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La quête du moi est-elle vaine?

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HeartBreak-Kid
HeartBreak-Kid
Niveau 10
29 novembre 2005 à 19:49:28

Bonjour tout le monde,

J´étudie présentement la philosophie dans le domaine de la conception de l´homme et j´ai une dissertation de philosophie à faire prochainement dont le sujet traite sur une question qui m´apparait très intéressante, bien que compliquée: "La quête du moi est-elle vaine?".

Dans le but d´obtenir des idées pour réaliser ma dissertation, je me suis dit que lancer le débat sur ce forum pourrait être une bonne idée. Je vais d´abord expliquer en quelque sorte ce qui est important de ressortir:
- Votre propre définition de la question
- Évolution historique de la conception de l´homme
- Le point de vue de grands philosophes (Jean-Jacques Rousseau, René Descartes, Machiavel, Étienne de la Boétie, Freud, Platon, Socrate, Aristote) ou d´un courant de pensée (Christianisme, Tragique grec)

Ma dissertation doit être fait selon un plan ressemblant à celui-ci:
- Introduction
- Développement (retour sur l´évolution de la conception de l´homme, mon argumentation appuyée par celle de deux autres philosophes).

Je ne vous cacherai pas que le sujet est fait en premier lieu pour m´apporter de l´aide. Cependant, il s´agit d´un bon sujet de discussion qui pourrait faire réfléchir plusieurs personnes, donc j´ai décidé d´en créer un topic.

Merci à l´avance. Je participerai activement à ce sujet en espérant recevoir beaucoup de réponses.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
29 novembre 2005 à 21:11:26

Question intéressante. Je répondrai plus tard.

Va voir du côté de Pascal. Ses "Pensées" sont très révélatrices. Le moi n´existe pas et s´il existe il est haïssable.

Il faut définir le moi. Et ce n´est pas chose facile.

HeartBreak-Kid
HeartBreak-Kid
Niveau 10
29 novembre 2005 à 21:17:17

J´ai énormément de difficultés à comprendre la question...

Qu´est-ce que la quête du moi pour vous?

Et lorsque vous lisez la question, comment la comprenez-vous?

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
29 novembre 2005 à 21:20:33

Bon Descartes a posé une sorte d´axiome en philosophie, le fameux "cogito ergo sum", je suppose que tu connais et c´est un point de départ intéressant parce qu´il prouve l´existence de l´ego. C´est déjà pas mal.
Maintenant la quête du moi... pourquoi chercher le moi d´abord? qu´est-ce que cela nous apporte? un épanouissement? on vise le surhomme? mieux se connaitre pour aider les autres?
Qu´est-ce qui constitue le moi? bah en gros Platon a répondu l´âme, Aristote le corps + l´âme et Epicure le corps. Fais ton choix.
La quête du moi ça fait un peu quête du Graal, ça implique une sorte de mission, de but, peut-être de sens qu´on donne à la vie. Est-ce de la prétention de se focaliser sur son moi?
Par quel moyen le découvre-t-on ce moi? par l´intermédiaire des autres?
Du moment qu´on construit nous même le moi à mesure qu´on vit et évolue, du moment que le moi c´est moi qui le fait... il peut y avoir un illogisme. Pourquoi le moi serait-il étranger à moi-même? Qu´est-ce qu´il y aurait de profond que nous ne connaissons pas? est-ce une nature humaine qu´on cherche à explorer, est-ce des raisons pour justifier le moi que nous connaissons déjà?
plein de question en vrac... j´ordonnerai plus tard, je vais attendre un peu.

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
29 novembre 2005 à 21:22:06

Il dit quoi Pascal au fait sur la non-existence du moi? :)

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
29 novembre 2005 à 22:37:58

Le Moi est un joli nom pour désigner le principe d´individuation qui fait que je suis ce que je suis et non un autre. Le Moi aurait vocation à être l´essence, la permanence enfouie sous les altérations de notre pensée.

Pascal en veut à Descartes parce qu´il fait prouve l´existence de Dieu après l´existence du moi. Pour Pascal, l´existence de Dieu explique plus précisément, IMPLIQUE mon existence, et non l´inverse.

Pascal dit en gros que le moi est haïssable. Haïssable sur deux plans : 1. haineux 2. à haïr

A haïr, car il passe par la domination d´autrui pour se représenter lui-même. C´est toujours à soi que revient la réflexion donc égocentrisme condamnable.

Haineux car le moi ne supporte pas les critiques et a toujours besoin d´être rassuré. De sorte que schématiquement l´homme n´est qu´hypocrisie, et ni l´amitié ni l´amour n´existent car nous n´aimons autrui que pour des qualités superficielles, "empruntées", pas ce qu´il est intérieurement, pas pour son moi : inconnaissable donc inexistant.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
29 novembre 2005 à 22:38:28

Parce qu´il prouve* (sans le "fait")

Everlasting
Everlasting
Niveau 22
30 novembre 2005 à 19:07:07

On peut se demander aussi d´ou vient le moi. Notre être se forme selon son éducation, les influences venant d´autrui, il y a peut-être une nature humaine... as-t-on encore un moi pour soi? Si celui-ci n´est que le reflet des autres, ce mot perd son sens.

Le je est néanmoins capital dans notre société actuelle, c´est la personne avec laquelle on conjugue en premier tous les verbes de nos langues, tout semble s´y référer... peut-être une immense illusion que tout le monde entretient.

-Tanguy-
-Tanguy-
Niveau 8
30 novembre 2005 à 19:34:32

Un gd philosophe a dit aussi :
le moi d´aujourd´hui n´est pas le même que le moi d´hier..Et demain, il sera different.. Il veut dire par la que nous apprenons tout les jours, même si on cherche pas a progresser..

Everlasting > oui le monde entretien une immense illusion.. Si je devais vraiment etre moi, je crois que des fois je m´habillerais cme un bomboula, puis des fois cme un pirate; enfin, j´aime un peu tout mais je ne le fais pas.. On me prendrais pour un taré :fou:

D´ailleur le probleme de la folie en est un autre.. Svt les fou sont plus "normaux" (ou est la normalité ds ce monde) que les gens influncés par leur société et ce qui les entoure..

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
30 novembre 2005 à 20:40:12

Mais je crois que là, nous partons dans une tentative de la définition du Moi ce qui ne répond pas précisément aux termes du sujet.

"Quête" : recherche mystique ? Pourquoi une recherche mystique de quelque chose comme le "moi" qui, puisque c´est moi, ne m´est pas inconnu, non? (Il faut douter et questionner le sujet lui-même)

Ah oui mais le paradoxe c´est qu´il y a plusieurs arguments pour dire qu´on ne se connaît pas vraiment soi-même, etc, autant d´idées classiques. La question est une autre forme de "peut-on se connaître soi-même?" Car attention, on ne parle pas d´un objet séparé de nous ou d´une autre personne, on parle du "moi", donc on parle DE moi ! Question : comment rechercher ce qui est intérieur à ma pensée? Comment puis-je le faire sans me séparer de moi-même? (La philosophie est peut-être une solution, mais ne nous avançons pas trop vite).

Et puis la question semble impliquer que nous sommes naturellement en quête du moi mais tout le monde ne se pose pas forcément la question de remettre en cause sa propre identité.

Ensuite, "Vaine" : Double sens de ce terme qui implique un présupposé dans la question : 1. soit être à la recherche de soi-même est inutile puisque le moi n´existe pas. 2. Soit être à la recherche de soi-même est inutile puisque ça ne sert à rien.

Mais le problème est posé de l´utilité. Qu´est-ce qui est utile? Qu´est-ce qui me sert ? Ai-je besoin de découvrir en moi autre chose que ce que je sais déjà ? Mais ce que je sais est-il véritablement savoir ou croyance?

Autant de questions auxquelles eh bien oui, la réflexion doit mener ^^.

HeartBreak-Kid
HeartBreak-Kid
Niveau 10
01 décembre 2005 à 01:51:47

Merci beaucoup tout le monde, vous m´aidez grandement. Le dernier message m´a grandement aidé et m´a donné beaucoup de très bonnes pistes.

deadghostkiller
deadghostkiller
Niveau 4
01 décembre 2005 à 02:52:45

Boujour moi aussi je dois faire cette dissertation et la questions qui me viens en tête c´est pourquoi en sommes nous venu là? Qu´est-ce qui poussa l´homme à dire je ne veux plus vivre pour les autres, maintenant je vis pour moi?

-Tanguy-
-Tanguy-
Niveau 8
01 décembre 2005 à 03:04:51

C´est vrai je m´egare :honte:

deadghostkiller
deadghostkiller
Niveau 4
01 décembre 2005 à 03:11:17

Elle n´Est pas facile cette dissertation! Bon j´ai une autre question... pensez-vousque c´Est l´individualisme qui cause les problèmes moral d´aujourd´hui? si nous ne serions pas tournée autant sur nous même y aurait-il autant de dépression? de gens qui se suicide?

-Tanguy-
-Tanguy-
Niveau 8
01 décembre 2005 à 03:20:36

Ce que tu dis est bien possible en effet Dead..
Je pense que si l´humain etait plus ouvert AUX AUTRES, alors la depression serait moindre.. Puisqu´il y aurait tjs qqun pour nous prouver son amour et nous donner des raisons de vivre..

Sinon je ne suis pas compltement d´accord ac le fait que le moi est A hair et qu´il soit Haissable :

A hair (il passe par la domination d´autrui pour se representer lui meme)
Pas forcement, si on est de nature justement a donner du bonheur aux gens sans en attendre en retour, on privilégie ses proches..Et si TLM pensait de cette manière, le monde n´en serait que plus heureux..

Haineux : On aime pas forcement des gens parce qu´ils ont qqch qui nous apporte. C´est la gde majorité oui.. Mais il est possible d´aimer juste LA VIE .. Et par consequent, l´amitié peut etre apporté a qqun qui nous apporte pas tant que ca.. Juste parce qu´il est .. Et comme moi, s´il n´est pas foncierement bon, peut le devenir.. Si nous nous efforcions a ouvrir les yeux de ces gens sans penser a nous, le monde n´en serait que plus heureux aussi.. non ?

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
01 décembre 2005 à 07:16:28

Tanguy, écris une lettre à Blaise Pascal, je suis sûr qu´il te répondra avec beaucoup de cynisme ^^.

1. Il considère que l´amitié et l´amour n´existent pas car on aime pas les "moi" des autres mais seulement leurs qualités extérieures, qualitées empruntées, qui ne seront jamais ce qui les définit intérieurement et qui nous est inacessible.

2. Les considérations de ton dernier message ainsi que les questions de Dead sont plutôt d´ordre pseudo-psycho-sociologiques et pas très philosophiques. Tu pars d´un postulat optimissime un peu naïf sur les prédispositions humaines qu´il convient de démontrer (autant que Pascal a démontré sa très cynique théorie sur la condition humaine, même si ce n´est pas un jugement définitif puisque tout ce qu´il dit est stratégie pour persuader le lecteur de se convertir au christianisme).

Evitez les jugements de valeur.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
01 décembre 2005 à 07:32:57

HearBreak> Si tu veux être conforme à ta volonté de plan (que tu indiques dans ton premier message) [ce qui suit n´est pas une indication de plan mais des conseils] :

1. Songe à la mise en évidence des paradoxes que posent la question. Développe ton argumentation pour tenter

a. de reformuler la question
b. de trouver quelques réponses satisfaisantes de premier niveau.

2. Elève le débat à la question de l´existence du Moi, puis de l´utile / utilitaire (d´où l´utilitarisme). Confronte cette question aux points de vue divergents des deux philosophes les plus abordables pour un début, je pense : Descartes et Pascal. L´un fait passer l´existence du moi (cogito ergo sum) avant l´existence de Dieu (si j´existe, c´est qu´une puissance transcendantale, qui me dépasse donc, m´a nécessairement fait existé. - démonstration sèche et rationnelle -). L´autre (Pascal) fait passer l´existence de Dieu avant l´existence du Moi car c´est Dieu qui implique ma propre existence.

Parle du phénomène historique du mouvement de pensée de la Renaissance Européenne : l´humanisme. Principe avec la formule de Montaigne, grand sceptique : "Qui suis-je ?" Je n´affirme rien, je suis dans l´interrogation, et je ne sais pas, je suis à la recherche de moi-même.

En d´autres termes, c´est l´individu, l´homme qui devient le centre de l´étude et de la réflexion, et non plus uniquement Dieu, ou la collectivité. De là, l´apparition d´autobiographies, ou de confessions (cf "Les Essais" de Montaigne, "Les Confessions" de Rousseau - tu peux aussi indiquer que Saint Augustin a fait ses "Confessions" au Moyen-Âge mais lui, non dans le but premier de parler de lui, mais plutôt de parler de Dieu).

Donc deux conceptions qui se sont succédé : 1. Tout pour Dieu, Dieu cause de tout. 2. Tout pour l´homme car (cf Térence) "Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m´est étranger".

Pascal considère, (cf. sa conception du Moi comme haïssable sur deux plans : à haïr et haineux), que la recherche du moi "est une sottise" puisque le moi, selon lui, 1. ne mérite pas d´être découvert (sinon égocentrisme ou égoïsme) et 2. de toute façon il n´existe pas puisque ce qu´on croit être moi n´est jamais un moi original mais un moi formé par l´extérieur. (C´est un peu dire que nous n´avons pas de "personnalité", que notre être n´a pas d´essence. Surtout si nous sommes des créatures dépendant de Leur Créateur - mais ça c´est la conception de Descartes).

Ne pa oublier non plus de parler du rôle de l´inconscient, avec Freud. Se poser la question suivante : l´inconscient existe-t-il vraiment? Avoir conscience d´un éventuel "inconscient" n´est-il pas paradoxal? Et en quoi cet "inconscient" serait-il révélateur d´un Moi qu´on ne sait jamais trop définir comme identité, ou essence?

Important pour les notions ! Faire la distinction entre identité et égalité. Est identique ce qui est de même nature, est égalité ce qui est en même quantité. L´essence est la permanence qui définit chaque chose en soi.

N´oublie pas de démembrer cette idée de "quête" qui n´est pas anodine. Le Moi n´est pas une religion. Au contraire, la religion aurait plutôt tendance à dire : tournez-vous vers Dieu, pas vers vous.

En général ^^.

A méditer...

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
01 décembre 2005 à 07:41:15

Ne pas oublier également l´obstacle de la subjectivité. Si Pascal juge la volonté de se peindre comme vain, c´est qu´il pense qu´en tant que son propre observateur on ne peut faire preuve d´une objectivité totale. Si je décide de me peindre moi-même je dois nécessairement choisir ce que JE juge plus intéressant qu´autre chose.

La recherche du Moi peut-elle se faire par un autre que moi? Oui mais dans ce cas là une recherche objective est-elle possible?

Impitoyable paradoxe.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
01 décembre 2005 à 07:55:25

Ah oui donc on peut aussi envisager la quête du Moi comme la quête de soi mais aussi... la quête du Moi des autres!!!

Car si j´ai plus de facilité à chercher en moi-même ce qui fait ma propre identité, il est en revanche impossible d´être dans la pensée, dans l´intériorité même d´autrui! Impossible de "se mettre à sa place" littéralement! (D´ailleurs, c´est ce que veut dire Pascal en disant qu´on n´aime ou qu´on n´est ami avec quelqu´un jamais que pour ses qualités extérieures, pas lui en lui-même).

Mais ceci mérite réflexion! De quels moyens disposons nous pour palier cette impossibilité et mieux connaître l´autre? Le langage en est un! Le plus évident et le plus immédiat! Mais le langage pose problème (les malentendus sont-ils des erreurs de communication ou des contradictions de jugements sur le discours de l´autre dans les échanges intersubjectifs?...)

A suivre!

marabounta
marabounta
Niveau 10
01 décembre 2005 à 08:51:39

La quéte du Moi est vaine puisqu´il que le moi doit mourrir pour mieux révéler le Soi (une vieille histoire de plusieurs millénaires)

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