Je préfère ici pour le moment, je ne suis pas très fan des topics, je n'en fais quasiment jamais
Mort, mort, mort... je suis déjà mort. Mon cœur se refuse à aimer, mon âme est dépêtrée d'humanité. De cet inconvénient d'être né, de cet inconvénient de vivre, de cette libération de mourir, j'erre sur terre avec la chance d'être un antagoniste aux yeux du monde. Nous associons habituellement la naissance au miracle, au mirifique du vivant : l'être est expulsé brutalement de son antre maternelle, son corps est confronté à l'oppression terrestre. Pleure petit, déplie tes voies respiratoires, hurle tes peurs, bienvenue sur Terre. Nous ne t'avons pas laissé le choix, tu es contrains de vivre, tu écopes d'un contrat avec l'existence, avec en guise de mensonge l'assurance de la liberté, du Droit Naturel , si bafoué malgré son inscription inaliénable sur notre Constitution. Foutaises ! Comment ériger un projet libre à partir d'une base où l'impuissance de nos choix était aussi évidente que le néant nous traversait l'esprit ? A croire que le binaire chance/malheur est un pléonasme, j'en finis par croire que nous ne sommes qu'un amas de paradoxes.Comme si l'homme tentait d'échapper à sa décrépitude en valorisant sa déviation envers les principes de l'existence.Là où la mort devrait être une finalité agréable, elle ne suscite que fascinations diverses, toutes basées sur l'angoisse, la peur de l'insignifiance, et par conséquent le désir d'intérêt. Nous dissimulons ces craintes derrière des croyances à l'existence de forces occultes et surnaturelles, Dieu et son ternaire d'omniscience, immortalité et puissance, la réincarnation...tout un idylle égocentrique, comme si notre présence était essentielle à l'agencement de l'univers. Cette mort que l'on redoute tant dessine une directive à nos existences, nous pousse à agir, à franchir des étapes. L'homme, contrairement à l'animal, est doté de cette fameuse conscience, d'où la célèbre mais contestable citation je pense, donc je suis. . Comment est-il possible de considérer son existence sans reconnaissance ? L'homme n'existe que s'il est confronté au regard d'autrui, par conséquent sa pensée seule ne peut suffire à l'attester, l'homme est alors confronté à son problème majeur: qui suis-je ? .
L'être est néant, il ne se différencie pas de l'animal. Quoi de plus cocasse que de nier une similitude évidente ? Nous naissons, nous survirons, nous laissons nos corps en pâture. Nous procréons, nous perpétuons la vie, nous engendrons la mort, nous n'avons un rôle à jouer que dans un ensemble. L'homme n'existe que s'il sert, son essence le constitue mais elle ne précède pas l'existence: c'est en choisissant que l'on détermine ce que l'on est. En choisissant ce que l'on est, nous créons une image de l'homme tel que nous estimons qu'il doit être. Nous ne sommes rien d'autre que nos projets, une feuille vierge à combler avec un but analogue: la quête de sens. Manque de chance, la vie n'en a pas. Cependant, la mort est à nouveau mise en exergue, snobée et considérée comme une insignifiance surmontable. L'homme hypocrite ne s'y prépare pas, il ne fait qu'y penser, reporte ses projets sous le prétexte du temps. C'est alors que l'esprit vengeur de la mort reprend ses droits. Elle le frappe lorsqu'il ne s'y attend pas, lui et son ignorance. Mais que se passerait-il si toute mort était programmée ?
Il semblerait que la mort imminente pousse à agir. Sa connaissance change tout, à vrai dire, si tout en chacun avait la prescience de son jour, son heure exacte de rupture, cela remettrait totalement en question l'apophtegme de la vie. La mort est un rixe, baigné de peur, d'espoir, de persévérance, mais c'est aussi une ligne de repère. C'est ainsi que je vous propose de vous conter le combat d'une mort programmée.