"Je voulais parler de tout ce qui ne fait pas appel à la raison.
L´homme reste animal s´il ne maîtrise pas ses sentiments, ses pulsions (sexe, violence...), ses désirs."
Mais tout fait déja appel à la "raison" chez l´homme
même si c´est une raison inconsciente.
Même les sauvages, et les homme primitifs en font l´expérience.
Levi Strauss s´est émerveillé du rapport des Nambikwara avec la sensualité.
De un, ce sont les seuls peuples aborigènes à ne pas porter d´étui pénien.
De deux, ils ont un mode de vie très sensuel, rempli de caresses entre hommes et femmes, hommes et hommes. C´est un jeu sexuel en permanence. Mais jamais aucun ne concrétise ce jeu. Et jamais l´un d´entre eux a une réaction physiologique indiquant son désir (bander quoi...)
Et de trois, la sexualité s´assouvit toujours à l´abris du regard des autres (par convention). Les jeunes couples vont s´isoler dans la savane, où tout le monde vient les regarder, cachés. Mais c´est une démarche d´isolement.
De là, il apparaît que même les processus physiologiques sont régis par les données culturelles. Sexe violence etc... ne sont justemet pas des pulsions. Au contraire c´est ce qu´il y´a de plus codifiés à la fois dans leur génération, mais aussi dans leurs modalités : on ne fait pas l´amour partout pareil. On ne fait pas usage de violence partout pareil : un ethnologue regardait les combats dans une peuplade dont j´ai oublié le nom. Et il relatait la façon dont un combat a eu lieu. Chose surprenante, avant chaque coups, l´adversaire se vante de ce qu´il est capable de faire (en gros "regarde moi, je suis le plus beau et fort de ma tribu, et je vais te transpercer de mon épieu" et il lance l´épieu. Puis l´autre répond. Joute guerrière et verbale à la fois). Ce qui est impensable chez nous.
En réalité, l´homme ne maîtrise pas tous ses sentiments. Mais ces derniers n´on rien de "naturel". Tous sont autorisés préalablement par la culture. Ainsi, pour les grecs, il est impossible de s´offusquer de l´esclavage puisqu´il est naturel. Cf Aristote dans Le Politique : certains sont nés pour commander, d´autre pour obéir. L´objection, qui ne vient pas à l´esprit du penseur, c´est comment interprêter le fait que ceux qui sont nés pour commander (les citoyens) tombent parfois en esclavage à la suite d´une guerre ?
Tu as toute une variété de sentiments couvert par la culture, et pris en charge par elle. La violence existe, et en face d´elle, son pendant pour la résorber : la justice et le pouvoir.
Donc le lien avec les pulsions ne marche pas ^^.
En plus ça revient à dire que la liberté c´est s´arracher à l´animalité. Mais ce n´est pas que ça : la liberté c´est être libre. C´est un mode d´existence de chaque instant.
Or, il y´a de fort risques qu´en s´arrachant aux "penchants naturels" (s´ils existent) on ne tombe pas dans une autre détermination. Ainsi, la ménagère de 50 balais s´est émancipée des puissances de l´église et du pouvoir patriarcal, mais ce fut pour mieux retomber dans une logique de consommation bidon où la concurrence est vaguement mise en valeur par les publicités. De même celui qui se retient d´éternuer en public, ne fait que tomber dans une détermination sociale qui veut qu´on n´éternue pas bruyamment en public. De même que l´ouvrier se mouche bruyamment, dans un gros mouchoir avec le même motif que ma nappe, et que le bourgeois le fait dans un kleenex, et de façon discrète.
au fond tout n´est pas si simple ^^