j´avais voulu ecrire une fic de zelda une fois, et finalement je n´ai fait qu´un chapitre (qui n´est meme pas le premier de l´histoire en plus, et n´est pas entier ici) et j´ai abandonné
- **nom du passage: Le trappeur de Chantelune *****
Voilà maintenant deux heures qu´il se tapissait dans l´ombre, pret à bondir quand le moment serait propice. De sa main gauche, il serrait fermement un solide arc de chasseur, auquel il avait préalablement encoché une flèche. Il n´agirait pas au hasard, et chaque partie de son plan minutieux avait été définie clairement: il ne pouvait se tromper. De sa main gauche, il tenait sa courte épée argentée, dont le tranchant n´égalait pourtant pas l´aspect: l´arme était solide et grossière, certes, mais elle n´avait jamais servi pour quoi que ce soit d´autre que de brèves escortes. Il l´avait reçue de son oncle, décédé quelques années auparavant, et qui le destinait lui-même à la rude profession de garde. Non qu´Hyrule ait jamais été une nation dangereuse, mais pourtant, Link le savait: sa patrie courrait un grave danger. Etaient-ce tous ces reves, dans lesquels un ange requérait son aide, qui lui faisaient porter de tels soupçons? Le jeune homme n´en savait rien. Il se contentait d´agir selon son instinct, et ce jour là, son for intérieur lui avait commandé de se rendre au Chateau.
"Tu comptes passer ta journée ici? gémit une voix derrière lui, la nuit tombe dans quelques heures..."
Se retournant brusquement, il pointa ses lèvres du doigt, murmurant un "chut" accusateur:
"Ce que tu peux être craintif... Il ne nous entendent pas, d´ici", se justifia la frele fée bleue.
Navi était son amie depuis son plus jeune âge. Il n´avait jamais su pourquoi ni comment leurs vies étaient venues à se croiser, et ne s´était par ailleurs jamais posé la question: ils étaient ensemble, voilà tout. Outre ses qualités de conseillère -la fée s´était attribuée elle-meme la fonction d´ange gardien- il avait conscience que malgré son apparente dignité, elle le traitait comme son égal, lui qui comme n´importe quel autre homme, aurait du se trouver méprisé par un etre divin. Ce peuple magique ne daignait generalement pas s´entretenir avec les humains, et de la meme manière, Navi ne se montrait qu´aux yeux du jeune elfe, ce que le village de Chantelune n´avait jamais réellement compris. On l´avait tout simplement qualifié de fou lorsqu´étant encore fort jeune, il avait voulu parler de son amie ailée.
Celle-ci allait ouvrir à nouveau la bouche, lorsque le garçon lui intima d´un geste de se taire: l´instant était proche, et ils ne pouvaient courir le risque d´être remarqués maintenant.
Leur cachette avait été minutieusement choisie. Il s´étaient glissé dans l´un des buissons qui encadraient la demeure royale, de façon à n´être ni trop proches des gardes, ni trop éloignés, ce qui aurait rendu leur embuscade plus ardue. Ils n´avaient que deux allées à parcourir pour parvenir au pont-levis, mais les sentinelles réitérant inlassablement le meme parcours, il devraient agir vite et efficacement. Ce qui, semblait-il, n´inquiétait pas Link, depuis longtemps habitué à la discrétion: il fallait chasser pour vivre, dabs le domaine de Chantelune, et la traque du gibier était l´une des priorités lors de l´instruction de tout enfant en âge de tenir une arme. De plus, il avait, plusieurs soirs de suite, longuement inspecté les lieux, et s´était arrangé pour choisir un refuge qui serait rapidement noirci par l´ombre que dessinait le chateau sous la lumière du crépuscule, d´où la nécessité de ne pas se terrer trop loin de l´édifice.
Soudain, il avertit Navi de la main, lui indiquant la robuste entrée.
"Ce n´est pas trop tôt", remarqua la fée.
Qui, telle un rayon lumineux, s´était déjà lancée à la rencontre des gardes.
"Allez debout, on se réveille!" apostropha-t-elle de sa voix sifflante.
L´un des gardes, le plus trapu des trois qui étaient postés à l´entrée, se frotta les yeux, afin de vérifier si l´éclair bleuté qui avait fusé devant lui n´était pas l´objet de son imagination... et ne vit rien.
Les deux autres, d´un air nonchalant, s´avancèrent en direction de leur collègue, et, celui-ci haussant épaules, regagnèrent finalement leur place, sans souffler un seul mot.
Link en profita pour décocher une flèche dans l´un des drapeaux qui surplombait la tour la plus basse. Cette fois-ci, tous les gardes furent alertés, mais aucun n´avait pu voir d´où provenait le trait.
"Quelqu´un tente de s´introduire, s´égosilla un homme en armure assez maigre, tous à votre poste!"
C´est alors que Navi fit sa seconde apparition, visible par tous, cette-fois ci:
"Qu´est-ce que cela?"
Ricanant, la petite sphère lumineuse s´engouffra dans le dédalle de buissons, suivie de près par quelques officiers, qui malgré leur assiduité au travail, perdirent aussitot sa trace.
"C´est à n´y rien comprendre, chef, maugréa l´un d´entre eux. Sitot que nous avons pris un autre embranchement, le maléfice avait disparu."
L´elfe de Chantelune agit alors à son tour, faisant vibrer une autre flèche en direction du pont-levis.
Comme il l´avait prévu, les gardes, vigilants, allaient accourir vers le lieu de sa cachette, lorsqu´un cor résonna.
Le son était sourd, et parut faire trembler la terre: le coup avait été donné non loin de là, "peut-être même à l´intérieur de la Cour Royale", songea Link.
Décontenancés, les soldats firent volte-face, visiblement alarmés:
"Le Cor Hylien! cria le général. Tous à l´intérieur, notre roi est en danger!"
Titubant, puis recouvrant peu à peu leur fougue guerrière, les officiers de l´armée royale s´engoufrèrent dans l´imposant édifice, sans se rappeler des intrus qu´ils pourchassaient, ni même se soucier du pont-levis abaissé, qui permettrait à n´importe qui de pénétrer dans la cité.
Le jeune homme, qui s´était redressé, afficha un regard inquiet:
"De quoi te plains tu? ironisa son amie. La voie est libre maintenant."
Puis, lisant l´anxiété sur le visage de son protégé, elle se ravisa:
"Ne t´inquiète pas, petit innocent, la princesse ne risque rien, je suis sure et certaine que ce fénéant de roi désire un simple rafraichissement!"
Mais il était trop tard: sans prononcer un mot, le garçon s´était à son tour engagé sous l´imposante porte de pierre, parcourant le couloir principal d´un pas précipité.
"Jamais le Cor Hylien n´aurait été sonné à la légère", songea-t-il. Il se passe quelque chose."
Depuis quelques minutes alors, sa main sur laquelle était dessiné un étrange triangle dont il ignorait l´origine, le brulait.