Salut à tous,
jeune et insouciant, je me pose des questions sur l'amour, dois-je me contenter d'etre aimé pour mon physique, etc... Enfin bref, auriez-vous des ouvrages de références sur l'amour/la beauté, peu m'importe le point de vue/le but de l'oeuvre.
Merci !
le banquet de platon ![]()
La biographie de Nabilla ![]()
"Qu'est-ce que le moi ?Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier.
Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non; car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on, moi ? Non ; car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées."
Pascal, Pensées.
Voici une bien belle entrée en matière.
C'est pas vrai ma maman elle m'aime pour ce que je suis profondément d'abord, Pascal y s'est trompé c'est juste parce qu'il avait pas de maman après l'âge de trois ans le pauvre.
[Jesuispartout] Waw merci quelle superbe entrée en matière en effet... Je te remercie !
Je m'en vais de ce pas commander le banquet de Platon alors
Roland Barthes, Fragments d'un discours amoureux
Par ailleurs, quel est la meilleure version des Pensées de Pascal selon vous ? On m'a dit que chaque éditeur a une manière différente de classer les pensées...
La Brunschvicg a le mérite, comme d'autres, de tenter un classement thématique mais je préfère tout de même la Lafuma, qui me semble avoir une cohérence interne plus grande et surtout à laquelle je suis plus habitué.
Stendhal, De l'Amour. Tellement évident.
Et voilà un autre présupposé métaphysique... Rien n'indique qu'un plan général ou une logique particulière ait présidé à l'élaboration de ces petites pensées (retrouvées sur des bouts de papier séparés, ne l'oublions pas), et pourtant on n'a pu s'empêcher de vouloir les ramener à une forme de totalité et un ordre subsumant...
"Quelle vanité que ces éditeurs qui prétendent réaménager mon ouvrage" voilà une pensée que Pascal aurait pu sortir.
Il s'agissait d'un projet inachevé d'apologie de la religion chrétienne entreprise par Pascal. La recherche d'une certaine unité de l'ensemble était donc légitime.
Ceci ayant été dit, je te laisse repartir dans ta -bientôt- glorieuse croisade contre les présupposés métaphysiques.
Ah, je ne savais pas que tu connaissais Pascal personnellement.
Enfin bref, je taquine beaucoup là ; tu as peut-être raison, peut-être tort... Toujours est-il que ces débats pseudo savants sur la qualité des éditions des Pensées me feront toujours sourire. Non pas parce que je les mépriserais ; en vérité je suis très attendri par cette recherche inexpugnable d'ordre et de sens.
Il faut juste savoir s'arrêter de parler au moment opportun, une qualité dont tu ne manques pas, jesuispartout.
Lévinas, contre l'idée d'amour fusionnel : l'amour, c'est une tension paradoxale qui consiste d'une part en une inexplicable attraction, un désir d'approcher l'autre, et d'autre part à le rendre à lui-même, à le respecter dans son altérité et dans son mystère.
« L'altérité et la dualité ne disparaissent pas dans la relation amoureuse. L'idée d'un amour qui serait une confusion entre deux êtres est une fausse idée romantique. Le pathétique de la relation érotique, c'est le fait d'être deux, et que l'autre y est absolument autre. (...)
Dire que la dualité sexuelle suppose un tout préexistant, c’est d’avance poser l’amour comme fusion. Le pathétique de l’amour consiste au contraire dans une dualité insurmontable des êtres ; c’est une relation avec ce qui se dérobe à jamais. La relation ne neutralise pas ipso facto l’altérité, mais elle la conserve. L’autre en tant qu’autre n’est pas ici un objet qui devient nôtre ou qui devient nous, il se retire au contraire dans son mystère. (...)
Ce qui est caressé n’est pas touché à proprement parler. Ce n’est pas le velouté ou la tiédeur de cette main donnée dans le contact que cherche la caresse. C’est cette recherche de la caresse qui en constitue l’essence, par le fait que la caresse ne sait pas ce qu’elle cherche. Ce "ne pas savoir", ce désordonné fondamental en est l’essentiel. Elle est comme un jeu avec quelque chose qui se dérobe, et un jeu absolument sans projet ni plan, non pas avec ce qui peut devenir nôtre et nous, mais quelque chose d’autre, toujours autre, toujours inaccessible, toujours à venir. Et la caresse est l’attente de cet avenir pur, sans contenu. »
Emmanuel Lévinas, Le Temps et l’Autre (1948)
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-68-226437-1-0-1-0-que-repondre-a-quelqu-un-qui-a-raison.htm
Tu sembles pour ta part avoir choisi de maintenir ta position malgré la mise en évidence de ton erreur ; libre à toi.
Mais tout de même :
"tu as peut-être raison, peut-être tort..."
T'as sérieusement écrit ça ?
Lévinas, ou l'exemple même du poète qui devient philosophe parce qu'il sait moins bien écrire que ses confrères. C'est étrange, il dit des choses très intéressantes mais sans être complètement poète ou philosophe ; c'est un espèce d'entre deux.
Cela n'enlève rien au plaisir de le lire même si c'est parfois beaucoup de masturbation intellectuelle dans un langage quelque fois pédant (le "ne pas savoir" au lieu de "l'ignorance") et très souvent inutilement compliqué (mais ça vient seulement du fait que c'est un mauvais poète).
Bon, puisque tout le monde y va de sa petite citation, je vais citer un poète (ce sont eux et non les philosophes qui devraient parler d'amour) :
When love beckons to you, follow him,
Though his ways are hard and steep.
And when his wings enfold you, yield to him,
Though the sword hidden among his pinions may wound you. And when he speaks to you, believe in him,
Though his voice may shatter your dreams as the north wind lays waste the garden.
For even as love crowns you, so shall he crucify you.
"Quand l’amour vous fait signe, suivez-le
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier."
Kahlil Gibran (Le Prophète)
[jesuispartout]
Ah c'est vrai, j'avais oublié à quel point ton raisonnement m'avait cloué sur place par son étincelante vérité. Et à quel moment m'as-tu humilié, déjà ? Je ne me souviens plus.
Bref, comprends bien que la question de savoir si tu as raison ou tort n'est pas pertinente ici ; on ne saura jamais les intentions de Pascal. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il écrivait des trucs sur des liasses de papier en sortant de la douche ou entre deux plats...
Et même s'il avait eu celle que tu lui prêtes, ça ne changerait pas mon argument principal, à savoir que le présupposé métaphysique qui place l'idée d'unité au-dessus de celle de l'hétérogénité n'est jamais interrogé
@shayde09>> Le "ne pas savoir", c'est parce que Lévinas est un philosophe de la verbalité, c'est sa métaphysique même qui le veut, c'est ce qu'il hérite d'Heidegger. Utiliser un terme comme "l'ignorance" serait quasiment substantialiser l'intentionnalité dont il parle.
Si tu veux du Lévinas absolument philosophe et plus du tout poète, faut aller sur "Totalité et infini" ou "Autrement qu'être".
Mais effectivement, l'effraction de l'infini dans sa pensée (avec la qualité signifiante et éthique, et non pas seulement théorique qu'il met dans l'infini) appelle, passé un certain point, le laisser-aller de la pensée dans la poésie. Je trouve ça d'une grande humilité d'ailleurs, la pensée qui s'admet dépassée et qui se fait poésie pour parler encore. Ce laisser-aller se lit chez Platon, Pascal, Rousseau, Kierkegaard, Rosenzweig... même chez Kant (CFDJ), et chez Nietzsche ou Bergson j'en parle même pas ! ^^ Y a guère que des planches de bois comme Hegel ou Husserl pour pas effleurer la poésie d'un pouce !
Et merci pour la citation - de l'avoir mise en anglais, aussi.
Franchement, c'est beau.
L'auteur a trop envie d'être amoureux cela se voir dès la première ligne ![]()
qu'est ce que l'amour? deux ames en accord ou deux amants corps a corps?
qu'est ce qui peux bien faire battre le coeur d'un homme sensible et emotif?
le bonheur repose sur ces question damour