En apparence l´acte onaniste, la manifestation primaire de l´auto-satisfaction sexuelle est une pratique liée au domaine de la solitude qui nécessite, nonobstant les perversions de groupe, une intimité propre, un plaisir, coupable ou non coupable, procuré pour soi par soi.
Mais je m´interroge sur les causes de cet acte, considéré par la doxa morale, notamment religieuse, comme scandaleux, voire un péché, donc hors de propos, tabou. Nombreuses sont les fables liées à la masturbation : menace de la cécité en cas de suractivité du poignet, menace de perte de la raison, des facultés motrices, etc, etc...
La masturbation éloignerait-elle de Dieu et plus largement du monde, c´est-à-dire en particulier d´autrui, pour susciter autant de critiques morales ? Honteux à terme mais heureux quand même, l´onaniste organise sa caresse en coordonnant geste et imagination, ou plus spécifiquement l´expérience du fantasme. La masturbation ne fait-elle pas partie intégrante d´un processus fondamental de pleine introspection du soi ? Peut-on se connaître mieux en analysant l´imagerie et la scénarisation de nos fantasmes auquel le rituel manuel est associé ? Est-ce au détriment, voire au mépris de l´autre ? (Car l´autre est souvent objet du fantasme, réduit à la seule condition d´objet, sujet oublié)
Je ne souhaite pas particulièrement évoquer la dimension psychologique, et psychanalytique de l´acte onaniste, aussi quotidien et trivial qu´on peut l´estimer.
Les principales problématiques philosophiques qui se posent à mon sens sont plutôt les suivantes : la masturbation est-elle un acte empiriste fondamental dans le processus de la connaissance de soi ?
Egalement, (désolé, bug), l´acte masturbatoire et la pensée imagée, voire sensitive, qui y est liée se fait-elle au mépris de l´autre, de la connaissance de l´autre ? ou au contraire, est-il un désir absolu du soi vers autrui, donc une demande de connaissance de l´autre ?
Qu´en pensez-vous ?
je pense que pour connaitre les autres, il vaut mieux se connaitre soi avant.
Je ne voudrez pas préjugé de l´aspect comique du texte, mon ami Chapter y verra sûrement qu´une illusion de ma raison.
Jvoudrais juste revenir sur la coordination geste/imagination qui me semble prépondérante dans l´acte.
Plusieurs cas de figures se présentent à nous, je ne prendrais que le cas de la gente masculine, car les femmes étant biologiquement assez sembables, et le sujet me semble plus vastes, plusieurs entrés dans le sujet étant possible. Par contre entre deux hommes, armés de manière différentes, on trouvera une différence dans l´amplitude du mouvement vertical. Donc un rythme différent, car a supposer que lieu précis qui agit comme un incrémenteur de plaisir , un certain quota étant nécessaire pour assouvir notre désir, ce même quota étant différent selon les personnes et en étroite liaison avec l´esprit. Plus l´esprit est doué, plus on peut supposer que l´acte sera court. Sans oublier que le quota est une variable, de part le simple fait que celui ci baisse moins l’acte est récurrent. Mais cela dépend encore du sujet. En fait pour avancer sur celui ci de manière pénétrante, on devrait parler de nos expériences personnelles, pour ainsi démystifier cette acte qui est en fait un concert qui met en branle la totalité de notre être. Un excellent physionomiste pourrait aussi nous éclaircir.
Qu’en pensez vous ?
Oui mais un tel acte n´est pas si évident préalablement la connaissance d´autrui. De quels moyens disposons-nous pour du moins commencer à nous connaître, voilà l´un des aspects plus général du problème.
préalablement à*
Stavro> C´est très sérieux
! Ton analyse me semble juste mais peut-être encore un peu trop anecdotique. La mécanique du désir est coextensive à la faculté d´imagination du sujet, c´est tout à fait passionnant de le faire remarquer. Plus l´esprit procure un idéal de plaisir, plus la réalité a de chances de décevoir et surtout plus l´acte risque d´être trop précipité. Faudrait-il en conclure, de manière extravagante, que le coït est un acte bestial qui nécessite en quelque sorte l´oubli de ses facultés mentales et un total abandon de soi à l´instinct ?
J´arrive pas a reprimer mes ejaculations.
Ce genre de plaisir est-il raisonnable?
Comment s´arreter dans son élan ejaculatoire?
Help.
Avec des aiguilles.
Chapter > ok, autant pour moi. Mais tu sais bien que j´ai un côté psychologue du 19eme siècle, je n´aime pas légiférer, et je pense qu´on atteint un semblant de vérité en accumulant la totalité des faits, ceci pour la plupart anecdotique.
Je suis tout à fait d´accord sur l´aspect bestial. L´acte sexuel est avant tout physique, on peut voir l´intronisation de l´esprit comme pervers, de ce fait, la masturbation n´est-elle pas un acte sexuel décadent ?
Des aiguilles de pin?
Stavro
Si on le considère comme pervers, ce qui est possible avec la théatralisation de l´esprit, il faut alors considéré tout idéalisme comme perversion à mon sens.
On le qualifie l´idéal masturbatoire comme pervers au sens où il semble détourner l´aptitude traditionnelle de la raison à respecter autrui. L´idéal masturbatoire, parce qu´incontrôlable par la censure, paraît dangereux et immoral. N´est-ce pas alors la plus grande des libertés que de se livrer à l´expérience du fantasme ? Les contraintes, mêmes intérieures, c´est-à-dire morales et religieuses, peuvent être abolies véritablement.
Le danger, c´est si l´individu veut mettre son idéal en pratique. Il aura tôt fait de se casser les dents ou autre chose à autrui...
On qualifie*
Carnavale: ce topic est-il une blague?
Personellement je pense que l´envie de se masturber reste une pulsion naturelle, un besoin à ranger au même titre qu´uriner, boire ou manger. Maintenant, est-ce que manger est une introspection profonde de notre moi astral... j´ai des doutes. De même pour la masturbation.
Plus sérieusement, les fantasmes reflètent tout de même une part de nous-même. Mais je ne suis pas sur que nos fantasmes relèvent d´une volonté puisque souvent nous en refusons la responsabilité, nous ne les assumons pas. Et puis, étant à vocation onaniste, ils n´ont que peu de lien avec notre spiritualité.
Mais à bien y réfléchir, nos fantasmes relèfent probablement certains de nos goûts artistiques; fantasmer est peut-être même un art. Le fantasme est également une vision primitive, non raisonnée, de la sexualité. Il est d´ailleurs toujours dépourvu de sentiments.
Bon je m´arrête là, je suis pas sûr d´être compétent pour cette question parce qu´il m´est totalement insupportable, par principe, d´imaginer que le fantasme puisse avoir un lien avec notre ego le plus profond.
Nouvelle preuve que ce commentaire final Ever : la masturbation et plus largement le fantasme provoquent la gêne, sont considérés comme inférieurs, indignes moralement et rationnellement d´intérêt. La preuve, tous les intervenants de ce topic se sont interrogés sur le sérieux de la question posée.
Il y a donc un préjugé inconscient de la masturbation comme acte primitif et dégradant. Mais n´est-ce pas un refus véritable d´un des aspects les plus vrais, les plus sincères, et peut-être le moins culturel de sa nature ? Cherchons à remettre en cause le dégoût de nous-même que suscite généralement l´onanisme.
Il y a donc un préjugé SUR la masturbation*
Un préjugé avoué
Si tu ne bois, manges ou urines pas, tu crèves. Ce n´est pas le cas de la masturbation.
"Ah la masturbation! Un de ces plaisirs qui ne nécessite que le corps..."
Selon vous,un homme echoué sur une ile est-il enclin a se masturber?
Après la sodomie,la masturbation...Vive le forum "Philosophie" ![]()