C´est qui alors
Selon moi y a pas mieux qu´elle ![]()
J´en viens maintenant au commentaire d´une autre de vos remarques. Vous trouvez surprenante la légèreté avec laquelle les hommes se passionnent pour la guerre, alors vous posez l´hypothèse que quelque chose agit en eux, une pulsion de haine et d´anéantissement pour répondre à un tel enthousiasme. Là aussi, je ne peux qu´absolument vous approuver. Nous pensons qu´une telle pulsion existe, et nous nous sommes attachés, ces dernières années notamment, à en étudier les phénomènes. Permettez qu´à ce sujet je vous expose une partie de la théorie des pulsions à laquelle, en psychanalyse, nous sommes parvenus, après tâtonnements et fluctuations multiples. Nous partons du principe que les pulsions humaines se divisent en deux catégories seulement, celles qui visent à conserver et à unir - nous les désignons par érotiques, tout à fait dans le sens de l´Éros du Banquet de Platon -, ou encore sexuelles, en élargissant délibérément la notion de sexualité, telle que l´emploie le plus grand nombre ; et celles qui visent à détruire et à tuer ; nous regroupons ces dernières en pulsion d´agression et pulsion de destruction. Comme vous le constatez, ce n´est à vrai dire rien de plus qu´un embellissement théorique de l´opposition bien connue de tous entre l´amour et la haine, qui entretient peut-être une relation première avec le couple attraction-répulsion, dont le rôle est si important dans votre domaine de recherche. Mais si vous le permettez, ne nous laissons pas entraîner trop vite aux jugements sur le bien et le mal. L´une de ces pulsions est tout aussi indispensable que l´autre. Les manifestations de vie proviennent des deux pulsions à la fois, qu´elles agissent ensemble ou l´une contre l´autre. Il semblerait toutefois que l´impossibilité de se manifester isolément par l´une d´entre elles soit dans la nature de ces deux pulsions, qu´elle soit toujours associée - nous disons “amalgamée”, “intimement liée” - à un certain quantum emprunté à l´autre rive, ce qui en modifie le but ou, selon les circonstances, en rend éventuellement possible l´accession. C´est ainsi que la pulsion d´autoconservation, par exemple, est sans conteste de nature érotique, mais il lui est absolument nécessaire de disposer de l´agression si elle veut en venir à ses fins. De même, la pulsion amoureuse dirigée vers des objets implique le concours de la pulsion de maîtrise [littéralement : de mainmise], si elle veut à coup sûr capturer son objet. La difficulté d´isoler les deux catégories de pulsions à partir des phénomènes qu´elles révèlent, est certes ce qui nous a empêchés si longtemps de les identifier.
Si vous avez la patience de me suivre encore un moment, vous constaterez que les actes des humains permettent de relever d´autres complexités encore. Il est extrêmement rare qu´un acte soit l´œuvre d´une motion pulsionnelle unique, laquelle est déjà, par essence, formée d´un alliage d´Éros et de destruction. En général, pour qu´un acte soit rendu possible, plusieurs motivations de même facture doivent coïncider. L´un de vos collègues en sciences physiques et naturelles le savait déjà, le Professeur G. Ch. Lichtenberg qui, à l´époque classique, enseignait la physique à Göttingen, encore qu´il ait sans doute été plus connu comme psychologue que comme physicien. Il imagina la Rose des Motivations, commentant ainsi : “Les motivations pour lesquelles on fait quelque chose pourraient être classées comme les 32 vents, et leurs noms, formés de façon analogue, par exemple, pain-pain-renom ou renom-renom-pain.[5]” Ainsi, quand les hommes sont appelés à faire la guerre, c´est mille motivations qui les portent à souscrire de plein gré, nobles ou vulgaires, aussi bien celles que l´on déclare ouvertement que celles dont on ne dit mot. Nous n´avons aucune raison de toutes les dévoiler. Que ce soit dans l´histoire ou au quotidien, d´innombrables cruautés en confirment l´existence et la force. La satisfaction de ces penchants destructeurs est bien sûr facilitée par leur mixtion avec d´autres, érotiques et idéalistes. Au su des horreurs de l´histoire, nous avons quelquefois l´impression que les motivations idéalistes n´ont servi que de prétexte aux appétits destructeurs ; d´autres fois, par exemple lors des atrocités de la Sainte Inquisition, il nous apparaît que les motivations idéalistes s´étaient frayé un chemin jusqu´au conscient, en même temps que les destructrices leur avaient apporté un renfort inconscient. Les deux sont possibles.
J´hésite à abuser de votre intérêt, qui porte sur la prévention de la guerre et non sur nos théories. Toutefois, je voudrais m´attarder un moment sur notre pulsion de destruction, laquelle ne bénéficie en aucune façon d´une considération à la hauteur de ce quelle implique. Une observation un peu affinée nous a en effet conduits à émettre l´hypothèse que cette pulsion est à l´œuvre à l´intérieur de chaque être vivant et, de ce fait, pousse ce qui vit vers sa désintégration ; c´est ainsi qu´elle ramène la vie à l´état originel de matière inanimée. Elle méritait donc véritablement le nom de pulsion de mort, alors que les pulsions érotiques manifestent le désir de vivre. La pulsion de mort prend le nom de pulsion de destruction quand elle se dirige, à l´aide d´organes spécifiques, vers l´extérieur, sur les objets[6]. C´est pour ainsi dire par la destruction de la vie d´autrui que l´être vivant protège sa propre vie. Toutefois, une part de la pulsion de mort demeure agissante à l´intérieur de l´organisme et nous avons essayé de montrer les traces de cette intériorisation de la pulsion de destruction dans quantité de phénomènes normaux et pathologiques.
Nous nous sommes rendus coupables d´hérésie, en attribuant la genèse de notre conscience morale à cette dérivation, vers l´intérieur, de l´agressivité. Vous noterez qu´il n´est pas du tout insignifiant que ce processus ait pris une telle dimension ; c´est même carrément morbide ; alors que diriger les forces pulsionnelles vers la destruction du monde extérieur déleste l´organisme, et procure toujours un effet salutaire. Cela sert de justification biologique à tous les instincts haïssables et dangereux contre lesquels nous luttons. Nous devons admettre qu´ils restent plus proches de la nature que ne l´est la résistance que nous leur opposons, et à laquelle il faut également trouver une explication. Peut-être avez-vous l´impression que nos théories sont une espèce de mythologie, et si c´est le cas, qu´elle n´est vraiment pas réjouissante. Mais toutes les sciences physiques et naturelles ne conduisent-elles pas à une telle mythologie ? N´en va-t-il pas ainsi à vos yeux de la physique aujourd´hui ?
Pour une application immédiate de ce qui précède, convenons qu´il n´y a aucun espoir de prétendre débarrasser les hommes de leur instinct agressif. Il y aurait sur terre, paraît-il, d´heureuses contrées où la nature fournit à l´homme tout ce dont il a besoin et dont il disposerait à discrétion : il y aurait des peuplades dont la vie se passerait dans la tranquillité, chez lesquelles cœrcition et agression seraient inconnues. J´ai peine à le croire, et aimerais en savoir davantage sur ces bienheureux. Les bolcheviques aussi souhaitent pouvoir se débarrasser de l´agressivité humaine, en garantissant la satisfaction des besoins matériels et en établissant par ailleurs l´égalité entre les membres de la collectivité. Je tiens cela pour une illusion. Car pour l´instant, les voilà armés avec le plus grand soin, et le moins qu´on puisse dire, c´est que la cohésion de leurs adhérents n´est maintenue que par la haine contre tous ceux qui ne sont pas de leur bord. Du reste, il ne s´agit pas pour autant, vous le remarquez vous-même, de faire totalement disparaître les instincts agressifs de l´humanité ; on peut essayer de les détourner suffisamment pour qu´ils n´aient pas besoin de trouver leur forme d´expression dans la guerre.
Notre théorie mythologique des pulsions nous rend alors plus facile le recours à un moyen indirect de combattre la guerre. Si l´empressement à faire la guerre est une émanation de la pulsion de destruction, le plus évident est de faire appel à son antagoniste, l´Éros. Tout ce qui ressortit aux liens basés sur les sentiments d´affinités entre les hommes ne peut agir que contre la guerre. Ces liens sont de deux sortes. D´abord, ceux comparables aux relations avec l´objet amoureux, quand bien même ils seraient dénués de toute fin sexuelle. La psychanalyse ne doit pas avoir honte de parler ici d´amour, puisque la religion dit la même chose : “Aime ton prochain comme toi-même”[7]. Cela est certes simple à exiger, mais difficile à réaliser. La deuxième sorte de lien d´affinités passe par l´identification. Tout ce qui conduit les hommes à se grouper participe de ces communautés de sentiments, de ces identifications. C´est sur elles que repose pour une bonne part la structure de la collectivité humaine.
L´un de vos griefs sur l´abus d´autorité me donne un second argument quant à combattre indirectement la propension à la guerre. Un exemple d´inégalité intrinsèque et inéradicable chez les hommes, est qu´ils sont scindés entre dominants et dominés, ces derniers en constituant l´énorme majorité. Ils ont besoin d´une autorité qui prenne les décisions pour eux, à laquelle ils se soumettent le plus souvent sans condition. La combattre, impliquerait que l´on prenne plus de soin que l´on ne l´a fait jusqu´alors, pour éduquer une classe supérieure, capable de penser par elle-même, inaccessible à toute intimidation, une classe d´hommes qui lutteraient pour la vérité, auxquels reviendrait la direction des masses dont ils auraient la charge. Que le pouvoir, quand il usurpe les droits, que l´Église, quand elle interdit de penser, ne soient pas favorables à une telle pédagogie, cela n´a nul besoin d´être démontré. La condition idéale serait naturellement une société d´hommes, qui auraient soumis leur vie pulsionnelle à la magistrature suprême de la raison[8]. Rien d´autre ne pourrait permettre un accord aussi complet et aussi solide entre les humains, quand bien même devraient-il renoncer à certains liens basés sur les sentiments. Mais il est hautement vraisemblable que ce soit là une utopie. Les autres voies possibles pour prévenir indirectement la guerre sont immédiatement praticables, mais elles n´augurent d´aucun succès rapide. On pense avec regret aux moulins qui moulent si lentement que l´on peut mourir de faim avant que d´obtenir de la farine.
Vous voyez que demander son avis à un théoricien détaché de ce monde sur des problèmes pratiques urgents, ne mène pas très loin. Mieux vaut s´efforcer, dans chaque cas particulier, de prévenir le danger avec les moyens à portée de main. Mais j´aimerais tout de même aborder une question encore, que vous ne soulevez pas dans votre lettre et qui m´intéresse particulièrement. Pourquoi nous insurgeons-nous tellement contre la guerre, vous, moi, et tant d´autres, pourquoi ne l´acceptons-nous pas comme nous le ferions pour n´importe quelle autre des nombreuses calamités pénibles de la vie ? Car la guerre semble pourtant conforme à la nature des choses, quasi inévitable. Ne soyez pas horrifié par ma façon de poser le problème. Pour servir notre recherche, nous pouvons éventuellement emprunter le masque d´une supériorité dont, à la vérité, on ne dispose pas. La réponse tiendra en ceci, que la guerre anéantit des vies humaines gorgées d´espoir, qu´elle met les êtres humains, un par un, en état d´avilissement, qu´elle les force à tuer leurs semblables, qu´elle détruit des valeurs matérielles inestimables, qui sont le produit du travail des hommes... et qu´elle fait plus encore.
C´est ainsi que la guerre, dans sa forme actuelle, n´offre plus aucune chance de réaliser le vieil idéal héroïque, et qu´une guerre future, par suite du perfectionnement des moyens de destruction, serait en mesure d´entraîner l´extermination de l´un, ou peut-être même, des deux adversaires. Tout cela est bien réel, et tellement indiscutable, et l´on ne peut que s´étonner de n´avoir pas encore vu les meneurs de guerre répudiés par un accord général passé entre les humains. On peut naturellement discuter l´un de ces points en particulier. De plus, la collectivité devrait-elle disposer d´un droit sur la vie de l´individu ? C´est une question ; on ne peut condamner toutes les formes de guerres selon la même aune. Tant que les empires et les nations auront la possibilité d´anéantir impitoyablement autrui, autrui s´armera pour la guerre. Mais passons rapidement sur tout cela, qui ne ressortit pas au débat pour lequel vous m´avez sollicité. C´est vers autre chose que je me tourne ; je pense que la raison fondamentale pour laquelle nous nous révoltons contre la guerre est que nous ne pouvons faire autrement. Si nous sommes pacifistes, c´est parce que nous y sommes obligés pour des raisons organiques. il nous est alors facile de justifier notre attitude par tout un argumentaire.
Tout cela serait incompréhensible sans le moindre commentaire. Voici ce que je pense : chez les humains et depuis des temps immémoriaux, le processus d´évolution de la culture se perpétue. (Je sais, d´autres préfèreraient dire : civilisation). C´est à ce processus que nous devons, et le meilleur de ce que nous sommes devenus, et une bonne part de ce dont nous souffrons. Ses causes et ses origines sont obscures, son dénouement, aléatoire, certaines de ses caractéristiques sont faciles à discerner. Peut-être cela mène-t-il à l´extinction du genre humain, car cela altère la fonction sexuelle à plus d´un titre ; et aujourd´hui encore, les masses incultes et les couches rétrogrades croissent et multiplient toujours plus, en regard des populations hautement civilisées. Ce processus est peut-être comparable à la domestication de certaines espèces animales ; il entraîne incontestablement des altérations physiques. Mais nous ne sommes pas encore familiarisés avec cette notion que le devenir culturel participe d´un processus organique. Les altération psychiques, qui vont de pair avec le processus culturel, sont frappantes et sans équivoque. Elles consistent en un déplacement gradué des objectifs sexuels, vers une limitation des motions pulsionnelles. Certaines sensations qui comblaient de plaisir nos aïeux, nous sont devenues indifférentes ou même insupportables ; il y a des fondements organiques aux modifications de nos exigences d´idéaux éthiques et esthétiques. Deux traits principaux caractérisent la civilisation : le renforcement de l´intellect, qui commence alors à maîtriser la vie pulsionnelle, et l´intériorisation de l´instinct d´agression, avec toutes ses conséquences en avantages et en dangers. C´est le plus crûment que la guerre contredit les attitudes psychiques auquel le processus de civilisation nous oblige, ce pourquoi nous sommes poussés à nous révolter contre elle, à tout simplement ne plus la supporter. Ce n´est pas tant un rejet intellectuel et émotif, c´est pour nous, pacifistes, une intolérance constitutionnelle, une idiosyncrasie[9], amplifiée, pour ainsi dire, à son plus haut degré. Et il semble, en vérité, que notre révolte n´est guère moins accentuée devant les dégradations esthétiques causées par la guerre, que devant sa férocité.
Combien de temps attendrons-nous, jusqu´à ce que d´autres pacifistes se manifestent ? Nul le peut le dire, mais il n´est peut-être pas utopique d´espérer que l´influence de ces deux facteurs, attitude culturelle et angoisse devant les conséquences d´une guerre à venir, mettra fin sous peu aux conduites de guerres. Par quels tours et détours, nous ne pouvons le deviner. Mais nous pouvons dire une chose : tout ce qui fait avancer le devenir culturel agit simultanément contre la guerre[10].
?
Supris ces 2 post!!!!
C´est qui la meuf donc?
de quoi c´est qui la meuf?
Tu m´a dit qu´il y mieux que jill c´est qui?
ba eva par exemple de mgs3
ya t´il eu un pseudo plus chiant que mon ancien basket-fox sur le forum ps3???????????
y´a worms ![]()
Franchement eva est pas si superbe est tro provocante elle pas si charmante!!
en plus son village est trop lisse!!!
Sa c´est une femme!!!
http://www.capcom-central.com/concept/rem/JillValentine.jpg
Elle c´est pas fait refaire les sein comme eva!!!
Sa c´est une femme!!!
http://www.capcom-central.com/concept/rem/JillValentine.jpg
Elle c´est pas fait refaire les sein comme eva!!!
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helium21 Posté le 27 octobre 2005 à 22:35:12
ya t´il eu un pseudo plus ch**** que mon ancien basket-fox sur le forum ps3???????????
Mr-Bison Posté le 27 octobre 2005 à 22:36:41
y´a worms
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J´ai donc vu que vous parlez de Eva, c´est quoi vous racontez de bon?
Bonsoir ! ![]()
Bah jill valentine est 19 fois plus belle qu´elle
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Non, Eva est la number ONE!
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Eva: 2
toxa: 0 ![]()