"et alors que la foule, malade et hystérique, trépignait et gazouillait de tout son saoul, il se leva.
Majestueux et rayonnant, les autres, aveuglés par son image, lui offraient ce silence qui lui revenait de droit.
Écrasant mais rédempteur il venait de détruire d'une voix des années de folie."
Entendons-nous bien, ces 3 phrases sont d'un niveau et d'un style corrects mais sans ce qui l'accompagne il m'est impossible de me prononcer sur son fond.
Si tu me demandes simplement de juger ces phrases telles que tu les présentes, je te réponds qu'en l'état les termes employés et leur agencement donnent une impression d'artificialité, comme si celui qui avait composé ce texte n'était pas très à l'aise avec eux.
Bon et puis pour revenir à l'amorce de discussion sur la condition humaine, je crois qu'on est assez mal parti; Il ne s'agit pas de l'image que l'on se fait de je ne sais quoi. La condition humaine désigne l'ensemble des circonstances communes à tous dans lesquelles la vie est donnée aux hommes sur terre (natalité, mortalité, désir, raison, sensations, etc...).
La métaphysique, c'est une histoire un peu plus longue.
Les stoïciens ont pris pour habitude de diviser la philosophie en 3 grands domaines : la logique (du grec logos qui veut dire parole, discours, raison), l'éthique (du grec èthos, habitude, moeurs, caractère, lieu de vie, etc...) et la physique (du grec phusis, la nature, ce qui croît).
Soit en gros l'étude de ce qui concerne la raison et l'entendement humain, l'étude de ce qui concerne l'action humaine, la morale, les relations des hommes entre eux, la politique et l'étude des phénomènes naturels.
Au premier siècle avant Jésus-Christ, Andronicos de Rhodes a voulu éditer les oeuvres d'Aristote selon cette triple division (qui n'existait pas au temps d'Aristote). Ça a plutôt très bien marché, il a trouvé des textes à classer en logique (tout l'Organon), en éthique (Ethique à Nicomaque, à Eudème, les Politiques, etc...) et en physique (Physique, De l’Âme, le Traité du ciel, etc...).
Mais problème, une fois toutes ces catégories comblées, il restait des textes non classés, qui ne semblait rentrer nulle part où Aristote parlait de ce qu'il appelait lui-même la philosophie première et qui contenait notamment une ontologie (étude de l'être en tant qu'être).
De ce corpus de texte, Andronicos va faire une quatrième catégorie, celle qui vient littéralement "après les écrits de physique" (ta meta ta phusika graphomena), soit la métaphysique.
Il ne s'agit alors que d'une pure catégorie éditoriale qui n'a a priori aucun sens philosophique.
Mais la tradition médiévale puis moderne va reprendre ce terme au sérieux la métaphysique deviendra alors l'étude des phénomènes qui dépassent la nature.
La métaphysique va alors se diviser elle-même en deux :
-La métaphysique générale : étude de l'être en tant qu'être.
-La métaphysique spéciale qui concerne essentiellement trois questions (les trois questions que Kant caractérisera comme à la fois insolubles et inévitables) :
-l'existence de Dieu
-la liberté de l'homme
-l'immortalité de l'âme