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Inefficacité d'une approche systématique

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Expeditions: Samurai veut révolutionner le RPG tactique avec une aventure entièrement jouable en coop

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8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
07 octobre 2005 à 19:59:50

Inefficacité d´une approche systématique de l´existence
(le titre était trop long)

J´entends par systématique, non pas l´acception commune qui signifierait "automatique" ou "mécanique", mais le sens pur tiré du mot système. Cela recoupe en conséquence l´idée d´un système philosophique, d´une pensée fondée sur un système. Je précise, par rapport au titre, qu´existence comprend en soi l´être, donc que l´inefficacité s´étend aussi à l´être philosophique.
Tout d´abord, concrètement, qu´est-ce qui peut être qualifié de système philosophique ? Une pensée, qui exprime une considération conceptuelle n´est en rien systématique, moins encore une conception absolue mais ouverte.
L´exemple typique, le plus probant, est le système hégélien. L´exposition complète de ce système ne serait pas pertinente, d´autant plus que c´est un système complexe, qui s´appuie sur une vision originale de l´absolu et de l´identité "vraie". Pour résumer très grossièrement, Hegel est le philosophe de l´absolu, il va systématiser l´existence, en affirmant que pour s´atteindre véritablement et être, l´être doit se nier – à l´image de l´infini qui, s´il ne se nierait pas et n´assimilerait pas spéculativement le limité, se trouverait justement nié dans son essence – par la différenciation de l´identité à soi.
Enfin, trêve d´extrapolations, pour revenir au problème de la philosophie systématique, qu´on retrouve également chez Spinoza, il faut voir que celle-ci s´oppose à la nature même de l´existence ! L´existence sépare les chose, les distingue, le système a pour but de coordonner tout en un espace, pour imager quelque peu, fermé. Kierkegaard a écrit, dans les "miettes philosophiques" : "Il ne peut y avoir un système de l´existence" et sur ce point, je suis entièrement d´accord avec lui. Il considère que tout système est clos et fermé tandis que l´existence est "jaillissement" permanent (oui Kierkegaard était un peu poète également ^^).
La subjectivité et la spiritualité ( peut-on encore les remettre en cause? ) s´opposent radicalement à l´approche systématique. La subjectivité suppose la différenciation des êtres raisonnable, le particularisme mis en évidence. La spiritualité soutient une ouverture permanente vers d´autres cieux, par le biais de l´intériorité irréelle (notez que je ne dis pas irréaliste qui sonnerait comme un jugement de valeur).
Appliquer l´abstrait total et totalisateur au concret (la théorie a besoin de la pratique dans la philosophie, le transcendental réunit le pur et le pratique) n´est possible que si le concret en question est inamovible, peu fluctuant. Or, quoi de plus fluctuant que l´existence ?
Peut-on élaborer un système philosophique alors même que la philosophie est une science ouverte, dans laquelle les visions diffèrent et se contredisent ?
Cette critique de la philosophie systématique est un postulat de l´existentialisme.

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
07 octobre 2005 à 20:50:47

Que l´existence ne soit pas systématisable, il faut en juger selon l´aspect considéré de l´existence.

L´existence est fluctuante, certes, mais comme toute chose, elle a une essence. Définir l´essence d´une chose, n´est-ce pas un premier acte de systématisation philosophique ?

On pourrait donc admettre un système philosophique qui déterminer la permanence intrinsèque à la notion d´existence.

Mais mon approche du systèmatisable concerne donc bien plus la méthode de réflexion qu´un ensemble de postulats de réflexion...

Je dois quitter l´ordi, discussion à suivre.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
08 octobre 2005 à 12:17:52

Elle a une essence, oui, on ne peut pas dire que l´existence n´ait pas d´essence. Mais c´est une essence particulière, indéfinissable par le fait qu´elle la précède (existentialisme). L´existence sépare les choses, et n´admet pas la vulgarisation, dans le sens qu´elle ne peut être appliquée à un système fermé, qui cadrerait l´existence dans une essence qu´elle n´a pas acquise. Il n´y a pas de visée ni de format universel de l´existence.
Au risque de me répéter, l´existence est fluctuante, et de ce fait, elle n´admet pas de cadrage systématique, qui par définition est abstrait et pur...
Systématiser une méthode de réflexion, ce n´est pas forcément systématiser l´existence. Un système de réflexion pourra toujours conduire à une vision ouverte des choses.

" On pourrait donc admettre un système philosophique qui déterminer la permanence intrinsèque à la notion d´existence. "

Tu voudrais dire que le système consisterait en l´affirmation de la permanence de l´existence ? Ca ne change pas le problème, étant donné que ce ne serait pas un véritable système, juste une vision ouverte même pas conceptuelle des choses (au même titre que l´existentialisme qui soutient que l´existence précède l´essence)

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
10 octobre 2005 à 18:47:09

C´est un véritable boycott :snif2:
:up:

Carnavale
Carnavale
Niveau 10
24 avril 2006 à 02:45:17

Reprenons ce débat hélas abandonné.

Ta critique d´une approche systématique de l´existence revient, ce me semble, à une critique raisonnée des fondements idéologiques du structuralisme et plus globalement de tous les domaines qui entendent expliquer l´homme, autrement dit les "sciences" dites "humaines". Ma proposition est simple : on cherche très tôt, dans l´histoire de la pensée, à relever ce qui constitue le propre de l´homme, comme si l´homme pouvait détenir en lui quelque chose qui le distingue fondamentalement d´un ensemble plus global d´individus qu´on appellera grossièrement "les animaux". Voilà que les philosophes émettent des réponses diverses ; le propre de l´homme c´est tantôt le rire, tantôt le désir, tantôt le langage, tantôt la raison, etc. comme s´il était possible d´admettre l´ensemble de ces facultés, ou notions, comme un "propre" à part entière de la notion d´homme, ce qui rentre directement en contradiction avec le singularisant même qu´implique la notion de "propre". Qu´est-ce qui est spécifiquement et uniquement inhérent à l´être-même homme ? Quel est le dénominateur commun qui pourrait, hiérarchiquement, résumer tout son être, donc implicitement son essence ?

Premier débat : faut-il parler de nature ou de condition humaine (débat de l´existentialisme).

Question : Le "propre" de l´existence n´est-elle pas d´être humaine ? Si l´animal est, l´homme existe. Car l´animal vit sans le savoir, contrairement à l´homme.

De fait : qu´entend-t-on par essence de l´homme ? Nature ou condition ? Qu´est-ce qui définit l´homme ? L´existence, car celle-ci implique sa conscience. Qu´implique sa conscience ? Une faculté de raisonner et de décomposer le monde, c´est-à-dire ce tout qui m´entoure, ce tout perçu par la sensibilité, l´imagination, et la connaissance. Et cette faculté de décomposer fait oublier à l´homme l´impression de totalité, la synthèse première à laquelle sa perception, puis sa conception (= faculté de concevoir) est soumise.

Nous en arrivons à ce que j´appellerais une aberration contre-naturelle (au sens de la Nature comme tout ordonnant les choses dans leur unité et leur cohérence) : les fonctions humaines définies par le structuralisme, donnant lieu à la spécification des sciences dites humaines. Ainsi on décompose l´homme en fonctions : la fonction reproductrice, la fonction économique, etc etc...

Artifices et calembredaines !

L´homme est un et indivisible. L´esprit l´oublie. Même les philosophes dans cette volonté de faire d´innombrables distinctions dans l´homme : désir, volonté, besoin, vertu, intuition, raison, etc... en oublient le tout humain qu´ils traitent initialement. Systématiser l´existence de l´humain c´est artificiellement le décomposer, le séparer en parties qu´il n´est pas. Systématiser l´existence, c´est se rassurer par la représentation méthodique de ce qui ne l´est pas a priori.

La raison veut trop organiser. Ainsi les psychanalystes entendent-ils diviser l´homme en un conscient et un inconscient formé d´un "moi" lui-même formé d´un "ça" et d´un "surmoi", bref on schématise, on imagine, on suppose, on cherche encore et toujours à vouloir expliquer ce qui à première vue est un tout incohérent dans lequel la raison cherche une cohérence.

Mais en même temps, comment se passer de l´analyse, que présuppose une organisation systématique de la pensée ? C´est l´analyse de la synthèse première qui permet de reconstituer cette synthèse. Le fait est que, reconstituée, cette synthèse de l´existence est toujours faussée par rapport à la première, incompréhensible, inappréhendable, au premier coup d´oeil, et qui plus est, à l´oeil nu.

Voilà peut-être un frein majeur dans l´ensemble des méthodes qui visent à expliquer le monde et ce qu´on appelle ses composantes.

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
24 avril 2006 à 18:31:40

Waw merci Carnavale de sauver mon topic^^
J´ai pas lu, c´est long, je répondrai plus tard :/

8_Solid-Snake_8
8_Solid-Snake_8
Niveau 10
25 avril 2006 à 18:20:48

Carnavale, je ne comprend pas en quoi l´affirmation, même erronée, du fait que le langage, le rire etc. sont le propre de l´Homme va a l´encontre de la notion de "propre" à quelque chose? Le singularisant de ce terme est plutôt un plus petit dénominateur commun (ce qui n´exclue donc pas les singularités particulières et n´exprime alors qu´une unité d´un groupe, en l´occurence l´humanité), exclusif car cette notion de "propre" refus ce plus petit dénominateur commun à autre chose que ce groupe donné.

De fait, une approche systématique de l´existence est une approche potentiellement anthropologique puisqu´elle indique que l´Homme entre dans un système déterminé (déterministe?) et coordonne cette existence avec le reste du système. Cela va-t-il à l´encontre de la notion de "propre" précédemment évoquée? je ne crois pas, cela la réduit juste à un élément du système reliée aux autres et faisant partie d´une logique holiste (logique du Tout). C´est donc une réduction, puisque ce propre n´est pas libre et autonome, mais ce n´est pas une contradiction.

L´existence est en effet une sorte de spécificité accordée à la vie humaine, et la condition humaine désigne alors son existence rapportée (c´est-à-dire en rapport de liaison) au monde, en évolution et assimilée subjectivement, tout en considérant cette condition comme une condition universelle, car, évoluant dans un champ phénoménal, son rapport au monde est universellement donné (du fait de l´organisation et de la composition de ce monde fixe).

L´entendement humain et sa réflexion (ce que tu appelles sa faculté de décomposer et de raisonner) ne font pas oublier la conception de la totalité il me semble. La liaison des choses et l´appréhension d´universalité (la faculte de juger qui subsume le particulier sous l´universel, Kant) restent actives et l´on garde intuitivement ce rapport aux phénomènes qui fait qu´on les considère souvent intuitivement comme intégrés à un système.
Ca ma rappelle ce débat sur le nominalisme qui rejoint ce sujet et qui peut faire l´objet ici d´une critique de la systématicité du réalisme :
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-68-57360-1-0-1-0-0.htm

"Systématiser l´existence de l´humain c´est artificiellement le décomposer, le séparer en parties qu´il n´est pas. La raison veut trop organiser"

Exactement. Mais l´organisation n´est pas exactement la systématisation, la première peut rester ouverte alors que la deuxième est totalitaire et fermée.

Enfin, une analyse systématique (mais non systématisante, au sens où elle ne tend pas vers un système mais organise un système pour appréhender les choses) permet l´organisation et l´interprétation (exemple du tryptique moi,ça, surmoi et même de son prédecesseur, conscient, inconscient, préconscient) d´un phénomène appréhendé. Ce qui apparait anarchique peut être alors organisé, mais d´une, cela ne doit pas être holiste ou totalitaire (Tout) et doit rester uen organisation dansle but de mieux comprendre plutôt qu´un système qui ferme l´interprétation.

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