Alors voila, j´ai élaboré une reflexion basée sur les écrits de Heidegger, et j´aimerais vous la soumettre , et je vais m´exprimer le plus simplement possible afin de rendre la pensée accessible à tous :
Nous sommes ,par essence, définit comme mortels.Autrement dit, parceque le temps régit nos vies, il en impose en toute logique une altérité, qui culmine par la Mort.
Cela se résume donc en soi que notre Existence est délimitée par le Temps, qui nous ôte la vie, nous offrant la mort.
Ici, le Temps est perçu comme Limite à mon Existence.
Maintenant, si nous abordons ce sujet sous cet un autre angle, le Temps n´est que l´étendu infie que mon Existence puisse concevoir.
Je m´explique : tout être voît son Existence écrite au passé ("nous existons au passé" disait Heidegger), car notre Existence à postériori ne se manifeste qu´une fois deja écrite,et ce n´est que lorsqu´elle n´est plus, qu´elle Est justement (tel le Présent , qui n´est décelable qu´une fois qu´il n´est plus : le Passé).
Donc ici, le Temps n´est plus perçu en temps que limite à mon existence m´érigeant au rang de Mortel, mais au contraire, le Temps symbolise ma transcendance intemporelle et toute l´étendue de mon Immortalité.
Conclusion : nous sommes tous des Immortels.
Oui, mais le passé n´existe que dans le présent (l´être humain ne peut vivre que dans le présent, et le passé correspond à une représentation présente de ce qui a été).
Si tu supprimes le présent, alors il n´y a plus de passé (car plus personne pour se le figurer).
-> Nous restons mortels.
Du moment que nous sommes morts, notre passé s´incrît alors dans le présent d´Autrui (ex: l´on se rappelle de nous).
C´est dans ce cadre que notre transcendance intemporelle se figure dans sa pleinitude.
-> nous redevenons Immortels :D
Qui se rappelle du bouseux du dix-huitième siècle, mort dans la Seine, dans l´indifférence générale ? Qui s´en souvenait à l´époque ? Qui s´en souvient aujourd´hui ? Il n´y a de transcendance intemporelle que dans la reconnaissance par l´Histoire ou par l´art.
Oui, c´est l´immortalité par procuration.
C´est à dire que ce n´est pas toi qui est immortel, mais un objet plus ou moins directement lié à toi (un livre parlant de toi (ex. des écrivains et des Immortels de l´Académie française), des restes, des vestiges).
Et encore, cette immortalité extérieure après ta mort n´est pas très fiable, puisqu´elle est conditionnée (elle suppose qu´il y ait des traces de ton passage, et un autrui pour les voir et les interpréter).
Une forme de réincarnation en livre, si tu veux, dont tu ne profiteras pas (puisque cette immortalité t´est extérieure)... Triste forme d´ immortalité...
"L´immortel apparaît quand le périssable n´est plus vu"
Lama Angarika Govinda.
"Maintenant, si nous abordons ce sujet sous cet un autre angle, le Temps n´est que l´étendue infinie que mon Existence puisse concevoir"
il me semble que dans cette idée(j´espère ne pas dire de bêtises) l´infini n´est pas vu dans son sens commun c´est-à-dire une vision négative: infini=non fini
mais dans son aspect positif:
l´infini en action,celui qui est et non l´infini en puissance.
Ainsi si nous considérons que nous sommes des êtres purement pensants(ce qui nous différencie des étants),dont ,au passage, le corps n´est que l´étendue matérielle de notre être,et donc dans la capacité de concevoir le temps comme une "étendue infinie", alors l´instant devient infini et détermine le temps: nous sommes immortels
La mort est un concept humain. On a l´impression d´une continuité existencielle alors qu´en fait notre impression d´existence est discontinue :au moment du sommeil il existe des phases ou nous n´existons plus , des phases ou nous sommes morts.
C´est parce que nous sommes capables de relier (religar
)nos mémoires , nos désirs et nos intelligences que nous"réssuscitons" aprés chaque sommeil.
Imaginons qu´un savant fou remplacait une mémoire pas une autre au cours de notre sommeil, nous serions autre.
Aussi, les millions d´entre nous qui croient en la réincanations ne sont pas aussi naîfs que ca:entre deux existences il n´y a rien que du vide et deux êtres qui ont les mémes "structure" de vie ressentent donc les m^mes choses, en des temps ou des lieux différents.
C´est ce que nommait le Boudha :le cycle infernal du Samsara
En effet, l´homme est immortel dans la mesure où l´état de mort n´existe pas de façon consciente pour l´homme (il n´existe que pour les consciences restées pour juer de cet état de non existence d´un individu ayant éxisté)
Par conséquent aucune conscience ne peut etre dans un état de mort (par la définition même de la conscience), l´homme conscient est donc immortel.
"Qui se rappelle du bouseux du dix-huitième siècle, mort dans la Seine, dans l´indifférence générale ? Qui s´en souvenait à l´époque ? Qui s´en souvient aujourd´hui ?"
Ben toi car tu nous le mets ici.
Bien sûr que non puisque je suppose son existence sans proposer d´identité de ce personnage, je ne sais même pas s´il a existé. A ce moment, tout ce que j´imagine serait immortel. Non, on ne peut devenir INTEMPOREL qu´en laissant une trace de son identité, de son soi. Et Pasfou a raison, il faut également la présence d´un observateur, d´un autre en somme, pour être témoin de cette identification.
Laissons notre carte d´identité dans la terre, remplissons là de tout ce qui fonde, selon notre jugement, l´essentiel de nos goûts et de nos conceptions du monde et de la société, ne disons rien à personne jusqu´au jour de notre mort et ce jour, quand on le sent venir, quand on se sent vieux, on prévient qu´il y a un document identitaire caché dans un endroit particulier sous la terre. Qui le découvrira et le lira permettra indirectement mon immortalité, ma permanence plus précisément.
Mais en effet, triste immortalité, quoique belle pour l´observateur qui l´envisage.
Et bien triste pour une "immortalité" (si la personne qui le fait l´envisage en tant que tel)...
Les pyramides d´Egypte, les oeuvres d´art, les livres, etc..., ce n´est pas triste.
Mais le terme "immortalité" n´est pas du tout approprié : ce n´est pas de l´immortalité, c´est un héritage (-> triste immortalité, mais bel héritage).
"Non, on ne peut devenir INTEMPOREL qu´en laissant une trace de son identité, de son soi."
en admettant que nous sommes des êtres pensants, indépendemment de leur corps(leur étendue matérielle),nous pouvons dire que nous sommes immortels. Le temps n´est qu´une image que la pensée ne subit pas(il n´y a pas d´ordre chronologique en ce qui la concerne,tu peux te rappeler les souvenirs les plus lointains comme les plus récents),elle est intemporelle.
Tes souvenirs sont datés ou datables dans le temps (tous comme les évènements de l´Histoire).
Par ailleurs, ta pensée peut elle aussi être datée (tu peux déterminer à quel moment tu penses).
Bref, rien d´intemporel là dedans...
edit : "tous"-> "tout"
[Dans le cas que tu décris, c´est comme si tu ouvrais un grand livre d´histoire : tu peux survoler toutes les périodes en feuilletant les pages, mais cela ne veut pas dire pour autant que le contenu soit intemporel (ni même le contenant (le livre), qui est soumis aux aléas du temps).
L´idée que notre immortalité n´est dûe qu´aux autres n´est que substantiellement vraie, mais ne s´applique alors que dans l´absolue et non dans le relatif (car cela revient à faire du cas-par-cas).
Bergson, dans son ouvrage "L´évolution Créatrice" prône lui aussi l´eternité de toute chose.
Et cela est possible car il refuse catégoriquement l´idée de Néant Absolu (=Inexistance), car pour lui , se réprésenté une chose inexistante, c´est deja la faire exister (je cite "parler de la Mort, revient à parler de la Vie substantiellement exclue, mais métaphysiquement présente, géométriquement représentée par une demi-droite : l´extrémité 1ére étant la Mort, incluant l´infinité de ce qu´elle rejette : la Vie.").
D´autre part, quelqu´un qui ne laisse pas de trace de son Existence (que ce soit à travers la mémoire d´Autrui,ou autre) n´est certainement pas quelqu´un qui humainement parlant entre dans le cadre de l´Existence, définie selon Marx comme "série de rapports humains dont la dégradation fournie la logique" (il faut rappeler que Marx a une vision obscure du genre humain, et croît tout comme Rousseau au "bon sauvage" pervertit, se dégradant au fil du temps).
C´est curieux, parce que tu saisis le temps individuellement, n´oublions pas que le temps ne se définit pas par cycles et ne se régit pas par rapport à nous. Lorsque tu vis, tu es dans le temps. Le temps est une condition de notre existence, puisque nous sommes "essentiellement" mortels (peut-on imaginer un homme immortel par essence – donc pas par une quelconque manipulation scientifique– non, serait-il jeune? vieux? d´apparence j´entends ; ou vivrait-il par cycles à l´instar du légendaire phénix? C´est inconcevable notre existence se caractérise dans la temporalité donc s´inscrit dans le temps). On ne peut pas imaginer une existence intemporelle. Ce dont tu parles n´est en rien une existence intemporelle, ce n´est pas une démonstration de l´immortalité, nous n´existons pas après notre mort, celle-ci étant véritablement un retour au néant en rapport au monde réel (la thèse de Bergson peut s´interpréter plus généralement que le restriction au monde réel sans penser aux poursuites d´une existence achevée bien sûr).
Par ailleurs, on ne conçoit pas le temps en soi, le temps lui-même, mais ses effets. Il n´y a pas de conception du temps hors d´une conception existentiale (pas existentielle hein), donc de notre temps et non pas du Temps.
Le Temps n´est donc pas une limite à mon existence, mais une condition de mon existence (l´existence ne peut être prise indépendemment du temps, l´idée du temps comme limite à l´existence instaure une sorte d´intervention du temps dans ma vie, or ce n´est pas ça, au contraire, l´existence est temporelle).
Ce dont tu parles, la postérité de l´individu (pour être précis, sa subsistance par son moi incorporel dans le monde qui n´est pas le monde des choses mais plutôt, pour l´individu lambda – donc indépendamment des remarques de carnavale et de pasfou concerant le postérité par la gloire culturelle, cela est très restreint et ne concerne pas l´essence de l´être donc ce n´est pas une "immortalité" essentielle – dans l´imaginaire et le symbolique (genre : figure du grand-père, l´arrière grand-mere qui a accompli des actes de résistence en 1940 subsiste par la symbolique du courage mais cela concerne encore un acte accompli ; or on peut entrer dans le symbolique et l´imaginaire sans en avoir accompli puisque cela concerne la sphère privée (souvent familiale).
En somme, m´est avis que nous ne sommes pas immortels, que nous n´avons pas à proprement parler d´existence intemporelle (c´est le terme d´existence qui fausse l´expression), mais nous avons pourtant une subsistance intemporelle (hors du temps qui est condition de notre existence).
Le temps est responsable de notre altérité qui culmine par la Mort (comme dit dans l´un des mes pots plus haut).Aussi , bien que le temps s´inscrive en tant que condition de mon Être, l´altérité qu´il m´inflige m´oblige à l´ériger en tant que Limite des moyens mis en oeuvre par mon existence.
Dans l´Absolu (cas-par-cas), on peut dire que Platon est immortel (étant donné que comme préciser par vos soins, notre existence connaît sa continuité à travers les traces qu´elle répend sur son passage , ex: L´art, mémoire d´autrui, etc...).
Mais Relativement (et selon la pensée Bergsonienne), l´ Existence ne connaît jamais sa fin (cf.Abolition du Néant Absolu, dans mon post précédent) = " Je Suis Inexistant " traduit toute l´ambigüité de la chose, car toute Négation induît son Affirmation avec l´idée d´exclusion de celle-cî.
Par contre , pas d´amalgame!
La réciproque de la théorie d´Abolition du Néant Absolue n´est pas valide, car parler de la Vie en revanche, ça n´est pas parler de la Mort en rejettant cette idée, car l´idée d´exclusion ne peut se baser que sur le Prédicat essentielle de l´Objet (La Mort n´est possible que parcequ´il y eût la vie). Nonobstant, parler de Survie indûit Mort et son Exclusion.
Cela vous paraît peut-être flou, mais je ne sais pas comment exprimer l´idée plus clairement (il m´a fallu relire la Théorie dans l´Evolution Creatrice Bergsonien une dizaine de fois pour en saisir la portée)...
Donc selon la pensée Bergsonienne, la marge établie par l´abolition du Néant Absolue est celle-là même d´Intemporalité!
Et le qualificatif Absolue est là pour laisser quant à lui suffisament de marge afin d´en refuser la Substantialité.
"Dans l´Absolu (cas-par-cas), on peut dire que Platon est immortel (étant donné que comme préciser par vos soins, notre existence connaît sa continuité à travers les traces qu´elle répend sur son passage , ex: L´art, mémoire d´autrui, etc...). "
-> Ce n´est pas Platon qui est immortel, c´est son image qui lui survit (tant qu´il y aura des Hommes pour la voir).
Mais l´image que l´on renvoie de soi, ce n´est pas soi.
De même, le néant en tant qu´état, n´est pas le "néant" en tant qu´idée (que notion).
La notion a une existence, pas l´état.