En lisant catsoldier, et selon ma propre pensée, il me semble qu'il faut simplement arrêter de se demander si être normal vaut le coup puisque la puissance qu'opère la normalité au sein de la société n'est que collectif et non individuel ; par conséquent, personne n'est normal seul mais tout le monde suit certaines normes en société. Si vous ne crachez pas sur toutes les personnes que vous voyez, si vous ne vous mettez pas à les frapper sans raison ou tant que vous ne leur causez aucun tord, en bref si vous savez vivre en société sans emmerder votre entourage, alors vous êtes normaux point.
La normalité se définit collectivement. Inutile de se demander si vous êtes normaux. Si vous ne l'étiez pas, vous seriez en prison ou en asile (ou vous ne tarderiez pas à l'être en tout cas). Etre normal ne signifie pas être commun mais vivre au sein d'une communauté. Etre normal ne sous-entends donc pas de perdre son individualité, ni de l'intégrer à un quelconque groupe mais plutot de s'en accommoder et de faire avec, de s'adapter en quelque sorte.
En s'adaptant à une normalité définit par le groupe, on intègre dans la continuité ces normalités qui finissent néanmoins par se modifier avec le temps (autre temps, autres moeurs) selon certaines variables (gouvernements, technologies, relations entre les pays...). En fait, elles fluctuent sans arrêt selon l'évolution de la société et selon la géolocalisation. Par exemple, on ne trouve pas "normal" ici de vénérer les vaches alors qu'en Inde ce sont des animaux sacrés. C'est aussi pour ça qu'il ne faut surtout pas se "fondre" dans la normalité : parce qu'elle est changeante, parce qu'une personnalité, par nature complexe, ne peut s'y fondre qu'en se simplifiant à l'excès et ainsi ne plus se définir que comme faisant parti d'un tout alors que le fait même de faire parti d'un tout ne censure pas nécessairement l'individualité.
Quant à la perfection, elle n'est ni synonyme de normal ni d'anormal, ni d'individuel ni de collectif, ni de fou ni de sain... Etre normal est effectivement suivre une norme sans nécessairement la devenir mais le "normal" n'est jamais parfait à cause justement des différences d'individualités qui la composent.
Conséquence : tout le monde (ou presque) est normal, dont nous, mais personne n'est commun. Après, tout est une question de degré mais tu ne peux jamais être totalement normal ni totalement anormal, il y a forcément une cohérence dans la manière d'agir ou de faire les choses et cette cohérence amènera à des aléas différents selon l'individu, ce qui est incompatible avec une normalité parfaite. C'est à toi de décider comment composer harmonieusement ta manière d'être avec la manière d'être du reste du monde.