Et puis de toute façon, l’apostrophe en français sert exclusivement de signe typographique indiquant l’élision d´une voyelle : la + apostrophe → l’apostrophe, presque + île → presqu’île. Certes l´élision normale du e muet final n´est pas toujours soulignée par l´apostrophe, on écrit en effet la cuisine est vaste et lumineuse. L´apostrophe n´est qu´un confort de lecture que l´usage réserve généralement à marquer l´élision graphique de la lettre finale d´un mot de liaison monosyllabique.
Dans certains cas, l´emploi de l´apostrophe est erroné bien qu´entré dans l´usage au début du XXème siècle par hypercorrection. Il n’y a aucune élision dans prud’homme (prud, anciennement prod, c´est-à-dire preux, + homme) ou grand’rue (grand, forme de féminin en ancien français écrite normalement grant, + rue). Aujourd´hui, dans ce cas, on écrirait plutôt prudhomme, grand rue ou grand-rue. Remarque : on n´a cependant jamais été jusqu´à écrire mère grand´, (mais grand’mère, si jusqu’au début du XXe siècle) ou Rochefort´, car l´apostrophe doit toujours lier un petit mot à celui qui le suit.
Ce seul usage ne doit pas faire perdre de vue que l’apostrophe est très fréquente en français puisqu’elle apparaît dès qu’un mot commençant par une voyelle suit un de ces mots très fréquents tels que : le, la, que, qui, du, de, me, te, etc.
L´emploi de l´apostrophe enfin est non seulement autorisé mais obligatoire : ce serait une faute que d’écrire je te ai dit que il.