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Liste des sujets

L'anarchie ?

steppingstone
steppingstone
Niveau 8
27 mars 2012 à 02:40:31

L'anarchie est une utopie, un idéal. En tant que tel, j'y adhère, mais je sais que ce système serait insensé une fois mis en application et peu viable... Le pouvoir, l'organisation, sont dans la nature humaine et reprendraient vite leurs droits.

Convoy1978
Convoy1978
Niveau 3
27 mars 2012 à 04:50:05

« Le pouvoir, l'organisation, sont dans la nature humaine et reprendraient vite leurs droits. »

C'est un peu cet argument de toi et de Balian_Ibelin et que personnellement je ne digère pas. Qu'est-ce qui vous rend autant certain qu'il existe en la société une éternelle supériorité de cet encadrement qui abandonne l'espoir à des fausses folies ?

La vie n'est pas uniquement un exploit social non-plus, c'est plus que ça.

steppingstone
steppingstone
Niveau 8
27 mars 2012 à 12:35:38

Je le sais, crois moi c'est une chose que je répète aussi assez souvent! Mais ça n'est pas non plus une longue route solitaire... L'homme a souvent eu besoin de se regrouper pour réaliser des choses, bonnes ou mauvaises, c'est ce que je voulais dire. Il pense beaucoup à la gloire qui résiste au temps, construit des pyramides pour prouver aux générations futures la grandeur de sa civilisation...

Même si on peut tout à fait être solitaire au milieu de la société, mais difficile d'être heureux dans ces conditions, ou alors il faut être un sacré roc. :pf:

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
27 mars 2012 à 14:08:45

Il y a deux définitions de l'Anarchie :
celle des amateurs qui fantasment dessus, et qui assimilent l'anarchie au chaos.
Et celle des théoriciens de l'anarchie.
J'aime citer Joseph Proudhon : "L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir".

Donc une société organisée sans pouvoir centrale : ni Etat, ni gouvernement.

Je pense que c'est une utopie intéressante mais irréalisable.
Comme Hobbes, et d'autres ici, je pense que "L'homme est un loup pour l'homme".
C'est vrai que c'est culturel, comme le dit Convoy, mais pas seulement, selon mon point de vue. L'homme recherchera toujours son intérêt propre (ce qui est logique).

La société, en même temps, ce n'est pas qu'un agrégat d'individus soumis à des institutions politiques : c'est elle par exemple, qui permet l'acheminement du pétrole qu'on met dans nos tracteurs et qui permet de moissonner dans nos fermes, et de produire la nourriture nécessaire à notre survie, qu'elle soit prise d'un point de vue individuelle ou collective.
Elle participe tout simplement à rassembler les conditions basiques nécessaires à l'organisation de notre vie quotidienne.
Elle permet des échanges par le dialogue entre voisins : une discussion entre amis, c'est aussi ça, la société.

Anarcapisme
Anarcapisme
Niveau 20
27 mars 2012 à 19:25:58

L’anarcho-capitalisme = le libéralisme économique

:d) Non ça se réduit pas à ça.

Gremy39
Gremy39
Niveau 7
27 mars 2012 à 20:09:46

L’absence de structure social n'empêche personne de s’entraider. Je pense qu'une anarchie est possible uniquement dans un monde sans argent, sans aucune forme de rémunération. Ca serait juste des services rendu, sans rien attendre en retour. Ca ne serait meme pas un échange de service contre un autre.
Tout ca pour dire que l'anarchie ne serait pas un "système" qui divisent les hommes, chacun de son coté. Mais plutot, tous ensemble en agissant sans attendre en retour.

Sangleretour
Sangleretour
Niveau 8
28 mars 2012 à 02:05:05

« L’Homme pense beaucoup à la gloire qui résiste au temps, construit des pyramides pour prouver aux générations futures la grandeur de sa civilisation... »

:d) Les pyramides sont sembles-t ’il des constructions servant les croyances mystiques de l’époque vis-à-vis des Dieux (correspondances astronomiques), de la relation de la vie après la mort du souverain (egypte antique). Il est peu probable que prouver quelque chose aux générations futures soient une motivation notable, surtout de nos jours où les superstitions sont moindres qu’à ces périodes.

« L'homme recherchera toujours son intérêt propre (ce qui est logique) »

:d) En premier lieu, la culture de la compétition devrait céder sa place à celle de la coopération.

Double avantage puisque premièrement éduquer à la coopération désamorce à la base les « micro-conflits » : le conflit sera vécu comme une anomalie à résoudre, au lieu d’un comportement normale et positif.

Deuxièmement, parce que l’intérêt de l’individu se trouve précisément dans la réussite de la société : l’individu à intérêt que la société soit dans l’ensemble performante à la résolution des problématiques humaines vitales (alimentation, transport, énergie, médecine, connaissance globale etc …) pour ainsi bénéficier de bonnes conditions de vie et d’un environnement favorable à l’apprentissage, l’épanouissement, la liberté, la découverte etc.

De même, l’individu a intérêt à ce que l’ensemble des autres membres de son espèce soit « heureux » (vous aimez vivre avec des gens tristes et haineux ou drôles et intéressants ?).

Cela induit également qu’une société inégalitaire où l’enrichissement personnel domine, est contre-productif pour tout le monde : les classes inférieures cours après le mythe inachevable de l’ascension sociale (ascension =/= accomplissement, par conséquent l’ascension sociale est contradictoire avec l’accomplissement social), pendant que les classes aisées vivent une parodie de relations humaines (les autres sont soient des serviteurs, soit des possibles profiteurs intéressés, elles développent un sentiment de supériorité …).
Plus les inégalités sont grandes, plus le malaise social s’installe, puisque chacun n’est jamais à une place réellement désirable (inaboutie pour beaucoup, et déconnectée pour les « riches »)

anarcapisme
:d) L’anarcho-capitalisme soutient sans limite la propriété privée, est peu sensible à la justice sociale, et veut supprimer l’Etat (là où le libéralisme veut le limité au maximum). C’est une variante du libéralisme économique rien de plus.

« Je pense qu'une anarchie est possible uniquement dans un monde sans argent, sans aucune forme de rémunération. »

:d) Oui, puisque l’anarchie refuse les institutions autoritaires, l’argent en fait partis.

Balian_Ibelin
Balian_Ibelin
Niveau 6
28 mars 2012 à 15:32:01

« Tu fais une grave erreur selon moi, car tu compares la société à une famille avec des parents et des ENFANTS. Sauf que dans la société il n’y a pas d’hommes-parents ou d’hommes-enfants, tous les hommes sont égaux. »

:d) Ah, voilà bien un postulat à argumenter : "les hommes sont égaux".

Je ne crois pas à ce dogme.

Si tous les hommes sont égaux d'un point de vue ontologique, ils ne le sont pas dans les fonctions temporelle (ou politiques) : toujours il y aura des hommes pour commander et d'autres pour obéir, cela s'observe aujourd'hui, s'est observé hier et s'observera demain.

Je peux donc parfaitement utiliser l'image de la famille en parlant de la société : les "parents" sont ceux qui gouvernent et les "enfants" ceux qui sont gouvernés.

« Il ne faut donc pas transposer le rapport parent-enfant à la société qui est une société d’adultes. »

:d) Si individuellement on a à faire à des adultes, pris en bloc, les gouvernés ne laissent pas d'être des enfants, car ils ne raisonnement la plupart du temps que selon des intérêts particuliers, ce qui est contraire à la notion de bien commun. Il n'y a qu'à voir le pitoyable spectacle que nous offre notre ridicule campagne électorale.

« Je suis en total opposition à la suite de tes propos …
De plus, la souveraineté est censé civilisé les hommes ? N’est-ce pas les responsables des tribus, royaumes, empires, nations qui se déclarent la guerre ? Elles sont belles les institutions civilisées. »

:d) Vous mélangez les choses : si les nations, individuellement, sont des sociétés civilisées ayant extrait l'homme de l'état de nature (si tant est que cet état mythologique ait existé), je n'ai pas dit que d'un point de vue international on se soit élevé à la "société civile des nations". Il reste à voir si une forme de souveraineté mondiale est possible et imaginable... On a essayé des choses avec la SDA et l'ONU, mais on est encore loin du but.

En fait, si l'anarchie ne s'est jamais vue à l'intérieur des sociétés particulières, on a pu la voir à l'œuvre à l'échelle mondiale. Au lieu de vouloir faire passer l'anarchie au niveau des États, c'est le contraire qu'il faut envisager : faire passer l'autorité dans la sphère internationale pour œuvrer dans le sens de la paix et de l'équilibre.

Sangleretour
Sangleretour
Niveau 8
29 mars 2012 à 16:48:17

« toujours il y aura des hommes pour commander et d'autres pour obéir, cela s'observe aujourd'hui, s'est observé hier et s'observera demain. »

:d) Oula on est dans le dogme et le prophétique. Et tu te mets dans quel catégorie, ceux des « enfants » qui obéissent servilement ou ceux des « parents » dignes de contrôler les vies des autres ?
Et puis obéir à quoi en fait ? Il n’y aucune gloire à obéir à une figure hiérarchique, si ce n’est une soumission volontaire; aucune utilité si ce n’est cautionner implicitement (et involontairement) la défense des intérêts d’une institution (entreprise ou état). :snif:

« Si individuellement on a à faire à des adultes, pris en bloc, les gouvernés ne laissent pas d'être des enfants, car ils ne raisonnement la plupart du temps que selon des intérêts particuliers, ce qui est contraire à la notion de bien commun. Il n'y a qu'à voir le pitoyable spectacle que nous offre notre ridicule campagne électorale »

:d) Je vois une incroyable contradiction. Tu parles des individus aux intérêts particuliers peu scrupuleux du bien commun mais tu critiques la campagne électorale alors que celle-ci a vocation à s’occuper du bien commun. Alors selon toi qui doit gouverner ? :question:

Comment répartissons-nous les citoyens-enfants et les citoyens-adultes ? loi du plus fort, du plus ambitieux ? Ca ne respire pas la démocratie mais plus une sorte de « ségrégation hiérarchique-citoyenne ». Toi tu gouverne, toi tu obéis ! (autant dire que ce sera toujours "toi tu obéis" :diable: )

Enfin, les gouvernements défendent précisément les intérêts particuliers de leurs nations et non le bien commun.
Il n’y a qu’à voir les budgets militaires, les services d’espionnage/renseignements, l’hypocrisie diplomatique, les ventes d’armes des pays « civilisés » (France, Etats-Unis …) … Pourquoi je devrais cautionner une entité nationale au vue de ces actions internationales, comment peut tu tolérer cette imposture ? :-(( « Mon pays est le monde … » comme disait Thomas Paine.

« En fait, si l'anarchie ne s'est jamais vue à l'intérieur des sociétés particulières, on a pu la voir à l'œuvre à l'échelle mondiale »

:d) Non. Ce dernier passage est très important car tu n'a pas compris ce qu'est l'anarchie.

Ce que l’on peut voir à l’échelle mondiale c’est l’ANOMIE : désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social (définition wikipedia). Autrement dit le bordel, la loi de la jungle … :)

Avec l’anarchie il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif (définition wikipedia). La "société civile des nations" rentre complètement dans ce cadre :ok: :ok: :ok:

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
29 mars 2012 à 22:19:54

Puisqu'on parle d'anarchie et de démocratie, je ne résiste pas à la tentation de citer mon grand ami Mr. Alexis de Tocqueville :

""
Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, pré voyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs. principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à tou tes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.

(...)

Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.

Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.

Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.

(...)

Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l’oppression qu’il fait subir aux individus est quelquefois plus grande ; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu’on le gêne et qu’on le réduit à l’impuissance, peut encore se figurer qu’en obéissant il ne se soumet qu’à lui-même, et que c’est à l’une de ses volontés qu’il sacrifie toutes les autres.

(...)

Balian_Ibelin
Balian_Ibelin
Niveau 6
29 mars 2012 à 22:22:59

« Oula on est dans le dogme et le prophétique. Et tu te mets dans quel catégorie, ceux des « enfants » qui obéissent servilement ou ceux des « parents » dignes de contrôler les vies des autres ? »

:d) C'est un simple constat : la notion de souveraineté n'a rien d'imaginaire, c'est une constante de l'histoire humaine. Même ceux que l'on appelait "sauvages" avaient des lois et des chefs. Sur cette question, je préfère me fier à la réflexion d'Aristote plutôt qu'aux idées téméraires des anarchistes.

Pour moi je fais très clairement partie des "enfants", car je n'ai pas reçu des circonstances la vocation de commander ; j'essaie donc d'occuper au mieux ma place sans chercher à m'en attribuer une plus élevée par force ou par ruse.

« Et puis obéir à quoi en fait ? Il n’y aucune gloire à obéir à une figure hiérarchique, si ce n’est une soumission volontaire; aucune utilité si ce n’est cautionner implicitement (et involontairement) la défense des intérêts d’une institution (entreprise ou état). »

:d) Il n'est pas question de gloire. Obéir à ses supérieurs relève des devoirs fondamentaux de l'homme ; s'il le fait, ce n'est pas pour un intérêt quelconque, mais parce que ceci est raisonnable et participe à la bonne marche de la collectivité. Pour reprendre l'image de la famille, quant les enfants doivent obéir à leurs parents, ce n'est pas d'abord parce que ça leur apporte une récompense immédiate, mais pour la bonne marche de la cellule familiale.

Cela ne veut pas dire qu'il faille obéir à n'importe qui n'importe comment ; il faut du discernement ; mais en ce qui concerne l'État, pris au sens large, cela est juste et bon de lui être soumis pour le bien commun.

« Je vois une incroyable contradiction. Tu parles des individus aux intérêts particuliers peu scrupuleux du bien commun mais tu critiques la campagne électorale alors que celle-ci a vocation à s’occuper du bien commun. Alors selon toi qui doit gouverner ? »

:d) Bah le problème c'est que les candidats à la présidence de la République, sauf exception rare, n'ont pas en vue le bien commun mais leur propre intérêt et celui de leur clientèle. Le but c'est d'être populaire et de se faire élire, pas d'œuvrer pour la chose publique (parce que ça ne se voit pas). Mais ils sont très habiles : il poussent leurs pions (officiellement au nom du peuple), et cela au nez et à la barbe des Français qui sont très contents et votent pour eux. Cette politique spectacle est proprement écœurante et ne répond pas aux exigence d'une politique au service du bien public.

« Comment répartissons-nous les citoyens-enfants et les citoyens-adultes ? loi du plus fort, du plus ambitieux ? Ca ne respire pas la démocratie mais plus une sorte de « ségrégation hiérarchique-citoyenne ». Toi tu gouverne, toi tu obéis ! (autant dire que ce sera toujours "toi tu obéis" :diable: ) »

:d) On ne les répartit pas, ils se répartissent eux-mêmes selon les circonstances et le mérite de chacun, et rien n'empêche qu'il y ait du brassage entre les citoyens-adultes et les citoyens-enfants. Cela pose néanmoins la question des emplois publics, qu'il est impossible de traiter ici rapidement.

« Enfin, les gouvernements défendent précisément les intérêts particuliers de leurs nations et non le bien commun.
Il n’y a qu’à voir les budgets militaires, les services d’espionnage/renseignements, l’hypocrisie diplomatique, les ventes d’armes des pays « civilisés » (France, Etats-Unis …) … Pourquoi je devrais cautionner une entité nationale au vue de ces actions internationales, comment peut tu tolérer cette imposture ? »

:d) Encore une fois, il ne faut pas mélanger le national avec l'international. L'État national garantit (du moins est censé le faire) la paix civile entre les citoyens : voilà pourquoi il ne faut pas chercher à le détruire, parce que sinon on court le risque de la guerre civile... Cela s'observe, en histoire, à chaque fois que la puissance de l'État s'affaiblit : l'affaiblissement de l'Empire romain a entrainé les pires désordres, comme l'effritement de l'Empire de Charlemagne ou celui des Byzantins.

D'autre part, l'État est l'émanation même de la nation : il est impossible d'avoir une nation, un peuple, sans un pouvoir politique pour le régir et réaliser ses aspirations nationales ainsi que son unité.

« Avec l’anarchie il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif (définition wikipedia). La "société civile des nations" rentre complètement dans ce cadre »

:d) Oui mais ces pouvoirs politiques, pris individuellement, sont bien coercitifs... Ou alors il faudrait que les hommes soient toujours d'accords, agissent de la même manière et pensent de façon identique, ce qui est un peu irréaliste... Sans pouvoir coercitif, il est impossible d'établir des lois et de les faire respecter, et pourtant, le pouvoir législatif est bien un attribut essentiel de toute souveraineté politique.

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
29 mars 2012 à 22:27:31

(suite du message précédent !)

""
Je vois bien que, de cette manière, on conserve l’intervention indi vi duelle dans les plus importantes affaires ; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dange reux d’asservir les hommes.

(...)

La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point ; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté. Elle éteint ainsi peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l’obéissance, qui n’est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, mais très rares, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes.

(...)

Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire ; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, éner gique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d’un peuple de serviteurs.

(...) ""

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
29 mars 2012 à 22:28:57

voilà, vous trouverez une citation plus complète de ce texte issu de "De la démocratie en Amérique, Tome 2", par ici :

Je pense que cette nouvelle période électorale est un bon moment pour revenir à ce texte et le méditer, et, en même temps,
pour s'interroger sur les fondements de notre démocratie et réfléchir sur le concept d'anarchie..!

edophoenix
edophoenix
Niveau 36
29 mars 2012 à 22:32:20

Bon, ben, le site refuse mon lien url, en prétextant qu'il contient des mots interdits..!
Désolé, donc, de ne pouvoir vous renvoyer vers la page du texte complet...

saintpierre
saintpierre
Niveau 8
29 mars 2012 à 22:51:19

"L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir".
Parfaitement possible mais sans oublier que c'est l'homme qui change la société et non l'inverse.

Balian_Ibelin
Balian_Ibelin
Niveau 6
29 mars 2012 à 22:55:27

« « Mon pays est le monde … » comme disait Thomas Paine. »

Perso je me sens plus français que thaïlandais ou coréen, après... :sarcastic:

[Mikasa]
[Mikasa]
Niveau 10
30 mars 2012 à 01:32:47

pourquoi l'anarchie n'est-elle pas viable?.... Bonne question :)

Je dirais que l'anarchiste est idéaliste de nature et à tendance à trop faire confiance en l'homme....

Mais l'homme a crée ça :d) http://www.youtube.com/watch?v=LgA1YaKBLv8&feature=relmfu

Donc je pense que l'Anarchie est une utopie :oui:

saintpierre
saintpierre
Niveau 8
31 mars 2012 à 11:25:07

L'anarchie n'est possible que si chaque homme est mâitre de lui même, ce qui n'est actuellement pas le cas.

Balian_Ibelin
Balian_Ibelin
Niveau 6
31 mars 2012 à 12:46:11

Oui voilà, en fait, pour que l'anarchie soit viable, il faudrait que tous les hommes soient ou des dieux ou des saints, ce qui n'est pas le cas, ce qui ne sera jamais le cas...

Un État coercitif est donc nécessaire pour permettre la société, et comme il n'y a pas de société organisée sans État (ou alors ça reste à inventer), on peut dire que l'État est aussi naturel à l'homme que son caractère social. Donc l'anarchie est "contre-nature".

Anarcapisme
Anarcapisme
Niveau 20
31 mars 2012 à 16:02:54

Oui voilà, en fait, pour que l'anarchie soit viable, il faudrait que tous les hommes soient ou des dieux ou des saints, ce qui n'est pas le cas, ce qui ne sera jamais le cas...

:d) Ça c'est bien le gros problèmes des anarchistes " libertaires " s'opposant à la propriété privée, l'anarcapisme de nécessite en aucun cas que tous les Hommes soient bons...

"Un État coercitif est donc nécessaire pour permettre la société, et comme il n'y a pas de société organisée sans État (ou alors ça reste à inventer), on peut dire que l'État est aussi naturel à l'homme que son caractère social. Donc l'anarchie est "contre-nature""

:d) On peut supposer que dans une anarcapie où il y a donc propriété privée, suite à la suppression de l'Etat des entreprises privées y verraient ici un marché libre et y proposeraient donc les mêmes services qu'avant, pour assurer la sécurité des individus etc puisqu'il va y avoir une demande en ce sens de la part des individus. Je rappelle qu'une anarcapie a duré 3 siècles en Islande médiévale.

Concernant la nature et l'Etat, je sais pas si une société sans Etat serait contre-nature au premier sens du terme, mais ce qui est sûr c'est que ça serait la société défendant le plus ardemment les droits naturels de l'Homme ( ce qui est différent de la nature, je parle donc pas des droits naturels de Rousseau , qui n'a rien compris d'ailleurs à ces droits, mais je fais plutôt référence à Locke ( et donc à Rothbard).

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