Mais ça t'enlève une liberté en tant que tu es nécessité par cet être de petit blanc d'1m50, au-delà de la noblesse de "la recherche d'une vérité première", si mon idéal est d'être black, je ne le serai jamais. Tu conçois la liberté comme un immense bloc de marbre pendant toute la durée de son existence, mais dès lors que tu commences à le faire ressembler à quelque chose, il ne pourra plus ressembler à d'autre chose.
Le black n'est pas plus libre que toi, mais vos deux possibles diffèrent, je ne pose pas le grand noir comme étant plus libre, mais si ton idéal est d'être ce grand noir, tu ne l'atteindras jamais et c'est en ce sens que tu es déterminé.
Parlons du passé puisque ces exemples ne semblent pas te convaincre, comment fais-tu pour t'extirper de la nécessité du passé, n'ayant aucun pouvoir sur lui ? C'est pourtant bien toi ce passé, c'est toi qui a fait ce choix de tuer un homme / de devenir médecin / d'être philosophe, et tu auras beau regretter autant que tu voudras ces actes, ils sont bien constitutifs de ton être, tu ne peux plus revenir dessus ; comment, dès lors, penser que nous ne sommes pas soumis à quelque nécessité ? En faisant un choix, tu t'en interdis d'autres, et ne pourras plus jamais revenir sur ce choix. Ce choix, que tu as accompli dans toute ta liberté, te détermines en tant qu'il t'interdit des possibles, en t'en ouvrant d'autres en même temps. Mais tu ne peux pas éviter ces deux faits : je choisis de collaborer, ça me permet de toucher de l'argent quand je dénonce un juif ; si j'avais choisi de résister, j'aurais pu prétendre à être un héros national. Des libertés s'annihilent cependant que d'autres se créent, mais ça n'empêche que tu n'auras plus jamais accès à ces libertés annihilées, qui deviendront éventuellement les bases d'un idéal qui te sera devenu inaccessible, ces choix t'auront déterminé.
Là je te parles concrètement, bien loin des idées "absolues". Je te parle de vie pratique.