Non, au risque de me répéter, on ne fait jamais exploser deux bombes nucléaires dans une zone proche d'impact, puisque leurs effets mécaniques vont s'opposer et peuvent s'annuler, c'est un principe physique vu au lycée.
Lorsque deux ondes mécaniques s'opposent, elles peuvent s'amplifier ou s'annuler en fonction du déphasage :
http://teachgreenbk.files.wordpress.com/2012/07/butterfly-color-interference.gif
Ça c'est pour la théorie. La réalité est bien moins manichéenne, à savoir soit une annulation totale, soit un doublement de l'amplitude ; la fréquence et l'amplitude des ondes mécaniques générées par une bombe n'ont rien d'une sinusoïde, elles n'ont pas une fréquence et une amplitude stable.
Observons maintenant l'addition de deux ondes de fréquence et amplitude différentes, ce qui s'approcherait plus du cas pratique de la rencontre de deux ondes de choc proches :
http://electro-music.com/wiki/uploads/Articles/TheSoundwave-FromOrgansToNyquist/Two_waves_and_sum.png
On s'aperçoit aisément qu'en moyenne, il n'y a pas de doublement de l'amplitude de l'onde résultant de cette addition.
Ramené à nos bombes atomiques, on observerait un résultat similaire : la rencontre et l'addition des deux ondes de choc en cas d'explosions proches ne résulte absolument pas en un doublement systématique de l'amplitude.
Les militaires sont bien au courant de ce phénomène et c'est visible dans les installations de silos de missiles balistiques : au sein d'un même complexe, les batteries de silos sont distantes de quelques km mais jamais trop éloignées les unes des autres, de sorte que, pour détruire l'ensemble du complexe, il faudrait envoyer plusieurs bombes atomiques, mais pas au même moment (pour les raisons que je viens de citer). Ce délai entre deux attaques pour détruire le complexe donnerait le temps de répit nécessaire à l'envoi de missiles en riposte.