Prendre de la distance, relativiser, rire aux éclats.
Un rire souverain et conscient, ennemi de l´émotion et frère de la raison, tueur impitoyable des larmes. Pas un de ces faux rires: méprisant, persiflant, sardonique, pessimiste. Non! un rire comique qui incite les autres à s´élever pour rire aussi. "Elle corrige les moeurs en riant" disait d´ailleurs la devise de la troupe de Molière.
On rit des choses basses car on se sent haut. Mais peut-on rire des choses hautes?
Beaudelaire et Pascal attribuaient, je crois, à l´homme un côté divin et un côté animal, est-ce qu´en riant le premier se moque du second et ainsi l´homme se moquerait-il toujours de lui-même? N´est-ce pas là une misère?
Hegel -« Le contraire du rire n´est pas le sérieux c´est la réalité »
Et le sourire? ![]()
Le sacré existe-t-il?
Y a t il des choses qu´on ne peut toucher?
Je ne pense pas, pourquoi ne pas rire de tout?
Pour commencer je ne vais pas chercher à montrer qu´on peut rire de tout, mais je vais plutot essayer de répondre à ce qu´on pourrait dire à ceux qui disent qu´on ne peut pas rire de tout.
Pourquoi ne pourrait on pas rire de tout?
Parce que c´est un manque de respect?
Peut-être, mais d´un point de vue sociologique, les marques de respects ne sont pas les mêmes suivant les communautés, vouvoyez ses ainés, ses parents, étaient à une époque une marque de respect pour ceux ci, maintenant celà n´a plus du tout cette valeur, maintenant c´est souvent une mise en distance, presque un rejet de l´autre quand c´est dans un contexte famillier.
Roter est irrespectueux pour certains, pour d´autre c´est une marque de respect chez les arabes, je crois, même je ne suis plus sur.
Bref, rire peut être irrespectueux en effet, mais il peut tres bien être presque une marque de respect, du moins on peut l´imaginer.
Mais donc on en vient à l´affirmation, qui je pense est la bonne:
On peut rire de tout mais pas avec tout le monde.
Il faut savoir s´adapter aux personnes avec qui on parle, quand on chang ede culture, ou simplement de groupes socials, il est irrespectueux de vouloir imposer ses modalités.
De quoi rit on? je me souviens d´une partie d´un bouquin que j´ai lu de bergson, justement intitulé "Le rire", pour lui on riait de tout ce qui était un bug de la nature, si je me souviens bien.
Quand nous trébuchons c´est que le mouvement du corps n´ apas suivis son déroulement normal. Il est dans ma bibliothèque ce bouquin, faudra que j´aille revoir ce qu´il en dit.
Mais je vais peut etre m´en éloigner un peu.
Pourquoi rire de ces erreurs de programmes, de ces programmes qui ne sont pas adaptés au circonstances?
Peut etre simplement pour fuir la peur qu´est la notre, de se trouver soi même dans une situation où nous ne serions pas adapté, où par notre conditionnement nous serions poussé à foncer dans le mur, toujours et sans cesse.
Le rire c´est alors peut etre un peu pathétique.
Dans "le mot d´esprit" de freud, que je suis en train de lire, pardonnez moi de citer des ouvrages, mais malheuresement je n´ai pas encore d´idées propres et de convictions sur ce sujet, alors je coté l´avis d´autre, mais je ne veux pas pour autant me les attribuer.
Donc oui dans cette oeuvre, l´apect comique du mot d´esprit, vient surtout du contraste.
Par exemple: Il m´a traité d´une manière tout à fait famillionaire. (un trait d´esprit qui date de plusieurs siècle et qui ne fait plus autant rire)
On peut voir le contraste entre le famillier, et le millionaire, qui est bien particulier, et qui ne s´apparrente pas au famillier.
Et on voit bien aussi, le sarcasme, dans le fait que les millionaires, ont une distances qui ne leur permet pas d´être famillier avec autrui, du moins pas comme nous imaginons la familliarité.
Donc, il y a le contraste, du fait que famillier ici a en fait un sens presque tout .
Mais je dirais surtout pour en revenir à ce que je disais plutot, que c´est la surprise qui nous fait rire, une suite un mot, qui n´a pas sa place, mais qui un instant nous sembleavoir sa place, et tout d´un coup on se rends compte quand fait celà n´est pas logique, ou plutot commun que ça.
Et c´est un peu, peut etre alors le même sentiment de honte, de s´être fait berner même si ce n´était qu´une demi seconde, cette peur encore de ne pas savoir s´adapter tout de suite, qui nous fait rire pour cacher peut etre notre peur de notre imperfection.
Quand le sjeux de mots se contentent de changer une lettre , ou de jouer sur le double sens d´un mot.
Ce qui nous fait rire, c´est qu´au tout début nous vient à l´esprit le mot ou le sens habituelle, mais qu´en fait il n´a pas dans ce contexte ce sens.
donc, on s´apercoit après de la tromperie dans laquelle on est tomber.
Je dirais qu´encore là encore ce qui nous fait rire, c´est nos erreurs, ou notre potentialité d´erreur.
"Il vaut mieux en rire avant d´avoir à en pleurer" Célèbre dicton dontje ne connais pas l´origine.
Pour ne pas pleurer de leurs misères pour en venir à un coté pascalien les hommes rient.
Pascal si je me souviens bien parlait des divertissement qui permettait de nous empecher de reflechir sur notre misérable condition.
Le rire est un peu pareil peut-être.
Quelques fois, quand c´est la chute d´un voisin qui nous fait rire, on s´apercoit du coté mécanique du corps, et donc, d´une indépendance de notre volonté.
Et d´une dépendance plus forte à un conditionnement.
Et dans l´humour, c´est le coté mécanique de notre esprit qui nous fait peur.
Le sourire? pour moi il est totalement différrent, pour moi l´on sourit quand nous sommes touchés, plus que blessé.
Donc je ne vais pas trop developpper cette question.
Enfin voilà ma modeste contribution à ce sujet.
Je sais que je suis un peu confus, alors pardonnez moi mon enthousiasme. ![]()
Une autre question : est-ce que le rire a toujours un sens ? car le rire, des fois, peut être complètement n´importe quoi.
Rire des choses hautes, c´est le cas du burlesque qui se moque du sérieux, et qui parle sérieusement de sujet qui fait rire normalement. (j´adore au passage ^^ )
Il y a des choses hautes qu´ont ne peut se moquer parcontre. Exemple : on ne peut pas se moquer de la vie de Kant. ^^
Si on est drole (ex: le sketch d´Elie Semoun et de Dieudonné) on peut rire de tout, si on ne l´est pas (ex: Sébastien pastichant Le Pen avec : "Casser du noir") on ne peut pas, du moins on peut essayer mais apres faut pas s´offusquer des critiques.
POurqoi ne pourrais-t-on pas se moquer de la vie de kant? :s)
Car Kant avait une vie très méticuleuse, c´est à dire qu´il était "pris" dans une routine volontaire pour se consacrer uniquement à la réfléxion. Il y a juste une fois où il a dévié sa routine (c´est pour un grand évenement, je sais plus lequel, une révolte je crois). Bref une vie sans plaisir particulier, juste sa réfléxion.
Celà ne réponds pas à ma question:
Pourquoi ne pourrait on pas se moquer de sa vie méticuleuse?
Hé c vrai notsuko j´ai vu un reportage la dessus, impressionant ce "vieux fou" comme l´appelait Nietzsche.
Mais je pense qu´il est possible de se moquer de tout car chaque humain a toujours un penchant qu´il porte a l´exces. Et selon moi, l´exces prete toujours a la moquerie
Kant si respectable soit il, meme sans avoir vu le reportage on peut tourner sa vie en derision.
Quelqun de trop gros ou trop maigre sera forcement objet de moquerie, quelqun de trop travailleur ou au contraire trop faineant le sera de meme.
Apres je suis convaincu que l´on peut rire de tout mais absolument tout, je me rapelle d´une interview de Woody Hallen disant que s´il n´avait pas ete au USA, il aurait surment fini en tant qu´abat jour ou savonnette a auschwitz.
Encore une question de jugement comme produit d´un système de valeurs morales particulier.
Tout dépend de la gravité, donc du sérieux, que l´on accorde à une liste déterminée par convention de sujets.
Ce qui compte, c´est la manière d´envisager un sujet. Car c´est elle qui fait rire, pas le sujet en lui-même.
HS :Au fait carnavale tu vas nous pondre la suite de ta nouvelle sur l´écriture? ![]()
Je l´attends avec impatience ![]()
Je ne suis pas tout à fait d´accord avec ce que tu as dit lan78. Tu présentes le rire comme le fait d´une volonté plus ou moins dissimulée d´échapper à un conditionnement de notre esprit et de notre corps, moi je le définis comme un bien nécessaire à l´être humain pour se décompresser, oublier pendant un moment les soucis qui l´accablent. A mon sens le rire est indispensable, quand on rit, quand on est joyeux, on ne pense plus à nos angoisses, nos peurs, nos peines, le rire serait une sorte d´issue de secours, une échappatoire (éphémère, bien entendu). Donc on peut rire de tout, car l´humour diffère pour chacun et tous ne rient pas de la même chose.
De quoi rit-on ? Du contexte. Si je vois quelqu´un tomber du haut d´une falaise, il est certain que je ne rirai pas aux éclats, mais que je le vois trébucher contre une pierre et s´étaler intégralement sur le sol dans un juron étouffé, et là je me prêterai volontiers au rire
Ce qui est drôle, marrant, ce n´est jamais que quelque chose qui "n´a rien à faire là à ce moment précis". Quelque chose d´inhabituel, qui sort de l´ordinaire (sur ce point par contre je suis d´accord avec toi lan78) et qui, en vérité, sort de notre logique, de notre entendement. Si tout le monde est debout dans une salle et qu´un homme s´amuse à ramper sur le sol, il en est certains que cela fera rire, car cet homme de par son action sort du commun et se démarque. Il sort de la routine, du monotone, ça donne un autre ton à la scène et cela prête à rire (ou parfois à autre chose mais nous ne nous y intéressons pas ici).
En fait le rire c´est la capacité de l´être humain à décompresser face à des situations hors normes, ils peuvent donc porter un jugement. Quant aux gens avec humour, drôle, marrants, désopilants, ce sont les gens qui se démarquent le plus des autres de par leurs attitudes ou leurs paroles.
Je finirai sur le fait que j´ai remarqué que ce qui fait très souvent rire, ou au moins sourire, ou pouffer, c´est l´absurde, c´est-à-dire par exemple une saucisse avec un couteau qui court après un canapé dans un champ de maïs pour en faire une crème à la chantilly. Mais peut-être cet humour n´est-il qu´une question de maturité ![]()
Je sais plus qui disait ca : "Le rire est le propre de l´homme"
Rabelais, dernier vers de l´Avis au lecteur qui précède "Gargantua".
Le rire est le moyen le plus efficace de l´humaniste convaincu chez Rabelais. C´est au nom de cette philosophie qu´il entreprend ses cinq oeuvres (Gargantua, Pantagruel, le Terce Livre, le Quatrième Livre (je crois), La Quinte Essence).
notsuko Posté le 20 janvier 2006 à 19:08:47 Avertir un administrateur à propos de ce message !
Je sais plus qui disait ca : "Le rire est le propre de l´homme"
Les singes rient.
Par instinct.
Pas par esprit.
Et de toute façon, ce ne sont que certains singes qui rient, cousins reconnus de la branche humaine. Donc ce n´est pas une réfutation sérieuse à l´affirmation de Rabelais.
"on ne pense plus à nos angoisses, nos peurs, nos peines, le rire serait une sorte d´issue de secours, une échappatoire"
Bah sur ce plan là ca revient un peu sur ce que j´ai dis.
C´est pour oublier l´angoisse qui nous suprends, en voyant son imperfection.
Je ne dis pas du tout que c´est une mauvaise chose.
"En fait le rire c´est la capacité de l´être humain à décompresser face à des situations hors normes, ils peuvent donc porter un jugement."
Encore une fois, je suis d´accord, mais je dirais que les normes justement sont celles imposé soit par un conditionnement corporel, soit par les normes de l´esprit.
Je ne dis pas spécialement qu´il essaye d´échapper à un conditionnement, je dis qu´il se rends compte de ce conditionnement.
Et par la suite, je serais d´accord sur presque tout avec toi.
POur décompresser de cette peur qu´il a de son conditionnement.
La seule différrence entre nos deux pensées j´ai l´impressions, que je systématise plus le fait que le rire trouve son origine dans le fait d´avoir besoin de décompresser A CAUSE de sa lucidité sur son conditionnement ![]()
Bon Bon bon Bon, un evènement troublant ce matin m´a fait remettre en cause le systématique de la thèse que j´ai developpé plus haut, que j´ai repris à freud d´ailleurs, c´est d´ailleurs (bis) le reproche que font beaucoups à freud de trop systématiser.
Bon voilà, j´attendais le bus et une jolie blonde à coté de moi, donnait le biberons à son enfant de pres de deux ans, peut etre moins peut etre plus, je ne suis pas bon, pour juger des ages de chacun
, enfin bref le tres jeune enfant riait et riait encore, soit en faisant tomber son biberons, soit quand sa mere lui frottait le nez avec le biberon.
Et je vois mal c´est enfant se rendre compte d´une quelconque mécanique de l´esprit ou du corps
Donc voilà... je remets moi même un peu en cause, ce que j´ai dis plus haut, même si celà ne lui enlève pas toute sa valeur non plus ![]()
Pour moi le sujet est tres simple, inutile d´épiloguer 107 ans la dessus.
Si on est drole on peut rire de tout.
De quoi rie t´on ? De tout ce qui nous échappe ou qui nous fait peur, en somme de tout ce que nous ne controlons pas. Les rots, les gaz, la maladie, la mort, les handicaps, la betise, les accidents, les gaffes... etc. En fait le rire est un exorcsisme, une auto-défense. Peu de gens le savent mais on riait bcp dans les camps de concentrations, dans les dictatures etc... Plus il y a de malheurs potentiels plus on évacue par le rire... Le rire est vital en gros.