Chez chacun ? C'est ce qu'on me disait au cathé ; mais Mr Chacun n'a pas fait de moi un enfant de choeur.
Il faut juste être humble, élargir son champ de vision et ne pas se cantonner à ce que l'on maîtrise bien...
C'est en confrontant à l'extérieur, en étant remis en question là où l'on ne s'y attendait pas, que l'on élargit son horizon, que l'on progresse sur ses bases et que l'on développe de nouveaux atouts insoupçonnés.
Vous me faites marrer avec votre bavardage. Vous voulez que je vous raconte comment vivaient les sots que j'ai recontrés l'année dernière ? Si j'employais des mots vrais (vulgaire donc), Sofea se verrait obligée d'effacer tous mes messages.
Tes horizons élargis, chez eux, se retrouvent dans leur derrière.
Parce que tu préjuges trop de leur comportement. Quelqu'un n'est pas stupide parce qu'il crache par terre ou écoute du rap, et quelqu'un n'est pas à peine digne de ton mépris juste parce qu'il préfère jouir que d'aimer. J'espère pour toi qu'un jour tu auras cette expérience d'apprendre beaucoup d'un homme que tu aurais auparavant jugé comme tu le fais et que cela te permettra de réviser ton jugement.
Fichtre, mais on ne comprendra donc pas qu'il ne s'agissait pas ici uniquement de personnes que j'ai croisées, mais de personnes que j'ai subies.
La première disait qu'elle était fidèle à son partenaire, et ce disant, qu'elle craignait d'être enceinte, et d'elle ne savait qui.
La deuxième parlait de vertu et changeait souvent de partenaire ; combien de fois a-t-elle tué l'amour dans ses blasphèmes ?
La troisième, cette grosse vache, trompa son partenaire à l'aube de leur installation en appartement ; le veau n'était pas fiancé à la vache que déjà il était cocu.
Le quatrième se tapait toutes les petites connes qu'il pouvait, c'était son jeu. Une chatte, c'est une chatte, disait-il. Il vaut mieux oui : quand la débauche même n'est régie par aucune sorte d'art, autant lui substituer la laideur. Il se tapa la deuxième, et je ne sais par quelle envie : celle-là avait le derrière gros comme deux fois le mien.
La cinquième, elle taisait leurs vices.
Les cinqs offensés, une seule, je crois, ne me pardonna pas.
Cette façon de vivre n'est pas en accord avec mes valeurs, et je ne la cautionnerai pas.
Eh bien ne discute plus avec ces gens, mais qu'ils ne te fassent pas te fermer au monde. Il existe des gens de notre âge fidèles et amoureux, j'en ai plein mes amis et connaissances.
Celui qui a plein d'amis n'en a aucun ; on a quelques amis, ou aucun.
Tu n'as pas à imposer tes valeurs aux autres. Et tu n'as pas non plus à être en accord avec les valeurs des autres.
Je remarque également que tu es sensible aux comportements sexuels, à la vie intime, des gens (vu que tu ne parles que de cela). Cela semble être un sujet qui te préoccupe.
L'ouverture aux autres, c'est essayer de comprendre l'autre, voir ce qu'il exprime (pas forcément par la parole ; la parole est souvent un écran de fumée, mais une personne s'exprime par tout son être).
Comprendre pourquoi ils agissaient comme cela, quel manque ils tentaient de combler, pourquoi il y avait ces contradictions apparentes, pourquoi ils étaient gros (sauf de rares dérèglements hormonaux, l'excès de nourriture sert à combler un manque)...
On n'a pas besoin d'être proche pour s'ouvrir aux autres. On se trompe souvent, mais plus on écoute, plus on observe, plus l'on progresse ; on apprend également beaucoup sur soi-même.
Dans ce que tu décris, à première vue je vois des gens plus malheureux que stupides. ![]()
Raaaaaahhh quel orateur dantesque ce pasfou ![]()
Ils ne se croyaient pas forcément malheureux ;
J'ai renoncé à instruire ceux qui ne peuvent apprendre ;
Le sexe est l'expression de l'animalité par excellence
Ils ne se le disaient peut-être pas. Mais tout dans les gestes que tu décris l'exprime.
Il ne faut pas se fier qu'à la parole.
Il y a quelques années, alors que je faisais les vendanges, j'ai croisé un gars qui savait décrypter l'attitude des gens.
Un soir, par exemple, une fille nouvelle est arrivée et a parlé d'un gars que l'on avait croisé lors des vendanges. Il lui dit : "Tu as couché avec, non ?"
Alors qu'il ne la connaissait pas, il l'avait vu rien que dans le regard qu'elle avait fait lorsqu'elle avait prononcé son nom.
J'étais stupéfait. La fille a confirmé.
Pareil quand il me voyait discuter avec des filles : il lisait en moi comme dans un livre ouvert (mes paroles ne disaient pas ce que je pensais ; mais lui voyait à mon comportement ce que je pensais).
Ca a été une très bonne leçon. J'ai vu à quel point les gens pouvaient se dévoiler sans s'en rendre compte eux-mêmes...
Il ne faut pas chercher à instruire l'autre, sauf si l'autre le demande.
Instruire c'est se placer en professeur, en supérieur. Si ce n'est pas demandé, cela peut être très mal vécu.
"Comprendre pourquoi ils agissaient comme cela, quel manque ils tentaient de combler"
Oui, mais on en a vite fait le tour.
"On se trompe souvent, mais plus on écoute, plus on observe, plus l'on progresse"
Tout dépend de la complexité des cas. Quand je pense au gar dont je devinais chaque réaction après une heure...
"on apprend également beaucoup sur soi-même."
Ça, ça se discute. Il m'est souvent arrivé de faire des erreurs et ce n'est pas en observant les autres que je m'en suis apperçu (sauf cas exceptionnel).
Je comprends le sens de ta phrase de cette manière : on analyse plus facilement avec un regard extérieur, or, lorsque autrui manifeste quelque chose de similaire à soi, on peut comparer et ainsi apprendre sur soi.
Mais il existe une alternative : s'analyser soi-même avec ce même regard extérieur. Ce temps de réflexion est nécessaire pour se comprendre. J'ai ainsi pu comprendre une bonne partie de mes modes de raisonnements et de mes pulsions. Et comme les autres ont rarement les mêmes que les miennes, observer les autres ne m'a pas beaucoup servi pour mieux me découvrir.
Un des rares cas où l'on apprend peut-être quelque chose de nouveau sur soi à partir des autres, c'est lorsque quelqu'un d'autre nous juge. Et ce n'est pas parce qu'il sagit d'un regard extérieur, mais d'un mode de raisonnement différent du sien. Malgrès le manque d'information qu'il a (ce qui est normal), ils peut avoir des pistes de réflexion interressantes pour que l'on poursuive soi-même le raisonnement.
"Pareil quand il me voyait discuter avec des filles : il lisait en moi comme dans un livre ouvert"
Tout cela dépend de la manière avec laquelle tu manifestes tes sentiments.
Ce que je n'aime pas trop avec ce genre de type (je ne parle que du cas fréquent), c'est qu'ils pensent généralement que ces critères sont infaillibles même chez quelqu'un qui ne manifeste presque pas ses sentiments (personnellement, je trouve ça pratique).
HS : Il paraît que les filles manifestent plus leurs sentiments.
Lorsque d'autres ont essayé de lire en moi mes pensées, ils se sont débrouillés pour se planter dans 99% des cas. Enfin, c'était normal vu que je peux avoir la même expression avec des sentiments très différents et que mon attitude peut correspondre à ce qui ne me correspond pas.
Paf, je suis amoureux de telle fille alors que je m'en fous pas mal. Paf, je me fous totalement de quelque chose qui m'a interressé parce que je ne l'ai pas beaucoup observé et que j'ai regardé une fois ma montre.
Voilà pourquoi en général, je n'aime pas trop ces types. Certains d'entre eux croient tout savoir mais ne savent rien.
C'est vrai qu'en lisant Platon, Homère, Virgile, Leibniz, Saint Augustin, Pascal, Voltaire, Rousseau, Descartes, Lucrèce, Sénèque, Epictète, et j'en passe ; en lisant ceux-là dis-je, j'ai oublié d'apprendre de la bouche des médiocres. Quoi ? J'aurais à apprendre de leur bouche ? Le chaos de leur être n'est que trop visible...
Que faire, quand la bêtise se transforme en barres grises et s'élève jusqu'aux nues ? Quand les murs de nos villes eux-mêmes transpirent la crasse ? Quand les faibles dominent les forts ?
Dire la vérité ? Essayer ? Ceux qui disent la vérité se font haïr... Pascal le savait, Sun Tzu aussi.
Et la misanthropie ? Bête et inutile. Et le cynisme ? Lassant. Et l'humour, le rire ? Peut-être.
Dire que mon prochain a des choses à m'apprendre, c'est dire qu'aussi les personnages d'une dystopie m'en pourraient apprendre.
Quand on a fait le tour, quand il n'y a plus rien à apprendre, on passe à autre chose.
"on analyse plus facilement avec un regard extérieur, or, lorsque autrui manifeste quelque chose de similaire à soi, on peut comparer et ainsi apprendre sur soi."
Tu as raison, mais je pensais à autre chose.
1) Souvent, à la vue d'un comportement extérieur, on se forme un jugement a priori. On approuve ou l'on critique ; c'est normal, c'est humain.
L'exercice consiste à essayer de se placer mentalement dans la situation de l'autre.
ex. : Je suis avec mon copain depuis 3 ans. Petite lassitude. Je croise quelqu'un pour qui j'ai une attirance. Honnêtement, dans les conditions dans lesquelles il a été (ex : 2 verres dans le nez), comment je réagis ?
Toute la difficulté de l'exercice, c'est le "honnêtement". Il faut redoubler d'auto-analyse et de détachement par rapport à soi-même pour pressentir comme l'on réagirait réellement à chaud (et pas comme l'on voudrait que l'on ait réagi, à froid).
Après, l'on peut comparer au comportement de l'autre. Cela permet de relativiser.
Par exemple, si par rapport à la question de tout à l'heure, je répond "moi, je ne le tromperais pas, mais le doute sera né dans mon esprit avant de prendre la décision de ne pas tromper", je vais relativiser le "quel con !" que j'avais en jugement de départ vis-à-vis de l'autre ("la question n'était pas si évidente, et je comprends sa réaction à chaud").
[La question de l'exemple est bateau. Il y a plein de possiblités]
2) L'autre hypothèse à laquelle je pensais, c'est lorsque, alors que j'observe quelqu'un, je suis gêné par telle attitude de l'autre.
Je n'en reste pas au "quel con !" de base, et cherche à me demander pourquoi son attitude ne me laisse pas indifférent.
Parfois, le défaut n'est pas dans l'objet regardé mais dans la loupe qui regarde...
Voilà principalement comment j'apprend sur moi en regardant les autres.
Quand on a croisé, par hasard et pour notre plus grand bonheur, une personne qui se distingue fortement du commun des hommes, alors on oublie de se lancer dans des discussions aussi vaines, et on comprend que la vertu n'a rien de si compliqué.
Davaroi : Non, lui n'avait pas de méthode. Il était juste très réceptif.
Je pense que ça t'est déjà arrivé qu'à l'occasion d'une conversation, ou simplement en voyant la réaction de quelqu'un, tu te dises que tel mot ou tel geste n'était pas neutre.
Si tu es comme le commun des mortels, tu vas repérer qu'il y a quelque chose, mais tu ne sauras exactement dire quoi (ex : est-ce que l'autre a regardé sa montre parce qu'il s'ennuyait, ou simplement parce qu'il voulait voir l'heure ; m'aime t'il ou m'apprécie t'il beaucoup comme ami ?).
Lui, entre 3 interprétations très proches qui étaient possibles (ex.: attirance/amitié/amour), décryptait sans erreur quelle était la bonne.
ex.: Pour la fille, j'avais repéré qu'il y avait une attirance pour l'autre. Mais je n'aurais pas pu dire s'ils avaient couché ensemble ou pas.
Si tu n'avais rien exprimé, il n'aurait rien vu (il était réceptif, pas devin).
Même si je pense que l'isolement est nécessaire à chacun dans toute société, le comportement d'un no-life est quand même reprochable.
Ne serait-ce que pour l'éxperience: à l'instar du mouton qui se fond dans la masse et qui ne développe pas de vision propre du monde, celui qui reste isolé peut accumuler des erreurs qu'il pourrait cerner et corriger au contact de ses semblables, et de ce fait se créer une fausse vision du monde extérieur..
Aprés ce n'est que mon avis, je pense qu'il faut tendre vers un équilibre entre sociabilité et isolement pour se creer une personalité forte et sage.