Un spermatozoïde est un être vivant, mais certainement pas un être humain (il manque beaucoup de conditions pour que cela devienne un être humain).
Par contre, au stade de l´embryon ou du foetus, la différence est déjà moins nette.
Et cela pose entre autres deux problèmes :
- l´embryon, le foetus, que l´on va sacrifier pour sauver un autre (ex : on va faire naître artificiellement un frère, pour sauver le premier)
- l´eugénisme (on va sacrifier des embryons, des foetus (voire pourquoi pas, des enfants nés) pour des raisons de convenance).
[On pourrait ajouter le problème de l´appréciation monétaire de l´être vivant (l´Homme a t´il un prix et est-il commercialisable ?) ]
Cela pose aussi la question de la valeur de la vie humaine.
Car si l´être humain n´a aucune valeur particulière (pas plus qu´une fleur), alors pourquoi s´en faire ?
Soyons darwiniens dans ce cas (on peut imaginer des dérives telles que celles pratiquées par les nazis (on élimine des groupes de population, jugés plus faibles)).
Mais si l´être humain a une valeur particulière à nos yeux, alors on ne peut pas refuser de répondre à la question : quand débute l´être humain ? (pour pouvoir lui conférer les conséquences que l´on attache à la qualité d´être humain).
Il y a un côté affreux, à catégoriser les êtres humains, et à dire : "toi, on t´a fait naître pour qu´un autre vive à ta place ; merci de ta coopération".
Sinon, bien sûr, pour aller dans le sens d´Everlasting, la question a un côté artificiel (on ne devient pas Homme à un instant T1).
Mais aller jusqu´au bout de cette logique conduit :
- soit à rejeter toute intervention pré-natale sur l´enfant à naître, et à ne pas commettre d´éjaculation sans but procréatif (si l´on attribue une valeur particulière à l´humain)
= Position catholique, qui a le mérite de la cohérence.
- soit à autoriser qu´à l´avenir, on sélectionne les enfants à naître (car l´humain n´a pas plus de valeur qu´une fleur, et l´on sélectionne bien les fleurs), de façon à ce que ne naissent que des petits blonds aux yeux bleus, par exemple (en modifiant au besoin les gênes par des embryons sacrifiés pour l´occasion, et en faisant avorter ceux ne correspondant pas au modèle désiré).
Disons qu´on peut considérer le spermatozoide comme un être vivant + un être humain en devenir. Alors c´est vrai qu´il faut attendre la conception pour avoir le total des informations. Dès ce moment, l´embryon a tout ce qu´il faut pour devenir ce qu´il doit devenir, un homme puis une personne.
Mais décaler ça ne change rien à mon discours.
Mais je ne suis pas d´accord, cela ne veut pas dire qu´on peut sélectionner les hommes. Ca c´est un pas plus loin. Moi je dis que l´être ayant un stade d´accomplissement avancé (la mère, le père de l´enfant à naitre) a un certain droit sur celui qui est moins avancé (le foetus). Si la naissance de cet enfant l´incommode terriblement et qu´on est pas en mesure de garantir une éducation correcte... ben tant pis pour l´enfant si tel est le choix de ses géniteurs. Le champ des possibles s´arrête là. Pour aller au delà et pousser la porte du génie génétique, il faut un pas de plus.
Oui, mais jusqu´où va ce "certain droit" des géniteurs ?
Car si l´enfant était né, on ne permettrait pas aux géniteurs de tuer leur enfant parce qu´il n´a pas été désiré ou qu´ils ne sont pas en mesure de lui donner une éducation correcte (ce ne sont pas des raisons suffisantes, ou à même de justifier la mort).
Si l´enfant à naître n´est pas fondamentalement différent de l´enfant né (ce que tu défends), pourquoi permettre la mort dans un cas et pas dans l´autre ?
D´un point de vue logique, c´est inacceptable ! (surtout qu´à la différence de l´euthanasie, l´enfant à naître ne donne en aucun cas son consentement pour mourir)
Et l´on pourrait imaginer des actions en justice contre ces parents (et le médecin), car le droit à la vie est un droit inconditionnel.
[Pour rappel, la cedh dispose :
Article 2 - Droit à la vie
1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. La mort ne peut être infligée à quiconque intentionnellement, sauf en exécution d´une sentence capitale prononcée par un tribunal au cas où le délit est puni de cette peine par la loi.
2. La mort n´est pas considérée comme infligée en violation de cet article dans les cas où elle résulterait d´un recours à la force rendu absolument nécessaire:
a. pour assurer la défense de toute personne contre la violence illégale;
b. pour effectuer une arrestation régulière ou pour empêcher l´évasion d´une personne régulièrement détenue;
c. pour réprimer, conformément à la loi, une émeute ou une insurrection.]
en ce qui concerne l´avortement, pour moi la vie commence quand il y a fécondation.
Logiquement les militants contre la peine de mort doivent militer contre l´avortement.
Car aucun d´eux ne pourraient définir la limite de la conscience humaine.
Ce qui fait l´homme, c´est la raison.
La vie est d´abord conscience. Si la conscience n´est pas concrétisée, la vie de l´enfant en puissance revient à ses parents.
Philosophiquement admissible ?
La vie est d´abord représentée. Si tu ne te représentes pas la vie (au sens où tu n´en as pas l´aptitude), comment pourrais-tu envisager de la perdre ?
La vie biologique commence dès la fécondation. La vie humaine ne commence que lorsque l´enfant devient conscient de son corps.
Et une personne agée, qui n´a plus conscience de ses sphincters, de ses besoins en eau et en aliments, de ce qu´il faut pour se protéger du froid, du chaud?
Un cas extrême ne fait pas le cas général.
Et si tu réfléchissais dans l´universel pour une fois ^^ ?
une personne qui ne reconnait plus ceux qu´elle a aimer tant d´années..???
"Et si tu réfléchissais dans l´universel pour une fois ^^ ? "
C´est a dire?
Et en plus, j´ai dit "à partir du moment où il a conscience de son corps".
Une personne âgée telle que tu la décris est sans doute malade du corps, mais elle a toujours conscience d´elle-même, elle parle (langage = logos = raison). Et même si elle était amnésique et impotente, elle a été consciente de sa conscience.
Tu voudrais ouvrir un débat sur la légétimité de l´euthanasie ^^ ?
http://www.admd.net/loihumb.htm
C´est à dire qu´au lieu de penser à l´exception, ou au cas par cas, pense à l´homme en général, et pas à l´homme en particulier, cherche l´essence, ce qui est inhérent de façon permanente, quelque soit le lieu ou le temps (principe de l´universalité), à l´homme.
Ce qui est valable pour tous, malgré les effets accidentels (par opposition à essentiels).
Non je veut pas ouvrir un débat sur la légitimité de l´enthanasie (et pour cause
)
je voulais simplement poser le probléme:l´apparition de la conscience ou sa disparition est une véritable question philosophique
Hélas carnavale, la dégradation de l´être n´est pas une exception , mais une triste répétition.
Tout à fait. Surtout si l´on associe la conscience à la notion d´âme.
Personnellement, je suis matérialiste sur ce coup là. La conscience meurt avec le corps. La conscience n´est qu´accidentelle dans un repère purement bio-physique. Le coeur s´arrête, le cerveau aussi.
Pour le début, je dirais qu´il n´y a conscience qu´à partir du moment où le sujet en puissance ou "pré-sujet" envisage son propre corps comme le sien.
Mais tant qu´il n´y a pas de présence ou de manifestation d´autrui (dès la période de grossesse - musique, paroles, mouvements auxquels le bébé réagit -), le "pré-sujet" peut-il vraiment se savoir d´emblée un "je" physique ?
Une expérience personnelle intéressante : une petite cousine de 5 ans est filmée quand elle était bébé puis plus tard. On passe la cassette à la télé, elle le regarde, et se pointe du doigt elle-même en disant : "tiens un bébé ! C´est un bébé, ça !" Elle ne se reconnaît pas. Le reflet est encore un autre.
Révélateur, non ?
"personne agée, qui n´a plus conscience de ses sphincters, de ses besoins en eau et en aliments, de ce qu´il faut pour se protéger du froid, du chaud?"
Hey marabounta, la dégradation à physique, oui, mais pas à ce point là. Ou alors, tu n´as dû voir que des vieux très exceptionnellement pourrissant.
Et dire qu´il faudra y passer lol.
Par rapport au domaine moral, je pense qu´à l´origine l´homme en tant que nourrisson est blanc.
Et Rousseau a raison de dire que c´est la société, et essentiellement la fréquentation d´autrui qui lui pourrit son caractère.
Le bébé est avant tout innocence. Sans connaissance, sans culture plus globalement, on est vierge, et elle est là, la perfection.