Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop
Avez vous, comme moi, abordé fiévreusement certains livres (de littérature, de philo, ou autre), animé de la foi mystique selon laquelle vous alliez y trouver une révélation, la Vérité ?
Et en ressortir déçu de n´y retrouver qu´une expérience vécue parmi d´autres, qu´une opinion, qu´une théorie contestable ou contestée...
Et de là, repartir dans sa croisade pour la révélation, en ouvrant un autre livre, puis un autre ?
Mais finalement, qu´y a t´il à y trouver ?
Tous ces gens, ces écrivains, sont des personnes ordinaires, avec leurs qualités et leurs défauts, qui n´en savent pas plus que moi...
Ils théorisent, ils brassent du vent toute leur vie, jusqu´à ce qu´une autre reprenne leur suite.
Cela débouche au fil du temps sur des courants de pensée : "moi, je pense ça !" ; "moi, par contre, je pense plutôt ça !" ; "moi, je ne suis pas d´accord !" .
Et dans ce capharnaüm, rien ne ressort d´autre qu´un bruit ambiant d´agitation intellectuelle.
Peut-être que la Vérité est ailleurs que dans les mots. Une forme de pré-science, instinctive, que les mots ne feraient qu´approcher au travers d´une conceptualisation poussée voir poussive, sans jamais l´atteindre...
Peut-être que nos ancêtres shaman étaient plus proches de la Vérité que tous nos braves philosophes et autres écrivains ?
Peut-être que la Vérité est en nous mais ne s´exprime pas par des mots ?
La vérité est ailleurs
(dsl...)
Moi je pense que la vérité, on ne pourra la saisir que dans très longtemps, bien que je pense qu´en ce moment, tout le monde peut trouver la vérité en lui-même.
C´est pour ça que je pratique la méditation zen
++
Certains artistes ont passé leur vie à essayer de retrouver la vision et le geste d´un enfant.
Peut-être que la voie de la sagesse consiste à apprendre, puis désapprendre ce que l´on a appris, afin de se libérer du poids des influences extérieures et de pouvoir revenir à la source de ce qui fait notre être...
Mais, dans un stade où l´est en symbiose avec ce que l´on est vraiment et ce qui nous entoure, nul besoin de philosophie, de carcan théorique...
«La nouveauté de notre position philosophique est une conviction inconnue de tous les siècles antérieurs: celle de ne pas posséder la vérité.»
Auteur dont je tairais le nom.
C´est contradictoire.
Mais si tu es de plus sceptique, ca se discute.
Lorsque je parle de "désapprendre", ça n´est pas dans le sens d´oublier, mais d´apprendre à ne plus s´en servir.
Dans les conceptions asiatiques, il y a trois stades de maîtrise :
- l´apprenti : celui qui apprend son art, et commet encore des erreurs.
- l´artisan confirmé : celui qui maîtrise son art. Cependant, aussi bon soit il, il ne reste qu´un simple exécutant.
- le maître : celui qui, de par son niveau de maîtrise, a réussi à s´affranchir des règles de son art, à les dépasser.
Notre pensée occidentale est utile, mais elle contient en elle-même certaines contraintes qui ne lui permettront jamais d´atteindre la réalité.
Par exemple, comment connaître la nature humaine mieux qu´en la ressentant au plus profond de soi-même ?
Les mots, les théories, pourront essayer de retranscrire cette réalité originelle, mais elles resteront image et n´arriveront jamais aussi bien à l´exprimer que cette sensation originelle.
De même, une vie qui atteint le bonheur n´est pas une vie qui se conforme à des lignes directrices fixées dans des livres : il faut quelque chose en plus.
Il y aurait peut-être quelque chose à travailler dans ce domaine (l´étape supérieure de la philo)...
Il faut aimer tout est là. Celui qui se laisse glisser sur cette voie a tout. Citation (pas de moi): Ferme la main et ce que tu tiendras sera le vide et le néant mais ouvre la et tout t´appartient !
Le savoir est dans certains livres. Pas dans LES livres.
La vérité est un idéal qui est relatif au réel en soi, à l´objectivité absolue, ce qui est inacessible, car toute description, toute opinion, toute pensée, tout regard est un point de vue, donc l´expression d´une subjectivité. Impossible de connaître la chose en soi.
Donc impossible de connaître la vérité en soi mais de s´en rapprocher le plus possible, oui, ça, d´accord.
"Dans très longtemps, on connaîtra la vérité", c´est une belle utopie, un peu naïve quand même... Tant que l´homme est sujet, c´est-à-dire "point de vue", tant qu´il dépend de ses sens et de son esprit, d´un échange perceptif pour se faire comprendre d´autrui, il ne peut atteindre l´objectivité de toute chose en soi. (Qu´on ne m´oppose pas l´argument des mathématiques qui sont une méthode pour se rapprocher du vrai, la plus efficace sans doute, mais pas l´expression du vrai pur, qui est celui de la concrète réalité).
Par conséquent, tant que l´homme est homme, la vérité n´est pas découvrable. Elle ne peut être que plus ou moins rapprochée.
Je pense que tout livre est susceptible d´être source de savoir.
Car un livre, ce n´est pas qu´un auteur, c´est également un lecteur.
ex : un livre écrit par quelqu´un de la Star academy. L´auteur n´a de toute évidence pas conçu son livre comme une source de savoir.
Mais le lecteur, s´il est psychologue ou étudie spécifiquement les phénomènes de télé-réalité, trouvera dans ce livre une source importante de savoir.
De même pour l´archéologue qui, dans des centaines d´années, tentera de comprendre notre société actuelle.
Le livre se caractérise par son écriture, mais également par l´usage qui en est fait.
L´Homme est dans une situation duale : il est à la fois être subjectif et réalité objective.
En effet, chaque Homme est un élément du réel, un élément de la Vérité, et une Vérité en soi-même ("il est").
S´il ressent un sentiment, alors ce sentiment est une partie de la Vérité.
Mais en cherchant à qualifier ce sentiment, il va se retrouver dans une situation paradoxale. Il va concevoir des mots dans le but d´approcher la réalité de cette chose mais, ce faisant il va s´en éloigner inexorablement (le sentiment, qui est, va être transformé en image par les mots, en représentation fictive de la Vérité).
Je pense que la Vérité (en tout cas, pour la partie, importante, se rapportant à l´Homme) est plus que découvrable : on est cette Vérité.
Mais la qualification en mots par la pensée de cette réalité originelle va bloquer définitivement l´accès à cette vérité.
Si l´on se détache des mots, alors on peut réatteindre cette réalité et être à nouveau cette Vérité.
"Connais toi toi-même", disaient les philosophes antiques.
Assurément, ils n´avaient pas tort.
J´y souscris ^^
Extrait du livre de psychologie philosophique "Substances mentales"
Chapitre 4 : "Théorie de l´entité inerte",
par Marjory K. West
"Le désir refoulé d´une entité inerte reflète principalement du manque d´affection théologique que certaines personnes considèrent comme l´évaporation constante de leur propre âme, sans se soucier bien entendu des méfaits que celà pourrait engendrer à grande echelle. La plupart des gens estiment que seul la vie pourrait apporter à l´entité inerte une forme de réconciliation avec le monde, mais ils oublient bien souvent que ce n´est en fait qu´une illusion fantasmagorique de leurs désirs refoulés. Cette conspiration contre son propre esprit est un trouble obsessionnel pour laquelle même la mort n´offre aucune échappatoire."
Question : la vérité est-elle dans les livres ?
Réponse : non, sauf si quelqu´un est assez stupide pour croire les niaiseries citées un peu plus haut...
Il est déconseillé d´être radical dans ses jugements, surtout quand ils sont implicites, et plutôt louable de nuancer ses propos et d´offrir la perspective d´un dialogue, d´un échange...
C´était ironique, l´ami... ![]()
Le livre a quelque chose de fantastique. C´est une oeuvre dans laquelle l´auteur a confié une partie de son savoir, de ses sentiments, de son vécu, de ses pensées.
La vie est courte et nous sommes prisonniers de notre subjectivité, tellement emprisonné que beaucoup rêvent de la réincarnation, pour pouvoir découvrir le monde d´un autre point de vue. C´est ainsi, en additionnant les subjectivités, qu´on retrouve le concept d´objectivité de la masse. Ce n´est qu´une moyenne qui nous protège des extrêmes mais il s´y cache tout de même le recul. La perspective naît en superposant des plans. En vivant plusieurs fois, nous acquérions une excellente capacité de juger, de la sagesse même.
Mais on ne peut pas.
Cependant, certains hommes consignent un peu de leur existence dans des livres. Et ainsi les livres nous apprennent à voir ce que jamais nous ne pourrions voir seul.
En superposant les visions, on augmente les chances d´objectivité. Peut-être est-ce un chemin vers la vérité.
"En superposant les visions, on augmente les chances d´objectivité."
Moi, je dirais plutôt : "en superposant les visions, on augmente les chances de subjectivité."
Car nous voilà face à la situation suivante :
réalité objective (les faits)-> vision subjective de l´auteur du livre (qui déforme les faits) -> vision subjective du lecteur du livre (qui les redéforme à sa manière)
Au final, il y a eu deux déperditions par rapport au réel :
- l´interprétation faite par l´auteur
- la compréhension plus ou moins parfaite de cette interprétation par le lecteur
C´est comme si l´on regardait un objet à travers deux miroirs.
Et le pire, c´est quand il y a interventions successives de tiers (ex : des copistes).
ex :
- texte en latin original-> copistes pendant 500 ans-> lecteurs
- texte de Nietzsche->interprétation de la soeur de Nietzsche-> lecteur
[L´exemple de Nietzsche est un bon exemple, pour montrer l´ajout successif des subjectivités.
Entre ce que Nietzsche a voulu dire et ce que le lecteur a compris, il y a souvent un monde.]
Je ne suis pas d´accord.
Si tu fais corriger ta dissertation par un prof de français, cette correction sera très objective et la notation en correspondra peut-être pas du tout à la qualité de ton travail. Par contre si ta disserte passe entre les mains d´un jury de 12 personnes et que les correcteurs font une moyenne de leurs appréciations individuelles, la note devient bien plus nuancée et proche de ce que vaut vraiment ton travail.
En ce qui concerne Nietzsche, il n´y a eu aucune volonté de respecter l´objectivité. Evidemment que si on veut tricher, là l´addition ne marche plus, logique. Pour les copistes aussi: manque de connaissances et ajouts personnels.