Azincourt, 25 octobre 1415, c´est pas seulement une entorse à la stratégie, c´est un hymne à la connerie.
Prenez un beau terrain bien boueux, - il a plut toute la nuit-.
Mettez au sommet d´une colline une armée de 15 000 anglais, composée de piquiers et archers, ces derniers bien retranchés derrière le mur de piques...
Prenez ensuite une armée de 50 000 français, dont presque toute la noblesse française. Comme le sol est boueux, les preux chevaliers ont " dormi" sur leur monture... Fiers d´eux-même, et fous d´orgueuil, ils décident de ne pas attendre l´infanterie, toujours embourbée plus loin. ils ont déjà passé la nuit à cheval, ils ne vont pas en plus attendre quelques manants, pauvrement armés, et... à pieds !
Ils chargent donc vers le haut de la colline. Le terrain glisse, un bon nombre d´entre eux se pètent déjà la gueule en cours de route ( essayez de galopper avec 20Kg d´armures sur le dos, en terrain glissant
) .
Bien, jusque là ça va encore...
Là, ils arrivent à portée de tir d´archers. N´oublions pas que le grand arc anglais porte à plus de 150 mètres, voire 200m pour les meilleurs... Les flèches tombent drues, les hommes aussi... les hommes sont fatigués, ils n´ont pas dormis,
les premiers rangs viennent s´empaler sur les piques ennemies.
Les flèches tombent toujours, et là,
paf,
la panique gagne les valeureux attaquants... ils tombent de cheval de partout ( essayez toujours de faire faire demi-tour un cheval carapaçonné, sous les flèches, avec vous-même 20 kg d´armures sur le dos...);
les anglais n´ont plus qu´à courir et frapper tous ces grands hommes à terre... les 1 700 prisonniers seront égorgés sur ordre du roi anglais... ( il renforce ainsi la position de ses propres partisans en france. n´oublions pas qu´il se présente comme l´héritier du trône).
Au total 10 000 français massacrés, et surtout la fine fleur ( et les plus cons ?
) de la chevalerie française décapitée...
Allez encore 38 ans avant la fin de la guerre de 100 ans...