Onfry est beaucoup vu et présenté comme un philosophe lorsqu'il est invité et intervient dans les débats publiques, qu'en pensez-vous ?
Personnellement je ne l'ai pas lu, car pour être honnête tout ses livres qui consistent en la déconstruction ne m’intéressent pas, je préfère lire de la philosophie "pure", pas des commentaires de philosophie.
Je ne pense pas qu'Onfray soit un philosophe, il appartient (il le dit lui-même) à des mouvements de pensée tel que le matérialisme, l'hédonisme, etc. mais il n'a pas crée à proprement parler de concept nouveau en philosophie, il adhère simplement à des courants déjà existants, son plus gros travail restant la déconstruction, pour vulgariser il ne produit pas de concept mais relis l'oeuvre de grands auteurs pour apporter des précisions et permettre de mieux les comprendre.
Est-ce que ça suffit à en faire un philosophe ?
Il a écrit des essais (traité d'athéologie) donc oui
D'autant plus que ce qu'il présente comme "déconstruction" ou critique post-nietzschéenne de notre héritage occidental est d'une précision extrêmement médiocre
anon_MC Voir le profil de anon_MC
Posté le 27 avril 2014 à 21:02:43 Avertir un administrateur
Il a écrit des essais (traité d'athéologie) donc oui
Oui des essais, sur un mouvement qui ne vient pas de lui, je sais pas si ça suffit à en faire un philosophe. Un essayiste oui.
Mouais... Si être philosophe c'est inventer des concepts tels que l'athéisme ou l'hédonisme y'a eu qu'une poignée de philosophes dans l'histoire.
C'est là que je voulais amener la conversation, comment il pourra y avoir des philosophes à l'avenir ?
C'est la question principale que je me pose, le cas de Michel Onfray l'illustre parfaitement bien.
À mon avis on s'écarte du schéma de pensé "DU philosophe"
Des avancées en philosophie vont arriver prochainement avec les avancées de la science mais ça sera collectif voire même pas dû à des hommes.
pensée*
On présente souvent les professeurs de philosophie comme des philosophes alors qu'ils ne sont ""que"" professeur de philosophie.
Sinon je me souviens d'un passage d'Onfray chez Taddei où il dit en gros : "le libéralisme c'est le marché qui fait la loi ... la logique libérale c'est de bombarder l’Afghanistan et la Libye. "
Bof bof ![]()
Non mais déjà philosophie comme art de créer des concepts ça ne va pas de soi, c'est ce que voudrait nous faire croire Deleuze et je respecte votre intuition deleuzienne mais je ne suis pas d'accord, je vais pas étayer ma thèse anti postmodernisme comme ça mais vraiment c'est loin d'être si évident comme these.
Ce qui est à reprocher à Onfray c'est pas qu'il ne découvre pas de nouvelles choses, c'est que ses travaux sont ultra caricaturaux et se résument en une philosophie demagogico-populiste qui ferait (fait) sourire n'importe quel universitaire un minimum sérieux. Ce que j'ai lu du traité d'atheologie et les interventions que j'ai vu de ce bonhomme me laisse voir un bon rhéteur pour les foules mais un très mauvais philosophe.
"Non mais déjà philosophie comme art de créer des concepts ça ne va pas de soi, c'est ce que voudrait nous faire croire Deleuze et je respecte votre intuition deleuzienne mais je ne suis pas d'accord, je vais pas étayer ma thèse anti postmodernisme comme ça mais vraiment c'est loin d'être si évident comme these. "
Moi j'aimerais que tu développes.
Je pense pas avoir la prétention à être appelé philosophe désolé pour ton argument rhétorique minable. Son travail n'est pas celui d'un philosophe, au mieux d'un rhéteur, il suffit de regarder ses travaux deux secondes et ses interventions.
On en parle en MP si ça t'intéresse Courtial ![]()
Sans compter sa mauvaise foi ridicule à propos de Freud (= donner l'impression, avec un écrit, de pondre une "étude" quand il s'agit d'un torchon, simplement bien calibré au niveau du titre et des idées pour devenir un best-seller).
J'avoue toutefois avoir été intéressé par ses développements à propos du poly-amour.
Depuis Nietzsche il n'y a pu de révolution, de nouvelles écoles ou doctrines philosophiques... Dès lors on appel un philosophe quelqu'un qui a un doctorat en philosophie
.
On peut consider également une personne comme étant philosophe si elle à comme activité principale la philo ou si elle en fait un mode de vie à la manière des grands penseurs Athéniens.
Non y a juste eu la phénoménologie, l'école de Francfort ou la philosophie analytique. Juste une révolution de la lecture d'Aristote et de toute l'ontologie avec Heiddeger. La phénoménologie qui prétend atteindre la chose en soi c'est pas une révolution, juste un caprice de vieil allemand. C'est fou de lire des conneries pareilles.
Si c'était un troll c'en était un de mauvais goût. (Ce qui m'a fait douter c'est ton second paragraphe)
Chaque philosophe va te donner sa propre définition. En fait il y a beaucoup de philosophies. Mais à quoi bon chercher à tout prix à savoir qui est vraiment philosophe et qui ne l'est pas ?
Sinon on peut remonter à la racine du mot, qu'on traduirait par "amour de la sagesse". Donc un philosophe est un "sage". Je ne suis pas sur que la plupart de ceux qu'on appelle philosophe aient eu une vie remplie de sagesse, de même que d'illustres inconnus ont tout à fait peu être philosophe.
Sinon il y a un définition qui consiste à dire qu'être philosophe consiste à produire du concept. C'est stupide car parmi les concepts, certains sont fondamentaux, d'autres découlent des premiers. Quiconque va étudier et mettre en pratique une philosophie ne sera donc pas un philosophe ? C'est une question qui mérite qu'on la pose.
Ta définition me semble caricaturale. Déjà philia ne signifie pas vraiment amour mais ami (dépendant du ressort affectif), d'autre part l'ami de la sagesse n'est pas le sage. On ne sait pas si cette anecdote est véridique mais dans tous les cas elle est pleine de sens sur la nature de la philosophie : Pythagore rencontra un voyageur qui le nomma par le nom de sage et il lui répondit qu'il n'était qu'ami de la sagesse, qu'il ne faisait que la côtoyer. En bref le philosophe (est-ce une condamnation ?) ne trouvera jamais la réponse.
Ensuite philosophie, tu decontextualises le terme, mathématiques, physique... comme philosophies ont étaient entretenues longtemps. Si tu veux jouer au jeu de l'histoire, Aristote nomme science toute science et plus encore l'ontologie aujourd'hui vue comme philosophie pure. On voit bien qu'il y a assimilation des termes.
Le philosophe n'est pas sage, il ne fait que côtoyer cette dernière. Et tout comme le pire des gueux peut côtoyer le grand riche de par ses facultés ou Dieu sait quel paramètre c'est possible, concevable. Tout homme peut prétendre à la philosophie, reste à ce que son travail ait une prétention philosophique réelle, ma thèse est que je ne crois pas que ce soit le cas de Michel Onfray, mais ton relativisme qui ne fait que témoigner de tes lacunes historiques sur la philosophie n'a pas de sens et est, je crois en toute humilité, un contre sens peut être répandu mais qui n'en reste pas moins un contre sens.
Ce que je dis juste c'est que la philosophie n'est pas quelque chose de sacrée et d'éternelle et qu'il appartient à des gardiens du temple d'en être les seuls contemplateurs. Pour moi la philosophie doit être quelque chose de populaire, elle doit s'adresser à tout le monde et aider les gens à changer leur vie, à améliorer la société, à vaincre leurs peurs, à réfléchir sur le monde demain, sinon elle ne sert à rien. Mais je conçois très bien que cela n'est que MA conception de la philosophie et que d'autres ont le droit de croire ce qu'ils veulent sur la philosophie, d'où mon relativisme.
Peut être mais deux choses. Populariser pourquoi pas, mais si cela implique rentrer dans la médiocrité c'est inutile.
D'autre part, qui a dit que la philosophie "servait" ? Je crois que c'est une idée absurde, elle n'a pas pour but de rendre heureux, seulement de connaître, question et saisir les enjeux. (et encore connaître... mouais) Si ces objectifs te rendent heureux pourquoi pas, mais le bonheur n'est pas dans la philosophie, dans sa pratique politique mais je ne crois pas qu'on tombera sur ses consensus politiques.
Par populariser, je ne veux pas dire vulgariser, mais élever les gens à la philosophie. Sinon effectivement, la médiocrité est sans intérêt.
Pour moi la philosophie "sert" à quelque chose. C'est un point de vue certes utilitariste, mais pour moi ce qui n'a pas de fonction est superflus. Le savoir pour le savoir ou les idées pour les idées ne m'intéressent pas. La "sagesse" n'est pas un dieu inaccessible ou une "idée parfaite" vers laquelle on devrait tendre, c'est un parcours, une vie qu'on construit, une éthique, une interprétation du monde et une action en conséquence.
Pour moi philosophie, politique, sciences, etc... ne sont pas domaines cloisonnés avec la philo qui serait des idées pures pour l'élite intellectuelle qui doive se protéger du monde réel. Mais tout cela c'est encore une fois, ma vision des choses, ma "philosophie", si je puis me permettre, et donc pour moi il paraît clair qu'il n'y a pas de dieu abstrait de l'idée pure qui délivre des certificats de philosophe.