« La notion de souveraineté n'a rien d'imaginaire, c'est une constante de l'histoire humaine. Même ceux que l'on appelait "sauvages" avaient des lois et des chefs »
Rien n’est moins sûr. Les tribus reculées encore vivantes découvertes récemment montrent des microsociétés sans pouvoir, et sans appareil juridique. Sans chef ou alors avec un « père » de famille au sens légèrement plus large (non autoritaire qui ne prend pas de décisions, simple figure historique du groupe). Elles ont les mêmes caractéristiques que les chasseurs-cueilleurs d’autrefois.
Les chasseurs-cueilleurs vivaient dans des conditions primaires où les tâches étaient organisées de manière à subvenir aux besoins de la tribu, ils n’y a pas d’autorité directive, pas de souverain, que des humains membres égales du groupe.
Ils n’y avaient pas de récoltes, donc pas de propriétés de terres, et pas de gestion des stocks (ayant conférer un pouvoir de distribution). Pas de biens ou de richesses spécifiques donc pas de riches/pauvres.
La notion de souveraineté n’est donc pas indéboulonnable car elle dépend des conditions de vie. Bien sûr, il n’est ni intéressant ni envisageable de revenir à l’âge de pierre, mais celui-ci montrent les caractéristiques d’une société prospérant sans souverain : l’absence de propriété privée (=/= de l’intimité), accès libre aux biens (mais sans gaspillage et sans abus flagrant), égalité et justice primordiale d’une société non hiérarchisé et sans classe.
« Pour moi je fais très clairement partie des "enfants", car je n'ai pas reçu des circonstances la vocation de commander ; j'essaie donc d'occuper au mieux ma place sans chercher à m'en attribuer une plus élevée par force ou par ruse. »
Tu vois c’est ce que je n’aime pas dans la hiérarchisation :
1) la première partie de ta phrase me laisse un gout amer pour 2 raisons. D’abord, quelles sont les circonstances si spécifiques qui te dégradent vis-à-vis des dirigeants ? (ceux-ci étant généralement bêtement formés aux écoles du pouvoir) et surtout quelles sont les compétences utiles des dirigeants ? Ils n’en ont pas.
Par le simple fait, et j’en arrive à ma deuxième raison, qu’aucun homme ne peut prétendre être si « parfait » pour diriger des millions d’autres (y’a pa que des cons, y’a des artistes, intellectuels, savants, génies, scientifiques brillants …), il ne faut pas chercher loin pour trouver un homme plus utile au monde qu’un Sarkozy, Merkel, Bush ou autres. Si le souverain n’a pas de qualité réellement utile, c’est qu’il n’est là que pour défendre des intérêts (économiques, territoriaux …) d’une nation ou d’une institution (PDG de multinationales …)
-la société, même hiérarchique, est le fruit de toutes ses individualités. Tu peux donc, quelques soit tes compétences, participer à celle-ci : inventer, créer, réfléchir, rêver, dialoguer, échanger … tout cela est créatif et participe à changer quelque chose, peut être bien plus qu’un chef d’état empêtré dans les arcanes du pouvoir et le maintien du statut-co.
« Obéir à ses supérieurs relève des devoirs fondamentaux de l'homme ; s'il le fait, ce n'est pas pour un intérêt quelconque, mais parce que ceci est raisonnable et participe à la bonne marche de la collectivité. Pour reprendre l'image de la famille, quant les enfants doivent obéir à leurs parents, ce n'est pas d'abord parce que ça leur apporte une récompense immédiate, mais pour la bonne marche de la cellule familiale. Cela ne veut pas dire qu'il faille obéir à n'importe qui n'importe comment ; il faut du discernement »
J’ai presque eu un frisson en lisant les premiers mots.
Tu reprends l’image de la famille où les enfants obéissent aux parents : les enfants obéissant PARCE QUE c’est l’ordre de leur parents et non parce qu’ils ont compris, intégrer POURQUOI ils devaient obéir. Les enfants sont soumis à l’ordre (donc irréfléchie, seulement agis), et non convaincue par l’IDEE.
En suivant ce principe à la société, les « enfants » (le peuple) doivent obéir par le principe unique que c’est l’ordre des parents (institutions supérieures).
Ensuite tu nuance en disant qu’il faut du discernement. Tu montres exactement que ce n’est pas tant l’autorité qui doit être suivis mais l’idée/le projet réfléchis et partagés à hauteur d’homme et non d’une supériorité hiérarchique.
L’enfant n’a pas ce discernement puisqu’il est en construction, en apprentissage, c’est pourquoi l’image de la famille n’a pas lieu d’être à l’échelle globale car comme tu l’as dit « il faut du discernement ».
Tu ne peux pas demander à la fois d’être soumis aux parents, et d’avoir du discernement, c’est incompatible, il faut choisir. Un enfant qui n’obéis pas à ses parents est jugés de désobéissant, ce qui est péjoratif, on ne dis pas « qu’elle belle preuve de discernement ».
« il ne faut pas chercher à détruire l’Etat, parce que sinon on court le risque de la guerre civile... (cf empire romain …). »
Bien sûr il faut accompagner la dissolution de l’Etat par d’autres grandes modifications structurelles. (par exemple : coopération remplace la compétition, refus catégorique d’une prise de pouvoir de certains …).
« Perso je me sens plus français que thaïlandais ou coréen, après... »
Une fois dépassés ces différences, nous sommes tous hommes. Là où tu vois une différence je vois une richesse.
C’est une question d’affinités. Es-tu plus rock ou pop ? plus foot ou danse ? rouge ou vert ? sushi ou macaroni ? cela n’empêche en rien une entente fraternelle.
Tu parlais d’unité nationale, et l’unité internationale ? Tu es si proche que çà de chaque français ? non et pourtant tu défends la nation, c’est pourquoi « mon pays est le monde »
« Pour que l'anarchie soit viable, il faudrait que tous les hommes soient ou des dieux ou des saints, ce qui n'est pas le cas, ce qui ne sera jamais le cas.. »
On disait aussi que les nègres ne seraient jamais aptes à assumer leurs responsabilités, quel seule les sangs royales sont capables de gouverner …
L’anarchie est envisageable si d’énormes institutions et normes sociales tombent, et pas seulement décréter demain que chacun fais ce qu’il veut.