La notion de responsabilité est inhérente à la notion plus large de volonté.
Réfléchis à la question : l´erreur est-elle une faute ? (cf. le topic suivant : https://www.jeuxvideo.com/forums/1-68-42757-1-0-1-0-0.htm )
Car une erreur est involontaire alors qu´une faute présuppose la connaissance du bien et du mal, du vrai et du faux, etc... donc elle est volontaire. Comme une faute est un acte contraire au bien, au vrai, ou plus précisément à un système de valeurs morales (et/ou religieux particulier), et qu´elle présuppose la CONSCIENCE du mal et du faux, alors elle est condamnable parce que le fait de faire la faute implique notre responsabilité.
Notre responsabilité implique également notre liberté. Si nous sommes gouvernés dans nos actes par une présence transcendante, autre que nous-même, nous sommes prédéterminés, donc nous sommes excusables dans tous nos actes puisque nous n´en sommes pas responsables, c´est-à-dire que notre volonté n´en est pas à l´origine et n´en est pas le fondement (l´origine est le point de départ chronologique d´une chose, tu peux le rapprocher de la cause, c´est-à-dire de ce qui explique pourquoi la chose existe, et le fondement est le point de départ thématique, ce qui est inhérent de façon essentielle à la chose).
Donc question? Dans quels cas suis-je responsable de ce que je fais? Soit, dans quels cas ai-je conscient de ce que je fais? Et dans quels cas ne le suis-je pas? Et même si je ne le suis pas, n´ai-je pas les moyens de ne pas l´être? Si je dispose des moyens pour être conscient de ma responsabilité, et que je n´en use pas, alors je suis responsable de cette ignorance, car je n´ai rien fait ou je ne fais rien pour y remédier.
La question est de savoir si ce que nous faisons dépend toujours de notre décision, de notre choix (qui définit le principe de la liberté : le libre arbitre, pour reprendre la manière dont Descartes définit la notion de volonté).
Il faut examiner les cas où nous ne sommes pas guidés par notre volonté, soit notre raison, mais par autre chose : l´instinct, la passion, la sensibilité, l´inconscient, l´illusion...
Donc, en définitive :
1. Quand on décide de nos actes, on en est responsable, car on en est la cause volontaire.
2. Quand on est guidés par des facultés autres que la raison, animée par la volonté, nous sommes susceptibles d´agir et de penser sans le vouloir. (actes manqués, lapsus, erreurs de jugement, etc...)
3. Quand on a l´impression de faire des actes non volontaires, donc qu´on a l´impression qu´on n´en est pas responsable, il faut se demander si on ne dispose pas des moyens pour avoir conscience de notre responsabilité et de fait si l´on n´est pas responsable de notre état d´ignorance, sachant qu´on peut y remédier.
L´essentiel est de se fixer, avec la volonté, un projet clairement défini : chercher le vrai, chercher le bien, ou chercher le faux, chercher le mal.
Problème : les couples bien/mal, vrai/faux, sont relatifs à qui les conçoit et il est difficile d´en faire une définition objective. Peut-on condamner quelqu´un pour un acte qu´il considérait comme juste et qui, à ses yeux, n´est pas une faute ?
Et inversement : comment ne pas condamner quelqu´un qui agit en étant conscience d´un acte qu´il juge bon mais qui aux yeux de la collectivité humaine est contre-nature ET inhumain ?
Méditation à suivre...