Icare, c´est Achille, Alexandre le grand, Marylin Monroe, James Dean...
Des gens qui ont acquis le statut de mythe, d´idéal, parce qu´ils sont morts dans leur jeunesse. Leur "perfection" a été cristallisée dans le temps par la mort (il faut la mort et la jeunesse pour que la "perfection" se réalise).
Si Marylin avait vieilli, elle ne serait plus restée le même symbole de beauté. Si Alexandre avait perdu, il ne serait plus le conquérant inégalable qu´il est...
Rechercher la perfection, c´est se construire un destin digne de la mythologie nordique (un destin tragique).
Que cela ait une forme de beauté, c´est sûr.
Mais cela témoigne surtout d´un profond mal être. C´est une insatisfaction, une frustration qui te brûle intérieurement, qui t´emporte : tu peux soulever des montagnes, mais tu vis toujours aussi mal et tu finis en étoile filante (aussi brillante que brève).
Vaut-il mieux vivre dans le rêve, dans l´illusion, ou alors avoir les deux pieds dans la réalité ?
Pour moi, la recherche de perfection est associée à l´adolescence : l´individu se sent mal, et il rêve de gloire, car il croit que cela va arranger les choses (il croit que le changement vient de l´extérieur). Mais il se trompe, car aussi haut qu´il s´élève, il n´atteindra jamais le soleil...
Le passage à l´âge adulte, c´est une prise de conscience, c´est le dépassement de ce rêve originel et l´acceptation de soi, de son état (c´est le changement qui vient de l´intérieur). Cela n´empêche pas l´individu d´avancer, mais il le fait pragmatiquement, par petits pas, en vivant plus qu´en ne rêvant.
C´est Dédale, qui a inventé des ailes en cire pour pouvoir voler (mais pas trop haut)...