Et si l'être de la conscience de soi n'était à l'origine que l'être de soi ? Et que la conscience née de la culture n'était qu'une perversion de l'être de la conscience face à l'être de soi, c'est à dire la tendance à se créer des handicaps dans le cadre de la recherche de soi devenant tortueuse ? L'interdit psychique devient alors interdit indépendant du psychisme.
Dans les méandres de la culture née par le langage, la proposition est devenu pour la conscience l'être de l'objet, par le déplacement des rapport entre cette conscience d'être d'objet. Autrement dit, par la phrase, le dialogue, nous avons déplacé l'être de soi destiné à l'être de l'objet en modifiant notre propre position, notre propre conscience dans une construction psychique nous éloignant de manière interne de l'être de soi pour l'objet.
L'être de soi pour l'objet, l'objet étant ce qui peut par exemple être recherché, ne sert alors plus à l'objet, il sert, pour un objet autre que celui pour lequel il est destiné : il y a injustice du soi. La culture est donc nécessairement la marge d'erreur née du décalage entre l'être de la conscience de soi, et l'être de soi. Ou plutôt la conscience est le fruit de ce décalage.
En sommes, soi est devenu autre, il est devenu par exemple l'être du monde : défendre des idées revient à les prendre pour des êtres, dans la paresse soi-même devient une contrainte, la fermeté transforme l'individu en roc, la raison a une emprise sur l'affect par la hiérarchie, croire en une immortalité pendant ou après la vie,...bref, les exemples ne manquent pas. Tout le problème revient alors à avoir cru que la conscience de soi était ce qui rencontre le monde, alors que c'est en réalité un rôle destiné qu'à l'être de soi.
Pouvons-nous dire dans ce cas, de manière assez pessimiste, que l'élévation de la conscience n'est que accentuation dans la perversion ? Que la spiritualité est elle-même un vice dans le sens où son but n'est que de faire rater la réalité pour elle-même, usant le moyen pour le moyen dans un cercle vicieux infini ? L'élévation serait alors une régression et ce qui est considéré comme bas par la spiritualité, tel que le corps ou le monde matériel serait la seul réel élévation, non pas pour la conscience, mais pour l'individu, être de conscience comprise.
Et donc, l'essence de l'esprit n'est autre que l'être physique de soi.