Je n'ai pas été très clair, désolé. Ce que j'ai voulu dire, c'est que s'il est primordial de penser, il est tout aussi important d'agir, ce qu'on a tendance à oublier trop souvent. Quand la question "Et après ?" devient trop envahissante, elle agit comme un garde-fou.
Même avec toute la volonté du monde, personne ne peut dire ce qui sortira d'une Révolution, parce que cette dernière est porteuse d'énormément d'émotions dans un monde aux paramètres nombreux et complexes, il est juste impossible de se placer dans l'optique du "Penser puis agir.".
Ce qui, à mon sens, a fait la beauté des révolutions passées, c'est l'expérimentation, la découverte. Malheureusement la plupart a débouché sur des dictatures, des bains de sang ou des dictatures juste un peu plus supportables que celles d'avant. Mais des évènements comme la colonne de Durruti en Espagne ou la Makhnovtchina en Ukraine, ou encore Kronstadt en Russie et, plus récemment, le phénomène des piqueteros en Argentine, bien qu'ils aient tous échoué (non pas qu'ils y étaient voués, mais plutôt qu'on les ait habilement contrecarrés), me laissent penser que c'est de cette violence nécessaire que sortira quelque chose de bon.
Tout ça pour dire que je suis plutôt partisan de la praxis révolutionnaire, de cette philosophie qui considère que l'acte et la pensée s'entre-alimentent et que quiconque tente de les séparer finira soit idiot soit sénile.
Pour répondre à ta première question, je dirai qu'il existe bien évidemment des situations pires que celle que l'on connaît aujourd'hui en France. Je pense, oui, que le capitalisme a ruiné l'Humanité, mais qu'il n'en est qu'à ses débuts, et c'est bien pour ça qu'il faut en sortir absolument, avant qu'il ne soit trop fort, ce qu'il est peut-être déjà.
Quant à la seconde, bien que je ne me sois jamais posé la question de cette manière, je dirai que oui, chaque expérience ayant une chance de réussite doit être vécue, pour peu bien évidemment d'obéir toujours à l'éthique révolutionnaire (la fin ne justifiant pas les moyens).