"La seule position permettant de soutenir avec cohérence la guerre est un existentialisme nietzschéen, très grossièrement réduit à : "les valeurs conquérantes sont les miennes, seul l'individu crée le sens et la valeur, or ce sont celles que je défend, et je les imposerai aux autres car ma Will Zur Macht est plus forte que la leur". Dans ce cas peu importe ce que les autres pensent, et c'est à peu près comme ça que ça marchait au moyen-âge, peu importe ce qu'en pense le paysan. Aujourd'hui on fait semblant de s'en soucier."
D'accord avec ton analyse globale mais pas d'accord avec ce dernier constat.
Aujourd'hui, grâce à des raisonnements comme le tien, on a tout simplement pris une longueur d'avance sur tous ces jeux de pouvoir. Ce n'est en effet pas un secret de polichinelle que le combat ne fait qu'encager temporairement une volonté (celle du vaincu) qui ne meurt pas (à moins de faire verser le sang) mais qui au contraire se re-concentre et se régénère jusqu'à la prochaine insurrection (le problème afghan ou irakien n'est pas réglé). Logiquement, on aboutit donc à la solution diplomate: tendre la main vers un compromis mutuel tenant tout de même compte des rapports de force en présence, permettant ainsi aux volontés opposées de poursuivre leur destinée, soit par l'annexion naturelle de la plus faible par la plus forte ou par un enrichissement mutuel.
Ton "semblant" découle du fait qu'il s'agit d'une solution rationnelle et donc insatisfaisante au point de vue pulsionnel.
En théorie, les démocraties ne s'engagent donc sur le chemin de la guerre que lorsqu'elles sont confrontées à l'impossibilité de tout compromis et qu'il faut donc combattre ou périr.