Bon je vous recopie sa défense qui est en réponse à un article de Télérama :
Vous avez publié dans le numéro 3043 de votre journal daté du 7 mai 2008, page 14, sous la plume de Thierry Leclère, un article relatif à mon livre Aristote au Mont-Saint Michel.
Je voudrais, à titre de droit de réponse, rectifier des jugements qui déforment le contenu de mon livre. En premier lieu, je récuse les accusations de racisme ou d'islamophobie, qui portent atteinte à mon honneur et à ma probité de chercheur. Cet ouvrage se veut avant tout, comme je l'indique en introduction, un travail de vulgarisation, de mise à la portée du grand public d'éléments empruntés à de très nombreux spécialistes (ce que montrent les notes). Son but est de déterminer pourquoi et comment les Européens, entre les VIIIe et XIIe siècles, ont voulu retrouver le savoir grec. Il m'a semblé que les moines du Mont-Saint Michel avaient joué dans ce processus un rôle ignoré du grand public bien que connu des spécialistes.
La comparaison avec l'islam n'est en rien dirigé contre cette civilisation, dont je souligne à plusieurs reprises les réussites. Je l'indique aussi dans une note qu'il y a eu, depuis le Moyen Âge, évolution dans le droit musulman. J'ai voulu enfin rappeler comment le christianisme aussi bien que l'islam médiévaux avaient choisi dans l'héritage grec ce qui leur paraissait essentiel, en appliquant une sorte de filtre. L'héritage grec est un éléments important, mais je n'en fais pas un critère de supériorité : la Chine et l'Inde ne sont en rien hellénisées, ce sont pourtant de grandes civilisations. Enfin, je ne reprends aucunement à mon compte la thèse du choc des civilisations et je n'applique pas à notre époque ce qui s'est passé au Moyen Âge.
Entre les VIIIe et XIIe siècles, il y a eu des contacts très nombreux, des échanges, mais en raison du contexte politique propre à chacune des civilisations, on ne peut pas dire que l'une d'elles ait profondément influencé l'autre. Il n'y a pas eu à cette époque de dialogue tel que l'on s'efforce de le créer et de le développer de nos jours.
Après ça, le principal reproche que je puisse le faire, c'est d'avoir voulu faire un ouvrage de vulgarisation sur une période aussi restreinte que le VIIIe-XIIe siècle sans prendre en compte les trois derniers siècles du Moyen Âge ce qui de facto fausse la réalité des relations entre christianisme et islam. Mais après je trouve qu'il a réfuté ( tord ou à raison) pas mal d'accusations vues dans les différents liens.