Fight Club, dans le fond, est un bon. Il pose de bonnes questions et propose une voie à suivre, extrême certes, là où d'autres personnes seraient restés bloqués au problème. Il pose la question de façon radicale de qu'est-ce qu'un citoyen dans une société de consommation et dite démocratique. Dans la forme, forcément, il se contredit puisqu'il obéit à l'aliénation qu'il critique.
Pour ma part, je fus longtemps un fan de Fight Club. J'ai dû le visionner plus de dix fois, recopié, débattu, cogité... Aujourd'hui, j'ai pris de la distance avec cette œuvre. Elle se caractérise par le nihilisme dans le sens où elle prône une renversement des valeurs sociales. J'ai longtemps adhéré à ce nihilisme d'ordre social, mais aussi plus profondément philosophique. Or aujourd'hui, je ne me reconnais plus là-dedans. Lorsque je lis mon carnet de notes de l'époque, je ne comprends plus trop ce que j'avais écrit. J'ai changé, ma vie n'est plus la même car aujourd'hui certaines choses ont pris de la valeur. Le nihilisme social n'est pas si malsain tant qu'il vise l'émancipation, sur ce point un nihiliste peut être un citoyen raisonné vis-à-vis d'une société aliénante. Néanmoins, je crois que c'est dans le nihilisme philosophique qui prône le néant comme valeur suprême dans lequel je ne me reconnais plus, car je ne suis plus dans le même d'esprit qu'il y a quelques années, car je ne vis plus les choses de la même manière.