Réponse à ShinNatsume:
Justement, se défendre en tuant l’homme qui nous menace de mort, c’est ne pas lui appliquer la loi qui interdit le meurtre, pour se défendre. Comme j’ai dit : "il n’y a que les stupides qui puissent lui appliquer".
Tu as mal compris mon idée, je me suis peut-être mal exprimé. Ce que je veux dire, c'est que face à un homme qui ne partage pas les mêmes lois, le système de la loi n'est plus applicable. Il devient complètement désuet. Effectivement, dans ce cas, on peut considérer que le seul moteur est l'instinct de survie (que tu qualifies d'état animal). On comprend donc que l'homme qui est menacé n'a plus aucune raison de s'interdire la défense par le meurtre. Ce que le groupe social à l'origine des lois qualifiera de légitime défense. Hé oui, la société va même jusqu'à légitimer la défense, alors que ça n’a aucune importance. Tout simplement parce qu'elle croit que son système de loi est universel et elle n'a pas compris que face à un élément extérieur qui menace, il est désuet d'appliquer une loi. On est plus dans la sphère du légal ou même du moral. On est "par delà bien et mal". On est au-delà de ce qui fonde une civilisation, un commun accord sur des valeurs.
Là où je trouve la maladie, c’est là où l’hypocrisie pousse à croire que les valeurs sont universelles, et tout ce qui accompagne cette illusion. Par exemple, ce qui pousse à interpréter les actions d’un tyran comme la réponse à des passions ou à des instincts animaux. Rien n’empêche un homme d’être tyran par choix raisonné. Aristote n’en a pas tenu compte, c’est la preuve que dés les premiers philosophes on distingue des jugements d’intérêts à la place de réels raisonnements (voir "Par delà bien et mal" de Nietzsche). Là où je trouve l’esclavage, c’est quand le tyran se cache les raisons d’un besoin personnel de domination par des considérations d’intérêt général, par exemple. Le besoin de domination n’est pas un instinct. Mais dans ce cas, la domination est sûrement la réponse inadéquate à un instinct de survie, la réponse à une menace personnelle mal digérée. Ce type de tyran souffre d’indigestion. CEPENDANT, rien n’empêche un homme d’être tyran par choix raisonné, de façon libre.
Maintenant, si un homme veut être tyran mais qu’il ne le fait pas alors qu’il en est capable, c’est sans doute parce qu’en réalité il veut autre chose. Dans ce cas, il fait quand même ce qu’il veut et est donc libre. D’ailleurs, cette notion de maîtrise qui permet de faire face au conflit d’instincts pour réaliser le choix véritable, je l’ai fait apparaître dans ma définition de la liberté (mon second post) : "La liberté, c’est la maîtrise de soi et la pleine puissance sur soi qui permet d’agir dans le but de réaliser un choix". Tu vois bien que je ne pense pas que la liberté c’est réaliser tous ses instincts ; la liberté c’est pouvoir réaliser sa volonté. Elle se compose d’une maîtrise et d’une puissance.
Enfin, à un homme né esclave je dirais effectivement "vouloir libère", et ce serait pour lui le plus beau message d’espoir. Par ce cas particulier, tu soulèves le problème de l’héritage car il semble qu’on hérite des erreurs de nos pères (peut-être même jusque sur le plan génétique). A nous de les surmonter. C’est d’ailleurs un point que j’ai failli évoquer (mais j’ai préféré ne pas trop m’éloigner du sujet), en disant : "Les hommes naissent égaux mais ne le restent pas" j’allais rajouter "Mais encore, ils ne naissent même pas égaux".
D'autre part, Nietzsche est effectivement un philosophe qui a bouleversé ma façon de penser, pour mon plus grand bonheur. (Lire "La généalogie de la morale"; "Ainsi parlait Zarathoustra"; "Par de là bien et mal" ...)