Je suis trop téméraire, à consacrer ce temps à la philosophie. Pour deux raisons. Mais qu'importe ; mettons que c'est la fougue de la jeunesse.
Vos discours m'agaçent, m'irritent ; ce sont des impostures intellectuelles.
Je considère que trois plaies ont toujours affecté la philosophie, malgré la rigueur de ses logiciens. Ces trois plaies sont les suivantes : extravagance, imprudence, et arguties.
Quasiment tous les membres de ce forum portent ces plaies, sauf à considérer quelques spectres fugaces, et un membre dont j'ai déjà dit le nom.
Le savant n'est pas forcément un sage. Apprenez donc l'éthique intellectuelle, avant de vous lancer dans un science des choses folle et débridée. Apprenez la discipline, la rigueur, la méfiance, et la probité.
"Dieu est donc au moins soumis à cette nécessité-là. Leibniz l'appelle une contrainte et il a raison au sens où Dieu ne peut pas y échapper malgré toute son omnipotence"
Les mots ne sont pas faits pour être employés à tort et à travers. Je ne tolère pas la fantaisie et le blasphème. Dieu, s'il est, n'est soumis à rien ; et on ne dit pas non plus qu'il échappe à quelque chose, de n'importe quel ordre, car il n'est ni une victime ni une bête traquée.
Et MEME sur le pur plan métaphysique, logique, ou qu'importe le nom, je t'ASSURE, mon bon Keldorn, que tu te leurres complètement sur le fond des choses. Tu connais des beaux mots, mon cher, mais tu es jeune, petit lycéen, et certaines vertus ne t'appartiennent pas encore. En âge, je suis jeune aussi ; mais tu verras, l'après-lycée est une rupture : plus de rêve, moins d'espoir : un monde vulgaire, porté par lui-même dans sa vulgarité, et accomodé du vice.
Quel rapport ? Tu verras...
Comme le fait remarquer marabounta, qui est plus censé que toi malgré la maladresse de son discours, c'est Dieu qui donne leur réalité aux choses ; il la donne et la représente : "Celui qui connaît, et ce qu'il connaît, sont un" (Maître Eckhart).
Ces allemands... "Un grand pays de la philosophie" ; c'est vrai. Leur raisonnement sont droits, et leur logique est des plus séduisantes.
"En vertu de quoi, sa perfection ne l'autoriserait pas à l'action. Dieu serait éternellement retiré dans sa séité et infiniment divisé. Ce serait le Verbe qui agit, mu par son énergie ou esprit, par procuration"
J'ai bien peu de sagacité, mais mes vertus éthiques m'ont toujours fait sentir la bêtise quand elle était ; j'ai déjà répondu à ces propos fantaisistes, et il n'y qu'à constater à quoi mènent les plaies malheureuses qui ont affectées certains philosophes.
"Cela signifierait donc que la Justice divine s'abattrait sur Adam pour le punir d'un péché qu'il est incapable de comprendre, puisque ne bénéficiant pas du savoir préalable (du bien et du mal) sans lequel le péché n'en est pas un ?"
Là, ce sont des propos raisonnables (toutes mes félicitations
) mais il ne faut pas oublier que la Bible est souvent écrite, pour ainsi dire en langue vulgaire ; et que certaines notions sont employées avec bien peu de rigueur. Je ne suis pas théologien pourtant, et je laisse ce débat à d'autres...
"Tout simplement que l'existence du mal est une nécessité inhérante à l'existence du meilleur des monde. On retombe sur une éspèce de cliché millénaire : le yin et le yang, l'ombre et la lumière, le bien et le mal sont des concepts ne pouvant exister que mutuellement"
Dommage, ça commençait très bien. Toi aussi, tu manques de discipline. C'est tout simplement impropre et déplacé de comparer cela au yin et au yang, partant qu'ils se mélangent ; lorsque la conception de Leibniz me semble plus subtile, surtout quand prudence oblige. Nous traitons là de choses qui dépassent notre raison.
La connaissance humaine a ses bornes.
Désolé pour mes traits d'humeurs, en réalité je suis une brave bête.
Bon, j'y vais. Je n'ai lu que les deux premières parties de la théodicée, et le temps et l'énergie me manquent pour essayer de percer l'obscurité qui demeure chez Leibniz. Vos messages, si l'on ommet les bêtises (une seule, pt-être, pour snoopy) n'étaient pas si cons.
Je présage un message verbieux de la part du petit Keldorn.
PS: pas le temps pour les fautes et tout.