Krapout> Désolé mais pooni dit juste : Dark n´a pas défini amour et amitié. Il les a qualifiés par comparaison sans les définir proprement.
Or, je le répète, qualifier n´est pas définir. En outre, il est utile de rappeler la définition des termes que l´on emploie. L´allusion n´est pas de mise dans un discours clair et intelligible ^^.
Pooni> Réduire l´amour au désir d´autrui et l´amitié à la reconnaissance d´autrui n´est guère mieux. Comment pourrait-on amalgamer le désir d´autrui entier à l´amour ? Comment la simple reconnaissance d´autrui pourrait être l´amitié toute entière ? Pour quelqu´un qui se targue d´aborder les choses avec humilité, je suis étonné par de telles définitions, et si peu développées en plus.
Proposons une définition, temporaire sans doute, d´amour et amitié.
Amour (sens rapproché de la passion) : sentiment d´affection exclusive pour un individu jugé à part entière comme source de plaisir pour les sens (d´où le rôle partiel du désir dans l´amour), et comme source de bonheur pour le moi (d´où le rôle essentiel de la raison en amour).
Amitié : sentiment de sympathie et d´une communauté de goûts et d´intérêts avec un ou plusieurs individus, sympathie dont les degrés peuvent varier. Mais entre la simple connaissance, le copain, et le véritable ami, qui se distingue par la confiance (essentielle à l´amitié en particulier, aux relations sociales en général) qu´on lui accorde. L´amitié implique également un sentiment de complicité et a cet avantage de pouvoir être partagé. L´amitié contribue au tout que représente l´idéal du bonheur.
Attention, j´ai dit "Amour (sens rapproché de la passion)" mais qu´on ne s´y trompe pas, la passion est une obsession qui est source d´angoisse et déraison. La passion est un aveuglément et l´affection exclusive que constitue l´amour est une marque de passion en tant qu´aveuglement. C´est la pleine sensibilité qui s´exprime. Mais ce qui distingue fondamentalement l´amour de la passion, c´est que l´amour est aussi raisonné (comme l´explique la deuxième partie de ma définition).
Et aussi un petit oubli syntaxique dans la définition de l´amitié :
"Mais entre la simple connaissance, le copain, et le véritable ami [...], il y a bien des nuances*."
la passion est un aveuglement*
"Comment la simple reconnaissance d´autrui pourrait être l´amitié toute entière ? "
Lis l´Etre et le Néant et regarde tout le poids que la dénomination "Simple" devant reconnaissance porte sur ses épaules, à s´en demander si elle y a sa place.
Les rapports humains ne sont que "Chosification d´autrui" (pour reprendre les termes de Sartre).C´est la perpetuelle lutte des consciences de Soi qui entretient cette relation métaphysiquement qualifiée de Dualité.L´un se voulant être reconnu par l´autre ; mais l´Autre n´étant pour l´Un que chose.
Toute la beauté de l´amitié consiste à ne plus faire subir à l´autre le fatidique regard qui le décline au rang de Chose, mais qui part du principe qu´Autrui est un autre Moi (toutes connotations réductrices mises-à-part).
Autrui n´est plus une transcendance transcendée (=une liberté minimisée à la conscience de l´autre),mais une Fin (=la somme de tout ce qu´il est, qui se présente Là, et qui est surtout perçu en tant que tel) ; d´aprés le fondement majeur de Kant , à propos des Amitiés majeures pures.
Aussi , minimiser la Reconnaissance à l´adjectif "Simple" revient à dénier la Beauté d´une Vie en la qualifiant d´Anodine.
L´Amour touche au même domaine, à la difference prés qu´elle ne "chosifie" plus Autrui car s´étant érigée en Conscience de Soi fondamentalement solitaire, mais elle le chosifie car le situant en tant qu´Objet de son Désir.
Aimer Autrui procéde (ou précéde, la question se résumant à celle de l´oeuf et de la poule) de Désirer Autrui. Or qui parle de Désir induît inéxorablement Objet du Désir.
Là où l´amour connaît sa perfection propre, consisterait à voir l´Autre en Liberté (à la difference de l´Amitié qui le voît en un autre Moi).
Voila je pense avoir donner là quelques jets de la complexité du psychisme humain quant aux relations humaines , qualifiées par Aristote de "Bienveillance attisée".
Il y´aurait beaucoups de matiére à rajouter, mais cela avait pour but de renforcer l´idée :
Amour: Désir d´autrui.
Amitié: Reconnaissance d´autrui.
D´abord merci, parce que tu as eu la décence de développer ces deux expressions, ce qui était après tout la seule chose que je te demandais ^^, et c´était nécessaire.
Ensuite, tes explications me paraissent claires, néanmoins, ce qui me gêne dans ces définitions c´est leur manque de spécificité. Je ne pense pas qu´on puisse associer aussi librement la notion d´amour à la seule notion de désir d´autrui, même si autrui est aussi considéré comme figure de liberté du soi. D´une part parce que l´amour implique le désir mais l´objet du désir est avant tout un plaisir dont la nature est éphémère, on ne peut donc rendre les deux notions strictement synonymes. Il y a dans l´amour l´idée d´un désir permanent et un désir de permanence de l´amour.
Quant à envisager l´être aimé comme figure de liberté, ce serait présupposer que le bonheur trouvé dans l´amour heureux (idéal dont l´expression est presque une totologie - ou pléonasme comme vous voudrez - car le malheur amoureux n´est pas un malheur dû à l´amour mais dû au manque ou à l´absence d´amour : c´est l´amour déçu).
Or, il me semble que l´amour, pour la part notoire d´aveuglement à la fois sensible et raisonné qu´il implique, rend sentimentalement interdépendant les deux membres du couple (car l´amour, dans sa dimension heureuse, ne peut fondamentalement s´envisager que dans la relation d´un couple de sujets). On peut voir en l´autre la liberté, mais l´autre est aussi pour nous un esclavage. Esclavage choisi, et pas subi (sinon ce n´est plus de l´amour mais une passion). Peut-être la dimension de ce choix présuppose plus que jamais ma volonté, donc ma liberté, au sens strictement philosophique, celui du bon René lol. C´est intéressant.
Quant à l´amitié, le terme "reconnaissance", qualifié par mon trop prompt "simple" me paraît tout de même trop généralisateur. Il me semble que l´amitié doit se spécifier davantage car n´importe quel lien social serait la reconnaissance d´autrui : la famille, la connaissance, la hiérarchie du travail, etc...
Quant à envisager l´être aimé comme figure de liberté, ce serait présupposer que le bonheur trouvé dans l´amour heureux [...] est un bonheur dû à la liberté. Être libre, est-ce nécessairement être heureux ?*
Il me semble que l´amitié doit se spécifier davantage car n´importe quel lien social serait alors la manifestation d´une reconnaissance d´autrui : la famille, la connaissance, la hiérarchie du travail, etc... La notion de "chosification d´autrui" est pessimiste dans son ambition de définir l´ensemble des rapports humains. Les sujets qui m´entourent dans une rue quand je marche ne sont pas des sujets IDENTIFIES mais on a spontanément l´intuition qu´ils sont des consciences, des sujets, ce qui implique culturellement et moralement un respect instinctif.
Le respect est la première manifestation d´une reconnaissance d´autrui, même pour un sujet non identifié comme appartenant à sa sphère privée de relations sociales intimes. La chosification, si elle doit exister, se situe à un autre niveau. C´est le regard sur la représentation médiate d´autrui qui le chosifie. Je pense notamment à la publicité, au cinéma, à la télévision...
Le respect est la première manifestation d´une reconnaissance d´autrui, même pour un sujet non identifié comme appartenant à MA* sphère privée de relations sociales intimes.
Le langage induit trop le sentiment en erreur.
Essayer d´établir cette distinction par exemple entre amitié et amour est vraisemblablement essentiellement utile pour l´esprit confus. La question est de savoir si la volonté permet d´appliquer la théorie à la pratique sans perturbation sensible.
Pour ma part,j’ai une amitié plus que « fusionnelle » avec 3 filles.En particulier une,avec qui on se parle de tout,on se confie tout,on n’a aucune gène pour parler de n’importe quel sujet.Que ce soit de sous vetements (
ou de conseils sentimentaux...
On se dit souvent qu’on s’adore ou qu’on s’aime(ca par sms...).Pour ma part je les aime de tout mon coeur,quand je les voit pas pendant 1 semaine elles me manque et je suis triste...
On parle souvent de notre relation,du fait que ce soit bizarre qu’on ressente tous une forte jalousie quand l’autre nous parle d’un autre mec/fille...
Physiquement on est trés proche,on peut etre allongés sur un lit dans le noir pendant qq heures a se raconter les moindres details de nos vie passé.Ou encore danser ensemble « chaudement » en boite...Se balader en ville en se tenant les epaules,les bras...
On s’embrasse pas sur la bouche et on couche pas ensemble.
C’est la seule difference avec la relation amoureuse,le « couple » .
Donc entre amitié et amour,il n’y a qu’un trés maigre fossé,trés trés maigre même...
Qu’en pensez vous
?
Pures nuances linguistiques.
On peut distinguer des tas d'états "d'amour" très distincts. Que ce soit ce qu'on ressent pour un ami, un parent, une amante, un gourou, une idôle, un animal de compagnie.
On met des mots sur des sentiments qu'on perçoit partiellement, qu'on entrevoit. Ces mots sont par nature obscurs, non-mathématiques.
La seule distinction amour/amitié est totalement insuffisante à couvrir l'infinité de cas experimentables.
C'est pourquoi il semble -étrangement, sans doute- qu'il soit préférable de laisser les mots "non-mathématiques" dans un état de flou sémantique, sans quoi on se heurte inévitablement à l'abherration inhérante au langage commun ("Qu'est-ce qu'une table ?" est déjà une question d'une monstrueuse complexité, une question déjà insoluble une fois mise face à la "réalité expérimentale"). Alors quand en plus on ajoute à cela qu'il s'agit de mots qui changent de sens à chaque génération...
Bonjour.
En fait, le sentiment amoureux, ou d'amitié, etc, ne sont pas conceptualisables, donc non définissables, dans la mesure où ils sont précisément purement sensibles. D'une façon purement empirique, on se rend compte que l'amour, ou ce que l'on appelle tel, nous tombe dessus, en quelque sorte, sans que nous n'ayons rien demandé. La sensation intervient, mais reste dans le pur domaine de la sensation. Trouver un concept adéquat à cette sensation, autrement dit, la définir, reviendrait à parvenir à synthétiser toutes les sensations possibles et imaginables rattachées à l'état amoureux en un même concept, sachant que l'amour se manifeste de façon différente pour chacun (puisqu'il est purement sensation, il est également subjectif). Quoiqu'il en soit, le concept serait trop gros (si je peux me permettre de parler ainsi) et trop contradictoire, même, pour qu'il puisse être élaborer, et une définition de l'amour est impossible.
En fait, on utilise le terme "amour" faute de mieux, alors qu'il faudrait le subdiviser en une infinité de termes, ce qui est assez... Impossibles, dirons-nous, bien que nous en ayons quelques dérivés et nuances. C'est pourquoi en littérature, plutôt que de dire "Telle personne aime telle autre", on préférera recourir à une métaphore tentant de coller au mieux à l'émotion ressentie, sachant que l'on ne peut pas vraiment y parvenir.
En effet, comme l'a dit Coco, il est déjà très difficile de définir un objet en apparence simple sans se heurter à l'expérience, alors, si l'on tente de définir quelque chose d'aussi complexe et d'aussi divers que l'amour, ou simplement d'essayer de le décrire, même sous forme d'ébauche, on aura un mal fou.
Peut-on vraiment définir l'amour de manière absolue? Il semble que la réponse soit non, ou, si cela était possible dans l'absolu, au niveau des capacités humaines, il y aurait un blocage, une incapacité, au final. Et ce raisonnement, on peut l'appliquer à tous les sentiments.