Au préalable : notez que, pour moult raisons civiques que vous connaissez, vous avez le droit de faire siffler votre touche mouse 3 si vous en ressentez le besoin.
Si l’éternel retour du même n’eût pas pris Dieu pour ombre mais l’ombre comme dernière solution, c’est qu’Il se trouve immédiatement avant le « choc » crucial d’une quantité inexpérimentée de déterminations négativement définies par l’instant critique du « choc ».
Le « choc » émerge d'une quantité déterminée d'événement antérieur à lui et conduit vers une quantité inexpérimentée de possibilités ultérieur à lui.
Si nous soustrayons ces deux quantités l'une à l'autre nous accédons à l'entité-choc, soit un zéro absolu d'une durée finie, l'instant décisif par lequel le flux du devenir se "possibilise". L'instant est un indivisible quantique et temporel par lequel l'antérieur prend fin et l'ultérieur naît ; pour cette raison, il est le moment le plus éloigné de l'immédiatement avant le « choc ».
J'aimerais beaucoup vous laisser faire usage de votre bon et beau sens critique avant l'étape d'explicitation - c'est bien là la beauté du forum -, mais par mesure de prudence lucide, je développerai de suite :
le quantique se rapporte à l’action, dans la mesure où celle-ci se rapporte à une séquence d’événement, donc à une mécanique que l’on pourrait s’amuser à qualifier de cosmologique. Le « choc » se rapporte à une position - pas celle déterminée par les axes (x,y,z) - mais celle qui se situe négativement en fonction du Tout, c’est-à-dire par rapport à toute les autres positions où le « choc » n’est pas.
Cette action qu’engendre le « choc » se rapporte à l’instant décisif dont parle Didier Franck dans son livre "Nietzsche et l'ombre de Dieu" - je met des guillemets pour la lisibilité mais par convention cela ne se fait pas, et je suis plutôt du genre à respecter ce type de convention.
Cet instant décisif suggère la décision, instant spirituel déterminant à l’égard des possibles, et est indivisible du « choc ». La seule certitude que nous pouvons espérer est celle de l’action, ce mouvement affirmatif présent même chez les microparticules tels que les quarks. C'est en ce sens que nous sommes dans l’immanence.
Je tiens à préciser que le « choc » est qualitatif dans le sens d’un jugement subjectif, il est une caricature de soi-même. Il est tout constitué d’interprétation, fondement des apparences. Il n’a de sens que pour celui qui se constitue comme sujet et objet d’unité. N’oublions pas que Nietzsche nous parle dans "La naissance de la tragédie" d’un Dionysos démembré que cherche à unifier Apollon. Nous avons en nous ces deux mouvements.
Du « choc » naît cette tension psychologique dont il est question ; il est l’instant où culmine des forces antagonistes œuvrant dans le sens du démembrement et où Apollon tente de minimiser les dégâts jusqu’à son épuisement. À ce moment naîtra un Dionysos exalté, un renouveau proclamé.
L’antérieur et l’ultérieur appartiennent à l’empirisme. Dans la perspective de L’éternel retour du même, l’ultérieur conduit à un « choc » identique à ce que l’antérieur a conduit. Ils sont donc eux-mêmes identique en tant que machine à créer le « choc ».
Il nous reste à déterminer si l’ordre selon lequel ils en sont arrivés au « choc » est lui-même identique et s’il a une conséquence sur le « choc ». La liberté de notre évaluation est directement mise en cause au regard de cet ordre d’origine spirituelle. Niant le sens en tant que motif et objectif - que la plèbe attribue si souvent à l'action - Nietzsche soustrait à l'acte : motif et objectif, donc l'ultérieur au sens spéculatif du geste calculé et la réaction puisqu'elle réagit à quelque chose d'antérieure.
La soustraction, comme condition de possibilité de l'acte, le libère de toute contrainte, c'est l'apprentissage de l'oubli dans une complète affirmation de sa différence à titre de volonté de puissance. On pourrait qualifier la soustraction de métaphore, mais j’hésite car c’est exactement l’opération qui se fait lorsque j’assume l’entière responsabilité de mon affirmation et proclame l’instant comme seule réalité. Pourquoi cet instant et pas un autre ? Attention ! Cette soustraction n’est pas une négation mais un retrait, une soumission de tous les autres instants au profit de l’instant décisif.
En passant, ce fameux « Il » est variable, c’est-à-dire qu’il peut-être Dieu si vous le désirez et le prophète de L’éternel retour du même si vous y croyez.
[Si vous êtes allergiques aux quarks, arrêtez-vous là.]
Il existe six saveurs de quarks et chacune d’elles sont des particules élémentaires chargées: up, down, charm, strange, top et bottom. Leurs charges sont des fractions spécifiques de charges électriques. Chacune de ces charges leur attribue des propriétés appelées « spin ». La représentation la plus appropriée pour ces « spins » est celle d’une toupie gravitant sur un axe, bien que l’axe lui-même soit indéfinissable. Ces propriétés donnent existence à des interactions où chaque quark est dans une relation de complémentarité que l’on nomme le confinement. Ces relations sont des interactions de type tripolaire. Toutes ces particules élémentaires possèdent un « spin » sur quoi découlent ses propriétés. Ce sont ces « spins » ou rotation et leur tri polarité variable qui me font affirmer que les quarks, par leur propriété, prennent différent aspect. Pour un « spin » ½ deux rotations de 360 degrés sont nécessaires pour que l’on retrouve l’aspect initial. Alors, chaque moment orbital L variable interagit avec les deux autres composantes de l’équation suivante : (Delta)Q + (Delta)G + L, où (Delta)Q est la contribution des quarks et (Delta)G la contribution des gluons, entité responsable du confinement. Cette variation valide l’affirmation selon laquelle les quarks possèdent un certain nombre de possibilités d'aspect défini par l'instant décisif.
Tout ceci pour me mener au but - une perspective de réflexion que j'avais décidé de ne finalement pas partager avec Davaroi et Sofea concernant le libre-arbitre sur un autre thread où ils semblaient explorer de fond en comble la notion de fonction à des fins lointaines ; j'avais alors vu cela comme une simple succession de répétitions du premier post de Sofea qui résumait déjà tout, en reformulant pour spéculer dans le vide ; mais je me trompe très probablement - :
je n'ai aucune difficulté à accepter qu'implicitement une action sous-entende toujours le choix puisque le fait d'attribuer la notion de choix aux quarks relativise beaucoup notre propre liberté. Nietzsche ne nous avait-il pas libérés de toute responsabilité ?
PS : Peut-être est-ce le moment de soumettre mon espèce de "travail" sur la notion d'éternel retour à votre sens critique ?