Voilà la suite, en demi-teinte (j´adore ce terme).
L´AS NOIR DE L´OREGON
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Le buisson, errant sur le haut de la crête, agita légèrement ses feuilles lorsque l´homme, couché à terre, sortit ses jumelles de son holster à la ceinture. L´individu en question était d´une invisibilté rarissime dans sa tenue de combat entièrement fumée, en raison du décor où seules les quelques étoiles échappant aux nuages étaient distinguables. Son regard s´orienta sur une maison en contrebas où une source de lumière venait d´éclairer une des ses pièces de la façade donnant sur la colline. Un homme fut aussitôt visible derrière la fenêtre. Il finit par s´asseoir à son bureau après avoir nettoyé scrupuleusement ses lunettes.
Une dizaine de minutes s´étaient écoulées, et la silhouette aux jumelles observait toujours le binoclar. Puis, ce dernier sursauta soudainement et se leva de tout hâte de son fauteil. L´expression de son visage laissait imaginer qu´il venait de voir un fantôme. De son côté, l´homme invisible rangea ses jumelles et épaula son fusil. Celui-ci était d´une longueur et d´un style peu commun. Puis, il ramassa la fusée qui se trouvait à portée de main et la fixa doucement au bout de cette arme décidément pas très conventionelle. Finallement, il ouvrit les deux caches de la lunette et mit en joue la pièce illuminée.
Un instant plus tard, un avant-bras, brandissant une arme de poing, jailit de derrière l´embrasure de la fenêtre, et braqua l´individu terrifié aux lunettes. La silhouette, toujours couché sur la crête, émit un petit sourire en visionant la scène se déroulant dans la bâtisse. Puis, il bloqua sa respiration et appuya sur la détente. La fusée se détacha de l´arme et alla s´engouffrer dans le vitrage de la pièce pour exploser à l´intérieur de celle-ci. La détonation qui s´en suivit vint déranger le calme monotone regnant dans la région. Le tireur éjecta ensuite la douille qui avait servi à la mise à feu de l´ogive, et l´embrassa alors qu´elle était encore bouillante, tout en regardant l´incendie se propager dans la villa. Finalement, il se redressa et disparut dans l´obscurité.
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Suivant les conseils de Joe, j´avais pris un peu de recul à ce métier de con et étais en train de me prélasser sur la plage de San Diego qui était bondée de monde à cette heure-ci. Le fait de voir toutes ces familles heureuses me dégouttait plus que tout. De plus, il y avait toujours l´image de Jeff baignant dans son propre sang qui me hantait sans arrêt. C´en était trop, il fallait que je trouve ce qu´il s´était réelement passé à San José.
Le lendemain, je commençai mon enquête. Après plusieurs recherches et plusieurs sommes versées pour rencontrer certaines personnes, je réussis à leur faire cracher un nom grâce à mon meilleur sérum de vérité, le flingue. C´était donc un certain Joe Braeburn, résidant dans une petite ville près de Portland, qui pourrait me "renseigner". Je décidai d´aller lui rendre une petite visite sur le champ.
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Je regardai la plaque ennonçant le numéro de la propriété et concluai que c´était bel et bien le bon endroit. La villa semblait déserte à priori : aucun bruit, aucune lumière et aucun véhicule à l´extérieur. Il fallait donc que j´attende que quelqu´un se manifeste ici. L´un des bancs du trottoir d´en face semblait être un bon endroit pour patienter. Je m´y rendis donc.
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Je regardai ma montre et non, je ne rêvais pas, ça faisait presque une heure et demi que j´attendais assis sur ce banc. Pendant cette longue attente, j´avais essayé d´imaginer à la façon dont je pouvais intervenir. Dans tous les cas, il m´était impossible d´y aller à la rambo en raison des circonstances qui m´avaient poussées à partir léger : un simple Colt 1911 accompagné de mon fidèle poignard Gerber Mk2 constituaient mon famélique arsenal.
Puis, j´aperçus au loin les phares d´une voiture abordant cette rue. Elle s´avança dans ma direction et finit par se garer devant la villa. Un homme sortit de celle-ci. J´essayai de distinguer son visage et fis la comparaison avec la photo que je venais de sortir de ma poche. Pas de doutes, c´était lui.