« On est passé, ces derniers siècles, d'une mort acceptée par tous à une mort qui est un sujet tabou. »
=> - Mort acceptée ? C'est vite dit quand même. C'était des temps de superstitions où la mort n'était pas appréhendé comme l'anéantissement complet, mais comme le passage dans un autre monde. Le rapport n'est pas le même, l'un promet un avenir quand l'autre l'enterre. Et c'est plus facile de tolérer la mort quand on a des perspectives dans celle-ci (la vie après la mort).
- Mort sujet tabou de nos jours ? C'est vrai, la mort n'est quasiment pas un sujet (surtout en occident). C'est extrêmement difficile d'avoir une discussion à ce sujet, sur quoi faire du corps (incinération, enterrement …) ... les gens ont spontanément du dégoût ou de la gêne à en parler.
Il ne s'agit pas d'en parler tout les midis ^^ mais d'en parler un minimum quand même. Non c'est moins on en parles mieux on se porte.
Contrairement à avant, « la gestion de la mort » est délégué à des institutions (médicales etc), de sorte que la famille est déchargé de tout. On met vite en boîte puis on enterre, et tout le monde rentre à la maison. C'est assez administratif. On tire la chasse, on évacue, vite vite. Que cela ne change rien à vos vies. Faisons presque comme si rien ne c'était passé. On a de la peine pour le défunt, mais sur ce qu'EST la mort on ne dira mot.
Pourquoi ce tabou de la mort ? J'émets l'hypothèse que si la mort n'est pas (ou peu) traité dans nos sociétés c'est que cela requiert de FAIRE SENS des choses et de la vie, forcément.
Et le SENS des choses n'est pas notre point fort. On vit dans une société matérialiste, consumériste, qui NIE la mort.
Traiter la mort signifie penser ce qu'EST la vie, et ainsi remettre en cause des façons de vivre, pour - mieux vivre -. Mais si son existence apparaît insignifiante au vue de cette réflexion, alors il y a un grand et profond conflit :
- tout changer pour mieux vivre (processus de guérison, de progrès)
OU
- ne pas changer et être en incohérence complète avec soi-même.
Puisque tout changer à sa vie est (ou semble être) difficile alors on se retrouve à rester tel quel et à palier cette incohérence intenable par du – déni -, ce « refus de voir ». « Non non je ne vais pas mourir », « non non pas la peine d'en parler », « on va mourir, c'est pour çà qu'il faut profiter » sous entendu « profiter bêtement », profiter mais futilement, dans le cadre de ce qui est permis, profiter mais au sein d'une vie insatisfaisante, vidé de son contenu. J'appelle çà un mort-vivant, une vie non vécue.
On aurait tord de croire que cet « oubli », ce « refus » de la mort reflète un attrait positif pour la vie. Non, ce refus de la mort reflète l’absence de sens dans nos vies, et dès lors, la mort ne peut pas être un sujet sérieux à traiter, car sinon ce vide de sens nous éclate à la tronche et la vie devient invivable.
L'esquive ici est de faire de la mort un non-sujet, un sujet tabou, une perte de temps d'en parler, si ce n'est de lancé un rapide « je profite de la vie » à défaut d'un mûri « je donne du sens à ma vie ».
« J'ai trouvé le reste du message assez agréable à lire, mais l'idée qu'il véhicule reste somme tout assez sommaire et rapide à expliciter. ^^
Même si les messages visant à faire prendre conscience de quelque chose sont souvent répétitifs, afin d'être percutant au possible. Au moins, le message rentre. »
=> En effet je me répète, mais faut pas lire mon topic comme on lirait les derniers titres du journal, « page 1 mouais, voyons page 2 … », ne pas le lire en cherchant "ouais ouais bon c'est quoi l'idée principale".
Il faut le lire au calme, le déguster, ne pas être presser. Mes répétitions ne doivent pas être lus comme de simples redites, mais comme une manière différente de comprendre et d'ingérer le message.
Faut que ce soit, avant tout, du plaisir.
« Je n'ai pas compris en quoi elle possédait le passé par contre ? »
=> Je définis la mort comme la – non-existence -, ainsi la vie est entouré de non existence (de non-vie, de mort), que ce soit avant ou après la vie.
La seule différence entre l'avant-vie et l'après-vie, c'est que dans le premier çà n'est pas un sujet, et que dans le second, on appel çà la mort et on en fait tout un problème
« vivez chaque jour comme s'il était le PREMIER de votre vie »
=> Selon moi, il faut vivre comme si chaque instant était une vie à lui seul. Ce moment, ici et maintenant, est éphémère, il ne se reproduira plus jamais. Et donc il est le premier ET le dernier.
C'est une invitation à célébrer l'instant, au delà même de l'idée de la mort de l'être, c'est la mort de l'instant qui est en jeu.
L'instant de vie, une vie d'instants.
VIVEZ CHAQUE INSTANT