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Liste des sujets

Devoir tout définir

[hap-man]
[hap-man]
Niveau 9
06 mars 2010 à 16:46:54

Bon, je vais faire ça le plus court possible. Il y aurait-il façon de définir un moyen pour définir automatiquement (ou presque) une chose? Serait-il plus facile d'établir une sorte de mode de pensé qui d'un coup permettrait de définir n'importe quel terme?

Sophie
Sophie
Niveau 17
06 mars 2010 à 16:49:28

Définir quelque chose est par essence un acte arbitraire.
De là on ne peut l'automatiser puisqu'il n'y a pas forcément de règles logiques derrière cette définition.

Chef_Tournis
Chef_Tournis
Niveau 10
07 mars 2010 à 02:59:21

Pour définir quelque chose, il ne faut jamais le faire seul.

Sophie
Sophie
Niveau 17
07 mars 2010 à 03:27:09

Pas forcément, mais dans tous les cas il faut partager la définition, qu'on l'ait ou non générée seul.

cocoMOUCHE
cocoMOUCHE
Niveau 10
07 mars 2010 à 11:07:17

Un flou sémantique est toujours nécessaire afin d'éviter les inévitables régressions à l'infini.

Sophie
Sophie
Niveau 17
07 mars 2010 à 12:01:32

La preuve que non : en mathématiques on s'en passe.
Ce sont les contraintes du langage qui imposent un tel flou, ne serait-ce qu'afin d'avoir une souplesse syntaxique (exagération, euphémismes, ...)

Red_Thunder
Red_Thunder
Niveau 10
07 mars 2010 à 12:22:53

"éviter les inévitables", tu nous fais dans le flou, Mouchinette? :o))
La définition devant être, au final, anhypothétique, on ne peut pas dire qu'elles peuvent entraîner de régressions à l'infini. Elles sont elles-mêmes des inconditionnés, comme toute l'axiomatique. Elles n'entraînent donc pas de régression à l'infini, puisqu'elles finissent la régression, précisément.

Après, on peut, évidemment, s'interroger sur le bien fondé des définitions etc; cependant, dans une étude d'un objet, on considère les hypothèses comme données, et, à moins qu'il y ait contradiction dans l'axiomatique, on ne peut pas la réfuter, mais seulement en changer. Alors, techniquement, si on voulait absolument voir l'essence du monde, les définitions seraient des absurdités, mais, comme on tente plus d'étudier le concept des choses que les choses elles-mêmes, la définition précise et rigoureuse est nécessaire pour éviter la régression à l'infini.

Quant au langage, je pense surtout qu'il dépend de la situation. Je peux me permettre un sens impropre pour un mot dans un roman, ce que j'aurais plus de mal à faire dans un livre de philo. Il y a, de toute façon, toujours une situation dans l'utilisation du langage qui en détermine les caractéristiques principales.

Chef_Tournis
Chef_Tournis
Niveau 10
07 mars 2010 à 13:14:59

Oui, c'est vrai Sophie, il faut partager sa définition, pour des raisons évidentes. Mais je pense qu'il ne faut JAMAIS définir quelque chose seul, surtout venant de l'Homme, car il faut le point de vue des autres avant de partager et d'affiner sa définition pour qu'elle plaise à tout le monde au lieu que ce soit à soit même plus en particulier. Peut-être qu'on ne s'en rend pas compte, mais rien qu'en utilisant des termes qui nous plaisent plus que d'autres, on fait ressortir une certaine subjectivité dans la définition. Mais bon, l'idée qu'on énonce est sensiblement la même que celle des autres sans doute après. A quelques termes synonymes près au mieux d'une définition exacte...

En Mathématiques, il faut quand même un MINIMUM définir les choses ne serais-ce que pour normalisé et standardisé les termes à l'échelle de l'Homme pour qu'ils se comprennent entre eux quand ils parlent de langage Mathématiques.
Mais vu que les Mathématiques (Sans parler d'Homme et parlant maintenant pour l'Univers) étant une science exacte, l'Univers n'a pas besoin de définir les termes... Assez compliqué à expliqué, désolé !

En bref, les définitions apportent plus dans les sciences expérimentales !

cocoMOUCHE
cocoMOUCHE
Niveau 10
07 mars 2010 à 14:28:14

"La preuve que non : en mathématiques on s'en passe.
Ce sont les contraintes du langage qui imposent un tel flou, ne serait-ce qu'afin d'avoir une souplesse syntaxique (exagération, euphémismes, ...)"

Parce que les maths n'ont pas le même "champ chromatique". Elles fonctionnent en "système fermé".
C'est complètement différent. Le plus important du langage courant n'a pas sa place en maths : le sujet et ses perceptions, le sens, l'interprétation, le singulier, le particulier, le spécifique.

Red : par régression à l'infini il faut comprendre simplement qu'une définition nominale se fait par d'autres noms, et que n'existant pas de langage adamique a priori, il ne s'agit jamais que de renvois à d'autres mots, noms, eux-mêmes définis.
Il s'agirait de trouver des renvois à des choses en soi (c'est le principe de la métaphysique de Platon, en gros), seulement même à supposer qu'elles existent on n'y a pas accès (merci Kant), donc on ne peut pas donner une définition vraiment claire d'un quelconque mot ou nom. On peut tout au plus désigner un signifié au signifiant [le mot], mais celui-ci aussi sera tout aussi flou, nos perceptions étant toujours singulères et particulières, jamais universelles (tel lapin vu à tel instant sera différent de tout autre à tout autre instant, y compris le même à un autre instant et caetera).

Red_Thunder
Red_Thunder
Niveau 10
07 mars 2010 à 14:59:51

Oui, c'est ce que j'avais compris, c'est pourquoi je disais qu'une définition devait être inconditionnée. Mais en effet, il n'y a pas de possibilité de vraiment définir le mot a priori; quant à le définir par une forme d'intersubjectivité, cela reviendrait déjà à supposer une communication qui serait soumise au même problème.
Cependant, dans la mesure où le mot renvoie à un concept, lequel peut être pensé sans mots, on peut tout à fait définir un objet par d'autres mots, reliant des concepts dans l'esprit de l'individu recevant la définition. Ce qui évite le problème de la régression à l'infini. Seulement, il y aura toujours un flou, car on ne peut pas supposer chez l'autre le même concept que chez nous, etc. Ce flou, cependant, n'est pas nécessaire quand nous formons la définition. On ne laisse pas de flou sémantique; il se crée de lui-même en plus de la définition. Ce pourquoi dire qu'il faut laisser un flou sémantique n'est pas tout à fait exact, à mon avis, car justement, ce flou ne fera que perdre encore plus dans le brouillard celui qui reçoit la définition. Aussi, nous même, nous définissons suivant nos concepts propres de façon rigoureuse, lesquels diffèrent certes de ceux de celui à qui nous définissons, et c'est là, et seulement là que le flou doit s'installer.

Red_Thunder
Red_Thunder
Niveau 10
07 mars 2010 à 15:32:15

Autre chose, si l'on admet comme tu le fais que les mathématiques peuvent définir rigoureusement puisqu'elles fonctionnent en système fermé, ne peut on pas faire du langage littéral un système fermé, qui pourrait alors définir ses mots?

gamut
gamut
Niveau 6
07 mars 2010 à 17:48:04

Ce serait peut-être possible à condition que tout le monde utilise le langage en se basant sur la même acception d'un mot pour chacun des mots, ou celle qui se rapproche le plus du sens premier du mot utilisé.

cocoMOUCHE
cocoMOUCHE
Niveau 10
07 mars 2010 à 18:25:02

Le problème serait exactement le même.
L'idée même qui est derrière chaque mot ou presque est flou. Sans ce flou sémantique, la philosophie n'aurait pas lieu d'être et à la limite ce ne serait pas plus mal. Combien de confusions a pu entrainer le terme de pensée, d'eidos, de logos... Chacun en a une définition floue, les choses ne peuvent en être autrement.
Et chacun croit qu'il peut en être autrement.
Et donc personne n'est d'accord, ou alors on n'est que d'accord sur le flou. :o))

gamut
gamut
Niveau 6
07 mars 2010 à 21:54:44

La philosophie a au contraire contribué à rendre le monde plus intelligible. de nombreux termes renvoient à des notions, des objets et permettent ainsi de rendre la pensée moins confuse.

VentSolitaire
VentSolitaire
Niveau 10
07 mars 2010 à 22:25:39

Ca me fait penser à la novlangue de 1984 ; bonjour la régression :o))

Le langage verbal est un outil de communication : c'est à la fois sa force et sa faiblesse. Les mathématique sont un outil d'analyse. Les buts de ces systèmes ne sont pas les même donc je ne pense pas que calquer les propriétés de l'un sur l'autre soit bénéfique. Bien sûr, on peut analyser le réel par le biais du système verbal et communiquer grâce au langage mathématique ; mais dans le premier cas la précision (le floue dont on parlait) sera moindre et dans le deuxième l'interprétation sera entravée : l'une de ces deux choses annihile l'autre donc l'absence de l'une est inhérente à la présence de l'autre. Par conséquent pour que la précision et l'interprétation soient présentes les deux systèmes doivent l'être aussi, et sans que leur structure ne change significativement. D'ailleurs, quels seraient les avantages effectifs d'une "langue fermée" ? On perdrait en potentiel de communication (ce potentiel entraîne des difficultés de part le panorama conceptuel qu'il engendre, + difficile à filtrer, mais là n'est pas la question...) mais que gagnerait-on en contrepartie ? Puisque le langage verbal à été créé à des fins communicatives pour tous les avantages directs et indirects qu'une telle nouveauté laissait déjà entrevoir, qu'est-ce ce qui légitimerait la mise en place (sans même tenir comptes des difficultés incommensurables qui seraient synonymes d'un tel chamboulement) d'un changement aussi radical et fondamental ? Sûrement pas une efficacité supposée accrue de notre compréhension fondamental de notre monde. D'une, parce que malgré notre "intelligence" et les outils mis à son service comme les mathématiques, nous ne somme capable que d'approximer le réel comme dirait Sofea ^^ (une pomme est représenté par l'entité mathématique 1 mais ce n'est valable que selon nos modèles : si le 1 est une peinture de couleur verte ne se révélant à nos yeux qu'en présence de ce qu'elle considère être 1, alors on peut dire que la pomme est "isolée" si ce que nous considérons être une pomme prend exactement ce vert ; mais ça ne veut pas forcément dire que dans l'absolue, concept étant supposé dépasser notre conscience même si créé par nous, cette pomme, qu'elle en soit une ou quoi que ce soit d'autre, soit forcément "isolé" ; et ce justement car nos concepts, aussi précis soient-il, se limitent à notre conception : supposer que la pomme est isolée ou non est d'ailleurs dans ce contexte un non-sens puisque ce terme prend un sens mathématique qui n'a plus lieu d'être sorti du cadre dans lequel il est employé. Fin bref...) ; de deux car nos paradigmes fondamentaux évoluent en partie grâce à la communication à l'image de la relativité d'Einstein qui n'aurait pas vu le jour (du moins dans les circonstance que l'on connaît) sans remettre en question la gravitation universelle de Newton, et ce je pense grâce aux écrits de ce dernier. En tous les cas, même en faisant abstraction de cet aspect, la communication trivial de cette théorie n'aurait-pu avoir lieu sans le langage verbal : il nous permet de connaître ses grands principes sans pour autant que nous connaissions forcément les principes mathématiques qui lui sont liés : vulgarisation du savoir : compréhension fondamental accrue de notre monde (cf phrase pré-argumentation post-questions)

Je ne fais pas l'apologie de la communication verbal, étant moi-même à priori + porté vers une pensée "imagée" :o)) , mais je ne renie pas son utilité. Par ailleurs, je trouve que la philosophie, malgré (surtout pour) les floue qu'elle engendre, est un outil de réflexion intéressant et surtout enrichissant. J'en revient à la force et à la faiblesse de tout objet de communication : faiblesse car on s'éloigne d'une supposée "vérité" irréfutable, force car l'échange induit par la communication est susceptible de nous rapprocher d'une vérité peut-être moins absolue mais + "dynamique" : Einstein dis bien dans "L'évolution des idées en physique" qu'il a dû changer de conception philosophique pour faire les avancées en physique qu'il a fait. Parallèlement, la théorie des cordes qui tente d'unir les découvertes d'Einstein sur l'infiniment grand et la physique quantique en est encore au stade philosophique ; mais sans en passer par là, les possibles vérifications expérimentales ultérieures ne pourraient valider cette théorie parce qu'elles n'auraient pas lieu et donc la quête perpétuelle de vérité et de compréhension que mène l'homme s'en verrait altéré : la philosophie, ayant comme objet d'action le langage verbal, permet en parallèle avec les mathématiques (voir en amont), autre système conceptuel, de créer les hypothèses fondamentales en rapport avec le Monde dont nous ne sommes qu'une infime partie. En somme, les côtés négatifs du langage verbal que nous connaissons à notre échelle doivent-ils se révéler prépondérant face aux avantages incontestables qu'apporte ce même langage à l'échelle de la Connaissance ?

VentSolitaire
VentSolitaire
Niveau 10
07 mars 2010 à 22:26:46

Mon message prenait forme à la suite de celui de cocoMOUCHE... :o))

gamut
gamut
Niveau 6
07 mars 2010 à 23:22:18

S'il s'agit d'approcher une vérité au plus près, alors les côtés positifs du langage parlé sont un avantage, mais s'il s'agit de connaître précisément cette vérité, alors les inconvénients du langage parlé peuvent peut-être l'empêcher.

Chef_Tournis
Chef_Tournis
Niveau 10
09 mars 2010 à 03:20:27

Déjà, il est compliqué de définir quelque chose, tout simplement pour un problème de langue, car nous sommes dans une langue VIVANTE, donc les termes bougent, on peut en enlever, en rajouter, donc si sa vient à arriver, ce qui est assez rare, il faut redéfinir correctement...

Freedom_Liberty
Freedom_Liberty
Niveau 10
09 mars 2010 à 20:07:41

Je rejoins l'avis de Sophie et de Chef-Fourmis: Définir une chose est un acte arbitraire, mais c'est aussi un consensus dont le but est de cerner un objet ou un sujet. Pour l'homme, c'est surtout un outil de communication. peut-être même que " Définir " quelque chose est un besoin fondamental et profond, qui se mue en chaque être Humain. " Savoir ". Donc " Chercher à Définir ".

-Kcnarf-
-Kcnarf-
Niveau 10
10 mars 2010 à 16:17:30

Les mots ne sont que des outils de communication.

Malgré ce qu'on en dit, il n'y a nul besoin d'un consensus (qui n'est de toute façon que l'avis d'un certain nombre de personnes) pour établir la définition d'un mot, mais seulement de règles. Tout comme les règles de grammaire et le placement des mots dans la phrase.

Celles-ci sont fixées tout à fait arbitrairement, et on se comprend uniquement parce qu'on se réfère à ces règles, sans besoin de consensus.
Sauf si on identifie à consensus l'acceptation et l'utilisation de ces règles, mais c'est pour moi utiliser un mot à connotation plus large que le sens que l'on veut bien lui accorder dans le cas présent. Ce qui entraine des erreurs d'interprétation, et par la même parfois des jugements et querelles inutiles.

coco, tu dis que le flou est nécessaire dans le langage.

Mais n'est-ce pas nous mêmes qui apportons à ces mots des sens plus larges que ceux donnés à l'origine ?
Les mots sont des inventions humaines, on en invente d'ailleurs encore aujourd'hui. Pourquoi ne serait-il pas possible de leur accorder une limite précise, sans flou, comme nous le faisons par exemple pour des outils mathématiques ?
Dans le cadre d'une base 10, 2 et 4 sont bien définis, on sait comment arriver de l'un à l'autre.
Pourquoi le langage ne pourrait-il être si simple ?

(C'est une question ouverte =)

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