Hop ! Je remonte cette vieille discussion, pour vous faire part d'une observation que je constate régulièrement : à propos des blagues sur les blondes, il semble qu'un effet pervers se soit insidieusement répandu, autant IRL que sur les réseaux numériques :
beaucoup de filles plaisantent elles-mêmes quand elles font une erreur en disant "c'est pas de ma faute, je suis blonde !", ou d'autres exclamations du type "quelle blonde !" (à soi-même) ou "je fais ma blonde" ou autre.
Du coup, d'un côté, elles entretiennent le mythe de la bêtise des blondes, comme si l'intelligence dépendait de la couleur des cheveux, de l'autre côté, comme certaines le disent elles "font leur blonde", elles jouent là-dessus pour être moins exigentes envers elles-mêmes (je parle de celles qui disent çà, pas des autres), ce qui renforce encore l'image de la blonde bête.
Vous pourriez me dire que c'est pas grave, ce sont juste des paroles en l'air, mais là où je veux justement en venir, c'est là que le propos devient davantage philosophique c'est que je me questionne sur le rôle "social" et culturel de ces habitudes verbales, des répétitions banalisées de ces expressions. C'est dans l'air du temps, et, comme justement ça devient banal, on ne s'interroge plus là-dessus.
Je me demande alors jusqu'à quel point ces habitudes de langage peuvent nous influencer, consciemment ou inconsciemment, individuellement et collectivement : A quelle moment ces habitudes quittent les rivages de la mode de langage ponctuelle pour s'enfoncer dans les océans de la culture partagée ?..