En apparence l´acte onaniste, la manifestation primaire de l´auto-satisfaction sexuelle est une pratique liée au domaine de la solitude qui nécessite, nonobstant les perversions de groupe, une intimité propre, un plaisir, coupable ou non coupable, procuré pour soi par soi.
Mais je m´interroge sur les causes de cet acte, considéré par la doxa morale, notamment religieuse, comme scandaleux, voire un péché, donc hors de propos, tabou. Nombreuses sont les fables liées à la masturbation : menace de la cécité en cas de suractivité du poignet, menace de perte de la raison, des facultés motrices, etc, etc...
La masturbation éloignerait-elle de Dieu et plus largement du monde, c´est-à-dire en particulier d´autrui, pour susciter autant de critiques morales ? Honteux à terme mais heureux quand même, l´onaniste organise sa caresse en coordonnant geste et imagination, ou plus spécifiquement l´expérience du fantasme. La masturbation ne fait-elle pas partie intégrante d´un processus fondamental de pleine introspection du soi ? Peut-on se connaître mieux en analysant l´imagerie et la scénarisation de nos fantasmes auquel le rituel manuel est associé ? Est-ce au détriment, voire au mépris de l´autre ? (Car l´autre est souvent objet du fantasme, réduit à la seule condition d´objet, sujet oublié)
Je ne souhaite pas particulièrement évoquer la dimension psychologique, et psychanalytique de l´acte onaniste, aussi quotidien et trivial qu´on peut l´estimer.
Les principales problématiques philosophiques qui se posent à mon sens sont plutôt les suivantes : la masturbation est-elle un acte empiriste fondamental dans le processus de la connaissance de soi ?