Poivre et SELL
S´inspirant des bigoudaines de la fameuse pub pour du poisson congelé, le SELL ( Syndicat des Editeurs de Logiciels de Loisirs) dit non aux pirates. Et pour chasser ces vilains pas beaux, la CNIL a renforcé le pouvoir de surveillance du lobby en lui donnant la possibilité de surveiller les réseaux Peer-to-Peer. C´est le récent amendement de la loi Informatique et Libertés qui a rendu possible l´usage de méthodes automatiques et pro-actives de surveillance des utilisateurs des réseaux P2P jusque là réservées aux autorités judiciaires. Si, auparavant, les éditeurs ne pouvaient que constater l´infraction et s´en référer ensuite à des agents assermentés, il leur sera dorénavant permis de faire appel à des sociétés privées spécialisées dans ce type de surveillance afin de repérer les contrevenants et de collecter par leurs propres moyens les preuves à valeur légale du délit.
La Ligue ODEBI accueille bien sûr cette décision avec un ressentiment certain, criant, depuis un moment, à la police privée du net même si le SELL nous affirme qu´il ne jouera pas aux gendarmes mais délivrera un message de prévention et d´information aux pirates les moins actifs, réservant les sanctions aux plus gros poissons et aux récidivistes. L´histoire pourrait cependant ne pas en rester là, la ligue ODEBI tenant à rappeler que, selon elle, ce genre d´activité est définie comme une prérogative des autorités judiciaires au regard des textes constitutionnels ( point sur lequel la CNIL n´est pas d´accord). C´est en tout cas la première fois que la CNIL prend une décision qui donne la priorité à des intérêts privés et non à la protection des usagers qui passeront un jour ou l´autre dans les mailles d´un tel système, que leur pratique soit illicite ou pas. L´industrie du disque elle-même n´a pu obtenir gain de cause sur des demandes similaires. Si demain vous entendez un clic en décrochant le téléphone, vous saurez que ce n´est pas Pascal Nègre d´Universal qui écoute, mais les éditeurs de jeux qui veulent s´assurer que vous ne récitez pas un bout de code à vos potes