Pas du tout. Ils parlent de leur jugement, de leur représentation intérieure. De leurs pensées si tu préfères. Ce que tu maîtrises, c´est ta pensée. "Tâche de changer tes désirs plutôt que l´ordre du monde" (Descartes). Voilà ce qu´il entend par là.
Tu ne peux pas faire qu´une femme dont tu es amoureux mais qui ne t´aime radicalement pas tombe amoureuse de toi. Donc, plutôt de continuer de désirer que ton amour soit réciproque, change ce désir, tend le vers autre chose ou fais le disparaître en admettant que ce vers quoi tend ce désir (c´est-à-dire cette femme) ne dépend pas de toi.
Attention, on pourrait reprocher aux stoïciens d´être dans une morale de l´acceptation qui empêcherait toute action, accepter tout, et donc demeurer dans une indifférence un peu inhumaine. Ce n´est pas exact. Les stoïciens préconisent de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour essayer de réussir le projet qu´on s´est fixé. Si malgré tous nos efforts, le meilleur de nous-même, le projet est un échec, il ne faut pas alors s´en soucier ou être dans le regret car cela ne dépend plus de toi.
Le tout est de savoir définir à partir de quel moment tu peux estimer avoir engagé le meilleur de toi-même et tout ce qui était en ton pouvoir pour réussir un projet, et surtout, la valeur morale des moyens que tu emploies dans certains cas plus particuliers par leur côté extrême. (par exemple, vouloir atteindre la présidence par des moyens malhonnêtes).
Ceci dit, la réflexion sur l´art comme quoi, la matière ne m´appartient pas, c´est l´idée qui dépend de moi peut être un cas particulier de cette idée de détachement du moi par rapport à ce qui lui est extérieur. Ceci dit, en pratique, dans la loi, une idée n´appartient à personne. C´est le support de l´idée qui est protégeable et relatif à un auteur. Mais là, c´est dans la légitimité pénale, et c´est un autre débat.