Comme je l'ai déjà dit, Sofea, nous ne concevons pas la philosophie de la même manière. Toi, tu la conçois de manière moderne, tu l'envisages avant tout -quoi que tu puisses dire- comme une science analytique, ce qui est à mon sens faux compte tenu de son histoire.
Quant à la politique, elle est de première importance en philosophie, comme les notions qui tournent autour du droit et de la justice. Platon, dont les dialogues sont parfois puérils, avait au moins eu le mérite de le souligner.
Dans la société romaine, la philosophie morale (celle qui portait sur la vie en société) était encore plus importante que dans la société grecque. Et bien entendu, nos institutions s'étant développées grâce à l'héritage romain (les élites franques ont beaucoup appris des gallo-romains), la philosophie politique a continué à occuper un rang élevé.
Aujourd'hui, cependant, chacun est en perte de conscience politique (et même en perte de conscience tout court), et la philosophie est devenue une manière de justifier les tyrans de ce Monde, comme tel était déjà le cas à la veille de la Révolution avec les philosophes des Lumières qui vantaient les monarques étrangers sanguinaires en critiquant le pauvre Roi de France.
A quoi les étudiants en sciences humaines sont-ils destinés ? Au professorat, qui est de plus en plus contrôlé ; ou au journalisme, qui est cent fois pire. Quelle vie et quelle philosophie ! Complaire à sa hiérarchie, à son annonceur... Faire l'apologie d'Israël, de l'immigration de masse, de la pollution chimique...