Allez, prenez vous ça dans la tête. A mes yeux, c'est en demi-teinte comme dirait 2-pac, mais faut attendre la fin, l'épilogue que vous aurez pas, pour tout comprendre et dire que c'est génial. Voila, enjoy ^^.
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Dix minutes après l'explosion.
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Il était une fois des personnes, des gens qui se tuaient entre eux. Histoire simple, mais efficace. Il y en a qui vivent, d'autres qui meurent, parfois par cargaisons entières. Et moi, je ne suis rien. Ni mort, ni vivant, rien. Le fait est que j'aurais du mourir a plusieurs reprises, et que jusqu'ici, je suis toujours là. J'ai eu le temps de sortir de l'immeuble avant l'explosion, le visage couvert de sang, et de poussière. Dans cette histoire, j'ai été à la fois acteur et témoin impuissant. En l'espace de quelques jours, j'ai vu assez d'atrocités pour remplir toute une vie. Depuis, mon esprit ne cesse de répéter, inlassablement, les mêmes choses. J'ai vu mourir, je suis mort, j'ai vu mourir, je suis mort. J'ai tué. J'ai tué. J'ai vu mourir, je suis mort, et j'ai tué. J'ai tué la personne qui était ma soeur, l'un de mes seuls liens avec cette histoire de fous.
Lorsque je suis sorti de ce qui avait été l'immeuble, j'avais vu un corps, étendu face contre terre. J'avais cru la reconnaître. Mais elle était morte, ce n'était pas possible.
Je l'avais tuée de mes propres mains.
Shanghaï
19 Août, une heure avant l'explosion.
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La vieille femme marche nerveusement vers son bureau, deux étages plus haut. Elle n'a pas voulu prendre l'ascenceur. Dixième étage. Une grande salle, complètement vide. Une femme nous attend. Elle a une peau diaphane, et des cheveux blancs.
NON.
Ma soeur. Elle devait être morte.
" Hélios ?", dit la vieille femme.
Hélios ? Elle s'appelle Hélios ? N'avait-elle pas un autre nom ? Son nom...
Ashley ? Oui, son nom était Ashley. Ma soeur, Ashley, que j'avais vu mourir devant moi.
La diaphane me regarde, indifférente, comme si j'étais transparent. Elle ne me reconnait pas, ou ne veut pas me reconnaître. N°12 reste complètement immobile. Helios esquisse un petit sourire ironique.
" Ils arrivent , dit "Hélios" , toujours en esquissant son sourire. Et ça va être un joli massacre, vous ne croyez pas ?
- Dans combien de temps ?
- Pas longtemps. D'ailleurs, j'ai dores et déjà la confirmation de l'arrivée des éléments principaux de la petite scène qui va se jouer ... "
J'observai à cet instant la vieille femme que j'avais toujours accompagnée. Elle fixait nerveusement le sol, et crispait le poing. Elle leva la tête soudainement, et fixa du regard celle qui se tenait devant elle.
" Vous allez m'empêcher de poursuivre mon chemin ? "
Hélios accentua son petit sourire, qui devenait décidément de plus en plus crispant. Elle leva lentement la main, puis sortit d'un petit fourreau qui devait être placé dans son dos deux katars d'argent. Elle prit ensuite la parole, devant le "n°12" qui restait figée.
" C'était l'arme de mon modèle original, vous ne vous en souveniez pas ?
- Si... si je m'en souviens très bien.
- C'est elle qui est, entre autres, responsable de vos blessures qui vous taraudent encore ... "
Hélios n'eut pas le temps de terminer sa phrase. La vieille femme courut vers elle, et, avant que cette dernière n'ait pu abattre ses lames, lui mit formidable un coup de poing qui l'envoya deux mètres plus loin, la pomette droite fracassée. Elle courut ensuite vers un long couloir situé à l'extrémité de la grande salle (qui devait occuper la quasi-totalité de l'étage ), couloir qui menait vers les étages suivants. Elle se retourna néanmoins, et me lança un simple " Empêche-la de me rejoindre. Par tous les moyens ", avant de repartir. Je m'approchais du corps d'Hélios, et pris l'un des katars tombés au sol. Travail ouvragé, cela était évident. Poignée de bois de noyer, lame d'argent parfaitement équilibrée.
Ma soeur n'était pas albinos, à l'époque où mes parents sont morts. Donc cette femme n'est pas ma soeur, point final, et donc je peux lui trancher la gorge sans aucun remords. Du sang coulait de sa bouche déformée par l'impact du coup de la vieille femme, et coulait lentement sur le sol, teintant de rouge ses cheveux lisses et d'une blancheur irréèle. Je lui saisis le menton, lui levant la gorge, prêt à l'éxécution.
C'est alors qu'elle ouvrit les yeux.
Bien qu'elle ne fut pas ma soeur, elle avait décidément les mêmes yeux.
Impact. Coup de genou dans le thorax. Je perds la respiration, et je crache du sang, qui éclabousse ses habits. Le coup n'était pas exceptionellement fort, mais il était très précis. Impact. Un coup de pied retourné qui me repousse en arrière.
Elle leva son dernier katar, et se mit en garde. Elle essuya le sang qui sourdait de sa plaie, et m'envoya un sourire.
"Le spectacle ne fait que commencer."
Dox.
19 Août.
Quelques secondes avant l'explosion.
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Je rêve ?
Tout est ... blanc. Je suis ... je suis, c'est une certitude. Mort, je ne pense pas. J'éprouve des sensations. Je vois. Je respire. Non, je ne suis pas mort, quoique...
Mon coeur bat au ralenti ? Non, c'est ... tout est lent. Le temps ne s'écoule pas à ma vitesse. Attends, je bouge mon bras... mon bras bouge lentement.
Je suis un errant. Je suis de trop dans ce monde, peut-être. Je prends conscience que je n'ai pas la totalité de mes sensations. L'ouie. Tout semble être baigné dans du coton. Le son me revient progressivement.
Des coups de feu. Des combats à l'arme blanche. Et d'innombrables cris d'agonie.
Des palanquées de piles de containers de types tombent morts tout autour de moi. Des types en uniformes on dirait. Tout semble réglé comme un ballet funèbre.
Oh ? Je bouge ?
Je bouge, oui. Trop vite, et trop lentement, c'est... c'est étrange, vraiment, j'ai réèlement l'impression d'être dans un songe et pourtant ...
Je regarde vers le bas. J'ai l'impression de ne pas avoir décidé de faire ça, comme si je regardais un film. Putain, je suis pas une foutue caméra, merd-...
H... Hélios ?
Oh putain ... Oh merde t'as pas changé ... tu es toujours aussi ... toujours aussi jeune, c'est quoi ce merdier, tu devrais avoir presque quarante balais, pas dix-neuf, comme la dernière fois où on s'est vu, où tu ...
Où tu étais morte ....
Oh merde tu peux pas, tu peux pas être Hélios ... je me rappelle, la dernière fois que je t'ai vue, t'étais dans un sale état ... Enfin, "en mauvais état", c'était plutôt "toi moins la tête", c'était même plutôt moche ...
Je fais abstraction des balles et des combats alentour lorsque je me baisse pour prendre Hélios dans mes bras. A présent, les balles, le sang, les morts n'ont plus aucune importance. Ma fille...
Ma fille... De toute ma vie je n'ai du te voir et te cotoyer réèlement que trois ou quatre fois ... et la dernière fois, tu avais été tuée sous mes yeux ... Tu ouvres les yeux, tu sembles être surprise de me voir là, tu ne me reconnais pas ? Les balles sifflent autour de nous, mais je n'en ai strictement plus rien à branler. Tu ne me reconnais pas ? Je te serre plus fort dans mes bras.
J'ai compris. Je me rappelle ce que m'avait dit Prometheus, alors qu'il agonisait, écrasé dans cette foutue cabine d'ascenceur piégée. Toi que je tiens dans mes bras, Prometheus m'avait dis que tu étais de "la troisième génération". Toi aussi.
Toi aussi tu es une foutue victime de l'Autre. "N°1".
"N°1". Je n'ai vu qu'une seule fois son visage, mais son souvenir restera à jamais imprimé dans mon visage. Malgré toutes mes tentatives d'oubli. Malgré toutes mes tentatives d'oubli, Icarus m'a renvoyé tout ce bordel dans la gueule, tout ça à cause d'une foutue piqûre.
Hélios ... tu es ma fille. Ton coeur bat encore. Je vois tes veines qui palpitent sous ta peau diaphane. Avant de mourir, je veux pouvoir t'offrir la vie que je n'ai su de donner. Cadeau d'un vieux fou de salaud à moitié aveugle, "from hell with love".
Hélios. Au final, tu es la seconde femme de ma vie qui va bientot s´achever. Les pilliers tremblent, mais rien ne s´effondre. Un silence de mort. Les armes semblent avoir cessé d'aboyer. Je te porte sur mon épaule. Tu es si légère, brumeuse, presque inexistante. Je peux voir tes veines qui battent au travers de ta peau si blanche. Les cadavres sont nombreux, si nombreux. Les morts, les blessés. Je vois le corps du bouffeur de grenouilles. Qu'est-ce qu'il peut bien foutre là, je n'en sais rien, et je m'en fous, ce type peut bien crever, je ne lèverai pas le petit doigt.
Mes sens me reviennent progressivement. Je me rends compte de la présence de mon fusil à canon scié. Il me semble si lourd, si pesant. J´ai presque oublié où je me trouve. Tout semble si éthéré. Ma ...
Oh putain, ma femme. Liz, ma Liz. Il faut que je la trouve. Je dépose délicatement Hélios contre l'un des pilliers, hors d'atteinte des tirs des ennemis, qui me sont dorénavant invisibles. Putain, ma cataracte. Je marche, titubant entre les tirs et les corps tombant. Quelque chose d'invisible, d'impalpable, me guide.
Au bout d'une trentaine de secondes, je manque me tauler contre un corps.
Putain.
Faut que ce soit celui-là. Liz... Oh ce n'est pas vrai.
Flash. Tout me revient.