se trouve garantie par l´article 10 (art. 10) de la Convention (voir
l´arret Muller et autres precite, p. 22, par. 33) et pour laquelle l´article 17a de la Loi fondamentale prevoit une protection specifique.
Elles n´ont pas considere que la valeur artistique du film ou sa contribution au debat public dans la societe autrichienne l´emportaient
sur les caracteristiques qui le rendaient offensant pour le public en general dans leur ressort. Les juges du fond, apres avoir visionne le film, releverent le caractere provocateur des representations de Dieu le Pere, de la Vierge Marie et de Jesus-Christ (paragraphe 16
ci-dessus). Le contenu du film (paragraphe 22 ci-dessus) ne peut passer pour incapable de fonder les conclusions auxquelles les
juridictions autrichiennes ont abouti.
La Cour ne peut negliger le fait que la religion catholique romaine est celle de l´immense majorite des Tyroliens. En saisissant le film, les autorites autrichiennes ont agi pour proteger la paix religieuse dans cette region et pour empecher que certains se sentent attaques dans leurs sentiments religieux de maniere injustifiee et
offensante. Il appartient en premier lieu aux autorites nationales, mieux placees que le juge international, d´evaluer la necessite de
semblables mesures, a la lumiere de la situation qui existe au plan local a une epoque donnee. Compte tenu de toutes les circonstances de
l´espece, la Cour n´estime pas que les autorites autrichiennes peuvent etre reputees avoir excede leur marge d´appreciation a cet egard.
Des lors, elle ne constate aucune violation de l´article 10 (art. 10)..."
C´était une affaire assez amusante.^^
Je n´ai mis que quelques extraits de l´arrêt, et l´affaire était différente de celle des caricatures (ici : intervention étatique), mais cela peut donner des idées pouvant servir de base à une vraie réflexion philosophique cette fois-ci (pas ce que j´ai fait).
Une autre situation de conflit classique est avec la présomption d´innoncence (article 6).
ex : affaire Allenet de Ribemont (1995)
Le ministre de l´intérieur avait accusé publiquement M. Allenet de Ribemont aux JT de TF1 et F2 de 20H ("L´instigateur M. De Varga et son acolyte M. de Ribemont sont les instigateurs de l´assassinat").
M. Allenet de ribemont avait bénéficié par la suite d´un non lieu.^^
Le Cour a accordé 2 000 000 de francs de dommages et interets à M.Allenet de Ribemont pour cela (comme quoi cela rapporte, même si sa réputation a été réduite à néant par ailleurs avec ces déclarations erronées).
10 posts d´affilée on a battu mon record
"Où s´arrête la liberté d´expression?"
J´ai envie de te dire:
Tes libertées s´arretent la ou commencent celles des autres.
Ce qui est la plus vomissable formule rhétorique qui puisse être sortie en matière d´argumentation philosophique.
vomissable? sympas carnavale d´insulter l´opinion des gens
Ce n´est pas une opinion, c´est une formule célèbre qu´ont prononcé quelques philosophes et penseurs et qui, en terme de pratique, équivaut à croire encore sur le plan humain à "Liberté, Egalité, Fraternité".
En outre, tu apprendras qu´en matière de philosophie, les opinions, préjugés, formules admises couramment par tout le monde sans jugement et raisonnement préalables (= la doxa), sont honnis, chassés, et déconstruits.
Ce n´est donc pas un argument valable. Même pas un argument, tout court.
Relis mon post, j´ai parlé de son OPINION, pas d´argumentation.
Il le présentait comme un argument. Tu as bien dit que c´était une opinion. Tu as présupposé qu´il fallait la respecter. Je t´ai expliqué pourquoi c´était impossible.
Inutile donc de relire ton post.
la liberté d´opinion c´est pas pour les bustes en marbre tu sais