Le Cogito de Descartes est une expérience de pensée. Elle n'est pas à prendre au pied de la lettre. C'est un exercice qui permet de comprendre qu'une des seules certitudes valables pour une subjectivité est celle de sa propre existence. Descartes ne s'arrête pas au Cogito. Il a très bien compris que s'en suffire enfermerait l'individu dans l'écueil du solipsisme. Il se sert du Cogito afin de recentrer la philosophie sur l'homme à partir duquel il va reconsidérer les grandes questions philosophiques.
On pose souvent les sentiments et les sensations comme trompeurs. Mais que dit-on de leur tromperie ? Qu'ils sont le résultat d'une illusion de notre esprit, qu'ils ne sont pas un accès direct à la réalité. Ce n'est pas tant sur notre existence qu'ils nous trompe mais sur leur objet. Nous ne possédons pas la preuve immédiate que l'objet que je ressens soit réellement présent, on peut admettre que c'est un stimulus rétro-activé par mon esprit. On ne peut pas obtenir d'authentification que ce sentiment de joie que j'éprouve soit causé la situation dans laquelle je suis, il peut être le fruit de données inconscientes qui m'échappent, ou encore, il peut être tel un effet placebo pour atténuer une situation qui me déplaît.
Néanmoins, dans tous les cas, le fait que je sois conscient de mes sensations ou de mes sentiments n'enlève rien au fait que j'existe. On est dans le même cas de figure que celui avec le Malin Génie pour les pensées claires et distinctes, seulement ici on a affaire au monde ou à notre propre intériorité.
En clair, même si nos sensations ont quelque chose de trompeurs, il n'en reste pas moins qu'ils ont leur part de réalité.