La Révolution russe et l´instauration du communisme.
Comme j´ai un peu de peine à comprendre et à apprendre ce chapitre d´histoire, est-ce que quelqu´un pourrais m´expliquer un peu ce grand chapitre de l´histoire russe?
M´expliquer en résumant bien sûr ^^ car ça risque de prendre long pour tout expliquer.
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Tu sais, il n´existe aps que les forums de jeuxvideos.com sur internet pour avoir tout ce que tu veux.
Internet possede des modules comme google ou wikipedia, qui seront bien plus complets que nos bouches. Et puis, sur googletu peux trouver aussi bien des petits resumes que des gros textes assez bien developpes. ![]()
En fait c´est surtout que c´est insoluble de t´expliquer un tel évènement sur un topic. Il faudrait un bouquin entier, d´ailleurs je t´engage à lire Nicolas Werth, directeur de recherche au CNRS il a sorti un très bon ouvrage de vulgarisation sur la Révolution russe dans la collection Gallimard découverte. Procure toi aussi l´excellent numéro de l´Histoire sur les crimes cachés du communisme, c´est tout ce qu´on peut faire. Mais te rends-tu compte de l´étendue de ta demande ?? ? ![]()
J´ai lus le numéro de l´histoire il y a pas longtemps (j´aime bien l´histoire, mais je le lis pas souvent)
Et bien que je n´aie aucune prétention au niveau histoire, j´ai quand même été un peu surpris de voir la partilité du texte, particulierement dans un magazine d´histoire, notament au niveau de LEnine, leur texte ressemble plus a une tribune politique anti communiste qu´a un document ayant pour but l´eclaircissement de l´hisoire pour le grand publique, et justement, niveau analyse critique et critique de documents, il y a du travail a faire la dessus, je le crains...
Bref autant je ne suis pas borné au pint de ne pouvoir lire des textes critiquants le communisme, autant ce numéro de l´histoire m´a laissé un peu surpris de par justement son manque de partialité, de mise en contexte, usw
dite les gars personne y m´a prévenu qu´un type parlait de ma patrie....
zete po sympa peu pas jouer
Thefatestboy : l´article ne faisait que dire que Lénine n´était pas démocrate et qu´il était même salement dictatorial. C´est pas le travail de l´historien selon toi ?
acala : fais donc, fais donc ami russophile
désolé mais tu passes tellement irrégulièrement. ![]()
Oui, c´est vrai que ma demande est très vaste.
Et je ne vais pas sur google, car j´aimerais avoir une version plus terre à terre, c´est à dire que ça vient plus des forumeurs que des historiens, et je me suis dit que ça pouvait m´aider à peut-être mieux comprendre ![]()
Hm. On trouve plus facilement de l´oeuvre d´amateur que de l´oeuvre d´historien par une recherche google, quand même.
En gros (Très gros)
La Russie est aux bord de la faillite,la 1GM ne fait que la ruinée de plus en plus. Lenine fonde alors le partie Communiste, il veux preparer une révolution,mais pour lui, il faut absolument qu´elle soit organisée avec minutie. Mais une autre révolutions éclate, en Fevrier, un gouvernement provisoire, remplacent le Tsar se mets alors en place. Mais voila, celui-ci, ne tiens pas ses engagement, et ne vaut pas mieux qu´avant.En octobre 17, Lenine organisent la seconde révolutions, organisée. Il triomphe , sans malgrès la legende de grand combat achernée.
Il prend alors plusieurs mesures,Déplacement de la Capitale a Moscou, siege du gouvernement provisoire brulée, nouveau siege le Kremlin.
La , le communisme n´est pas total. Lenine signe la fin de la 1GM. Les communistent doivent maintenant se concetrer sur la guerrecivile, contre les blancs. Il la gagnes. A sa mort,etsa succession par Staline qu´il commence. Celui mets en place de grand plan quinquenaux, et commencent une grande collectivisation de terres, dans des kolhkoze et des sovkozes. La majeurs parties des terres appartiennent maintenant a l´état. Une immense propagande estmisent en place.
Voila, un petit resumé, c´est très simplifier, il n´est pas très précis, mais sa suffit a un eleve de 3eme.
beaucoup pour ce résumé, c´est sympa. Ca m´a permis à mieux comprendre dans l´ensemble et à avoir une meilleure vision du toute
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Sinon une question plus précise:
Qu´elle est la différence entre les soviets et les bolcheviques?
"Soviet" est un mot russe qui signifie "conseil" (dans tous les sens du terme) et qui désigne une assemblée formée d´ouvriers, de soldats, de paysans pour gérer localement une communauté villageoise ou urbaine.
"Bolchevik" est un terme qui signifie "plus nombreux" et qui désigne l´aile révolutionnaire du parti socialiste russe, les réformistes étant les "mencheviks", les "moins nombreux".
Oui, mais quel était leur but? Je sais qu´ils avaient deux buts différents.
Il me semble que les bolchéviques étaient pr le communisme
Et les soviets pr une reforme du parti capitaliste.
Je me tropme?
Les soviets était composée de Bolchevik. Leur idée, etait les même.
"Soviet" désigne une institution, "bolchevik" un partisan du communisme révolutionnaire, ça n´a rien à voir.
Bien sur, mais pas a base de trois malheureux documents sortis du contexte de l´époque...
Mais je vais essayer de le retrouver pour approfondir un peu avec le texte de l´histoire sous les yeux...
Où commencer l'analyse de la révolution russe ?
Faut-il commencer en 1917 ? En 1914 ? En 1905 ? Au XIXe siècle ? Voire avant ?
Difficile à dire. Pour en saisir le plus possible, il est certain qu'il faut remonter très loin.
Mais une telle analyse représenterait une masse de travail considérable et serait évidemment très difficile et surtout très longue à mener à bien.
Ici je prendrai le parti de brosser un rapide tableau, en gros à partir de 1905, mais de ne pas trop entrer dans les détails. Ce sera déjà suffisamment long comme ca.
La réflexion pourra s'enrichir par la suite avec les différentes interventions (enfin j'espère, si il n'y a pas trop de dingues dogmatiques qui viennent pleurer parce que ce que je dis n'est pas idéologiquement hallal).
Je vais être obligé de passer vite sur certains points qui nécessiteraient tous un développement super long : la guerre russo-polonaise, les interventions étrangères, et d'une manière générale : le déroulement des combats eux-mêmes. (le "comment" concret de la façon dont le pouvoir russe a gagné la guerre civile sur le plan militaire quoi)
Ca va prendre plusieurs post d'affilé, et ca va surement rebuter pas mal de gens de lire autant. Mais on ne fait pas d'histoire en dix lignes, en dépit de ce que certains font mine de croire.
1905, c'est d'abord la défaite russe face au Japon (bataille navale de Tsushima notamment). Cette guerre avait été décidé pour les même raisons que beaucoup d'autres : pour détourner l'attention du peuple des problèmes sociaux d'ordre intérieur et orienter les regards vers l'ennemi soit-disant commun et vers l'extérieur.
A cette guerre qui tourne très mal s'ajoute en effet la grande secousse sociale qu'on connait entre le dimanche rouge en Janvier et le manifeste d'Octobre en... Octobre. Elle force le régime tsariste à se doter d'une constitution "libérale" (le sens de ce mot est plus que jamais sujet à caution). Ce sera le début de la célébrité des fameux "soviets" ("conseils" en russe) : des assemblées générales de travailleurs, de soldats, de paysans… tous aspirant au contrôle de leurs propres existences.
Ce Manifeste d'Octobre accordait sur le papier un certain nombre de libertés : conscience, parole, réunion, association. C'était une concession faite par le gouvernement tsariste qui avait eu peur du mouvement social.
En réalité, la contre-attaque tsariste réduit à néant ces maigres progrès en à peine deux ans, et la Russie reprend son visage d'autocratie opaque. Les soviet sont réprimés avec force et beaucoup sont détruits. D'autres entrent dans la clandestinité.
Ayant pris une gifle à Tsushima, l'empire russe se "replie" vers l'Ouest (et surtout vers les Balkans) pour essayer de redorer son blason.
Mais les balkans sont aussi la cible d'un autre impérialisme : celui de l'Autriche-Hongrie. La région jouxte aussi un troisième empire qui n'entend pas se laisser faire sans rien dire, même s'il n'a plus vraiment les moyens de ses ambitions : l'empire Ottoman.
1912-1913 : deux guerres balkaniques, entre anciens sujets ottomans soutenues par la Russie et la Sublime Porte.
Bon. On sait que les causes immédiates de la ruine du régime tsariste résident dans la conjoncture initiée par la première guerre mondiale.
Quelle est la situation de la Russie en 1914 ?
Son armée est une grande force militaire numérique, mais le matériel et la logistique ne sont pas à la hauteur.
Pourtant, fin 1913, le plan quadriennal prévoit de porter les effectifs de l'armée active d'1,3 à 1,8 millions d'hommes, pour une réserve d'environ 6 millions d'hommes.
On consolide aussi le réseau ferré mais les estimations évoquent encore en 14 un délai d'environ 40 jours pour réaliser la mobilisation (c'est pourquoi, entre autres choses, l'Allemagne choisira de se tourner d'abord vers l'Ouest au début de WW1, jugeant que la France risque de mobiliser plus vite que la Russie).
Les soldats russes ne sont pas particulièrement motivés. La plupart sont d'origine paysanne. Une paysannerie qui subi depuis des siècles l'oppression de l'autocratie tsariste.
De plus le pays n'est pas envahi. On n'aura donc pas cette excuse.
La contradiction est flagrante entre les buts de guerre de la Russie (que je ne détaillerai pas intégralement ici par souci d'économie de place) et ce qu'elle pratique chez elle.
En effet elle explique que l'un de ses objectifs, conforme à sa politique étrangère depuis des années, consiste à soutenir les nationalismes au sein de l'empire d'Autriche-Hongrie afin de le faire éclater et d'en satelliser une partie alors même qu'elle musèle les velléités nationalistes à l'intérieur de ses propres frontières.
C'est en partie pourquoi les socialistes russes seront les seuls à refuser de soutenir les crédits de guerre en 1914, malgré les promesse d'autonomie faites à certaines minorités (dont les polonais. Ce sera important par la suite).
A la mobilisation, les paysans sont massivement mobilisés pour le service "actif" tandis que la majeure partie des ouvriers urbains sont mobilisés dans leurs usines : ils n'iront pas au front mais seront quand même considérés comme mobilisés. Donc ils devront accepter sans broncher les horaires, les salaires et les conditions de travail que la guerre "imposera".
Après quelques succès dans les premières semaines de la guerre en 14 (les russes poussent jusqu'à Tannenberg avant d'y être bloqués), la vraie catastrophe s'amorce.
Le sultan Ottoman déclare la guerre "sainte", ce qui est stressant pour la Russie, qui a de fortes minorités musulmanes.
L'armée russe souffre du manque chronique de matériel et abuse fortement du "matériel humain".
L'opération de l'Entente dans les Dardanelles échoue à débloquer la Russie.
Le Tsar s'implique de plus en plus personnellement dans les combats, ce qui est dangereux puisqu'il récupère en même temps les défaites sur son propre compte.
A l'intérieur, le doute grandit.
L'économie est désorganisée, les villes commencent à avoir du mal à se ravitailler correctement et la noblesse est évidemment la première servie.
La corruption est de plus flagrante (affaire Raspoutine comme exemple emblématique).
Début 1917 la crise est déjà générale. La durée de la guerre appuie là où ca fait mal. Les russes en ont ras le bol.
Les morts s'accumulent, les blessés aussi. On commence à sentir la pénurie de main d'oeuvre, surtout dans les campagnes. Les paysans entretiennent un certain ressentiment envers la classe proprement ouvrière (très faible en Russie : environ 5% de la population. On y reviendra) puisque celle-ci est essentiellement mobilisée dans ses usines, considérées comme stratégiques, et non sur le front.
La récolte de 1916 a été très mauvaise et les grèves se multiplient en ville (pénuries, pression intense sur les travailleurs pour produire toujours plus, répression toute aussi intense...)
La grève des usines Poutilov à Pétrograd est particulièrement sanglante.
Mais les bolchéviques ont encore très peu de poids, même dans les villes.
8 Mars 1917 : grand cycle de révoltes urbaines. Beaucoup de femmes participent activement et la troupe, elle aussi particulièrement concernée par les affres de la guerre, finit par refuser de tirer dans la foule.
Le 15 Mars, le Tsar abdique.
Mais le nouveau gouvernement affirme immédiatement sa volonté de poursuivre la guerre, ce qui est contradiction avec la volonté des moudjiks (grande majorité des russes...) qui veut la paix et le partage équitable des terres.
Or, les moudjiks sont massivement mobilisés et constituent une très large partie de l'armée russe.
Les désertions, les fraternisations, les désordres se multiplient sur le front.
C'est à ce moment que l'influence Bolchévique grandi.
Lénine, dans ses "thèses d'Avril", promet la paix et le partage de la terre cher aux moudjiks, qui y croient.
Ils apportent leur soutien tacite au projet coup d'Etat bolchévique.
C'est cet événement qui sera romancé et renommé a posteriori "révolution d'Octobre". Il s'agit d'une poignée de Bolchéviques qui prennent d'assaut le palais gouvernemental. Ce n'est pas très bien préparé : les participants ne connaissent pas le plan du palais et se perdent dans ce dédale. Si bien que le gouvernement a le temps de s'enfuir.
Anecdote souriante : ils trouvent la cave à vin du palais : une des mieux fournies d'Europe, dit-on. Ils la distribuent dans la rue, Pendant des jours c'est la plus grosse beuverie générale de l'Histoire de St Petersburg.
Dès le lendemain Lénine déclare la paix. Il invite tous les belligérants à faire une paix blanche. Mais il avertit qu'il consentira à d'autres termes s'il le faut.
Les alliés refusent mais les Allemands et les Autrichiens se montrent particulièrement intéressés par la perspective de supprimer le front de l'Est.
Il propose aussi à tous les travailleurs de cesser le combat.
Qu'est ce qui se passe en Octobre 1917 ?
C'est la conjoncture de deux mouvements momentanément convergents :
- D'un côté la prise de contrôle de l'appareil d'Etat par un parti original : les bolchéviques.
-De l'autre un vaste mouvement de révolution sociale initié dès le printemps/été 1917 dans les campagnes, avec notamment le fameux "partage noir" (les paysans partagent eux-mêmes les terres entre eux, en fonction des bouches à nourrir et sans le moindre contrôle d'aucun parti politique, pas même les bolchéviques, qui ont d'autres projets (eux veulent la collectivisation sous l'égide de l'Etat).
Il y a 4 forces majeurs en jeu :
-> D'abord ce vaste mouvement paysan, qui est en gestation depuis longtemps dans les campagnes russes (les siècles d'oppression tsariste). C'est cette force qui prend le plus d'ampleur dès l'été 1917.
Les campagnes entretiennent de longue date une certaine méfiance vis à vis de l'Etat et de la ville (d'où viennent les receveurs d'impôts, les "recruteurs" de l'armée... Tout ce qui vient emmerder la campagne...), et elle se traduit par un rejet total à cause de la conjoncture du moment.
A l'été 1917, l'Etat est déjà largement en voie de délitement dans les campagnes et les paysans ont commencé le "partage noir" : leur révolution agraire autonome.
L'Etat use et abuse de la violence répressive, ce qui entretient le mouvement (on est encore avant le coup d'Etat bolchévique)
-> L'armée.
A la fin de l'été 1917 l'armée entre en phase de décomposition avancée.
Les moudjiks, qui sont la principale composantes de l'armée, en ont marre de la guerre et désertent massivement pour rentrer chez eux. Ils emportent leurs armes avec eux et rejoignent le mouvement social qui agite les campagnes.
-> Les ouvriers.
Les ouvriers ne représentent qu'environ 3 à 5% de la population active russe. Ils sont évidemment présents en ville et se fichent bien du partage noir qui a lieu dans les campagnes. Ils sont plus intéressés sur les mots d'ordre bolchéviques (résumés dans les thèses d'Avril) et leur apportent leur soutien (ce qui n'était pas le cas avant 17, en tout cas pas aussi massivement).
Ils font vivre les fameux "soviet" urbains qui se multiplient mais n'ont que peu de contacts avec les soviets ruraux.
-> Enfin, dans le même temps, les minorités nationales sont en pleine ébullition, avec des variations selon les régions. Les polonais sont particulièrement actifs de ce côté là. Mais aussi les ukrainiens, les baltes, les caucasiens.....
On réclame l'autonomie, l'indépendance.
Ces quatre forces démolissent méthodiquement toutes les structures de l'ancien Etat tsariste.
Elles sont en situation d'accord tacite entre elles : elles veulent toute la défaite de l'ancien ordre social.
Ca changera vite... Et l'affrontement entre elles sera long.
La conjoncture de la guerre n'est pas étrangère à l'embrasement. Mais cette conjoncture ne fait qu'agir sur des processus déjà en cours ou en gestation dans l'empire russe.
La "Révolution russe" ne se réduit absolument pas au coup d'Etat de 1917, comme les bolchéviques essaieront de le faire croire a posteriori. Ceux-ci ont très largement profité de la convergence momentanée de différents mouvements, tous d'accord pour abattre les structures socio-politiques précédentes et qui apporteront leur soutien tacite au coup d'Etat lui-même. Avant de déchanter totalement...
Et la suite ?
Les bolchéviques savent qu'ils ne sont pas encore en réelle position de force et ils mettent une large partie de leur programme entre parenthèses : tout le volet agraire en particulier est laissé tombé parce qu'ils n'ont pas les moyens de lutter contre le partage noir établi de facto dans de larges portions des campagnes.
Comme toutes ces forces sont à moyen-terme incompatibles, on va voir les bolchéviques monter progressivement en puissance et briser toute opposition sitôt les moyens de le faire acquis.
Résumons :
En dépit de l'abdication du Tsar et de l'instauration d'un régime constitutionnel, conservateur et n'ayant pas l'intention de changer grand chose dans les structures de la Russie, on assiste à la convergence de plusieurs mouvements avec pour objectif la destruction de l'ancien régime.
Que se passe t-il au lendemain du coup d'Etat ?
Les soviets sont neutralisés immédiatement par les bolchéviques partout où c'est possible. Ils en noyautaient déjà certains, commencent à le faire pour les autres.
L'autogestion mise en place dans de nombreuses usines est remplacée par le contrôle étatique, qui se prétend "ouvrier", donc légitime au contrôle... sic
C'est le début d'un grand malentendu vis à vis des travailleurs.
L'Etat a le souci de l'efficacité économiques, et les travailleurs aspiraient justement à ce que la pression mise sur leur épaule pendant la guerre soit levée. Or les bolchéviques leur ordonnent de redoubler d'efforts et restent sourds à leurs revendications.
Dès Novembre 1917 les grèves ouvrières se multiplient dans les villes.
Le coup d'Etat a accéléré le délitement de l'empire : de nombreuses nationalités proclament leur indépendance et les bolchéviques sont débordés :
Ca leur pose en effet plusieurs problèmes : les blés d'Ukraine se retrouvent dans un pays étranger. De même que le pétrole du Caucase.
Alors le pouvoir bolchévique comprend soudain beaucoup mieux le régime tsariste et reprend ses us et coutumes à son compte : il entreprend de recoller les morceaux. Les bolchéviques reprennent l'impérialisme à leur compte, tout en l'enrobant de rhétorique et de propagande "ouvrière" qui ferait de leur impérialisme le plus légitime. Selon eux ce ne serait d'ailleurs même pas de l'impérialisme.... sic
C'est alors que tous les mouvements qui convergeaient jusqu'à l'automne se télescopent soudainement
La doctrine du parti bolchévique est claire : il est l'avant-garde éclairée de tous les travailleurs. Lui seul connait la voie et est apte à la montrer aux masses.
Cela se traduit par un refus du partage du pouvoir, y compris avec les autres tendances se revendiquant du communisme ou ayant une projet proche (les mencheviks, les SR, les anarchistes et bien d'autres... Les bolchéviques sont très loin de faire l'unanimité en milieu ouvrier comme paysan).
L'incompréhension grandit parmi ceux qui ont initialement soutenu le coup d'Etat bolcheviks (ils soutenaient en fait surtout ses promesses de paix de partage de la terre).
On crée le conseil des commissaires du peuple, composé de bolchéviques, pour surveiller les soviet.
A Petrograd, début Décembre 17, Trotski et Felix Djerjinski créent le "comité militaire révolutionnaire", composé de 60 membres dont 50 bolchéviques. Il sera chargé de préparer la prise de pouvoir effective par les bolchéviques notamment en structurant le réseau policier du nouvel Etat.
Il n'existera que moins de deux mois mais émettra plus de 6000 ordres, surtout pour briser les grèves ouvrières massives à Petrograd, Moscou et d'autres grandes villes.
Ce réseau d'espions et de policiers devient très vite la "Vetcheka" (accronyme de : Commission extraordinaire panrusse pour la répression de la contre-révolution et du sabotage), plus connue sous le nom de "Tchéka" (abréviation : lettres russes "tché" et "K" pour "commission extraordinaire").
Début 1918 les soviet sont à peu près intégralement sous le contrôle autoritaire de l'Etat bolchévique grâce à l'action de ces deux organismes.
Dès la fin Octobre 1917 on avait commencé à parler de lutte contre les "ennemis du peuple". On avait établi des listes de proscriptions.
Bientôt même les "suspects" sont listés et on crée les "tribunaux révolutionnaires" pour les juger.
On crée aussi une commission de ravitaillement chargée d'aller chercher à la campagne de quoi nourrir les villes.
On épure l'armée de ses éléments bourgeois ou nobles (surtout les officiers).
Le 6 décembre le couvre-feu est déclaré à Petrograd.
La "Terreur révolutionnaire" est lancée, en référence à la révolution française et la violence se généralise :
- Violence urbaine : les ouvriers font massivement grève et se révoltent. La répression est terrible.
- Violence paysanne : beaucoup de moudjiks ont ramené leurs armes avec eux à leur retour du front, et ils ne se laissent pas spolier le peu qu'ils ont par les agents de la Vetcheka (ils sont toujours méfiants vis à vis de ce qui vient de la ville et de l'Etat : ils n'en veulent plus).
Situation début 1918 : pas d'opposition trop menaçante face aux bolchéviques. Ils contrôlent d'une main de fer beaucoup de villes, notamment dans le Nord et le centre du pays.
Les interventions étrangères sont bien là mais restent assez faibles tant que WW1 n'est pas terminée.
Seule une petite armée (environ 3000 hommes alors) commandée par les généraux "blancs" (tsaristes) Alexeiev et Kornilov se met en place dans le Sud du pays, soutenue par les puissances étrangères.
Beaucoup de Kosaks se joignent à eux parce qu'ils jouissaient d'un statut particulier sous le Tsar, notamment un statut très favorable concernant le service militaire. Ils se sentent menacés par les bolchéviques, et les blancs les abreuves en plus des pires mensonges sur les révolutionnaires.
D'emblée les combats sont extrêmement violents malgré le peu d'effectifs engagés (c'est le début de la guerre civile).
Les bolchevik justifient leur sauvagerie par la volonté d'"exterminer les ennemis du peuple" . Il ne peut y avoir de négociations : c'est la victoire totale ou la mort.
Cela se comprend puisque cette guerre a effectivement un enjeu social en plus du politique : entre les deux visions de la sociétés face à face (tsaristes et révolutionnaires, noyautés par les bolchevik) il ne peut y avoir qu'un vainqueur et un vaincu.
D'où la violence extrême.
Pendant ce temps la Vetcheka redouble de répression contre les grèves ouvrières, dont elle massacre systématiquement les leaders.
Le 3 Mars 1918, c'est la paix de Brest-Litovsk. Une paix très dure pour la Russie qui se retrouve bien dépecée.
Le 10 Mars le pouvoir Bolchévique quitte Petrograd pour Moscou, officiellement pour rompre avec le symbole tsariste par excellence que représente la ville, en fait surtout parce que la ville est peu sûr pour eux, tant sur le plan social (grèves très dur) que sur la plan de la situation géostratégique en cas de guerre civile.
La Vetcheka suit le mouvement et s'installe à Moscou.
A ce moment, la Vetcheka compte déjà environ 2000 membres, auxquels s'ajoutent des milliers de "troupes spéciales", de mouchards, d'espions...
A titre de comparaison, le commissariat de l'intérieur compte 400 membres.
Au printemps et en été la Terreur bolchévique frappe de plein fouet les forces révolutionnaires et néanmoins hostiles aux bolchéviques.
Les 11 et 12 Avril, 1000 hommes de la Vetcheka encerclent et attaquent tout un quartier de Moscou qui a déclaré son autogestion.
Il y aura plus de 500 arrestations, et un nombre de morts inconnu...
Les menchéviques sont en train de regagner du terrain dans les soviets de province, que les bolchévik avaient réussi à contrôler à grand peine pendant l'hiver 17-18.
La réponse ne se fait pas attendre : Trotsky déclare "Nous sommes pour la guerre civile ! Vive la guerre civile !
On crée une véritable armée chargée de ravitailler les grandes villes qui va écumer la campagne en purgeant au passage le plus d'éléments anti-bolchéviques possible.
Juin 1918 : la guérilla a commencé dans les campagnes, contre les bolchéviques.
On dénombre environ 140 insurrection pendant l'été 1918.
Tous les journaux d'opposition, qu'ils soient de droite, de gauche, anarchistes ou autre sont muselés et/ou interdits.
Tous les soviets non-favorables aux bolchéviques sont déclarés illégaux et sont dissous, souvent par la force.
Juin 1918 : la Vetcheka compte environ 12 000 membres.
A la fin de l'année elle en comptera près de 40 000.
Le 13 Juin, la peine de mort est rétablie (elle avait été abolie par les bolchéviques pour faire bonne figure, mais là ils en ont trop besoin...)
Les grèves ouvrières prennent encore de l'ampleur. Les bolchevik ferment les usines et répriment à tout va.
En Juin on assiste à un appel à la grève générale par pratiquement toutes les organisations révolutionnaires non-bolchéviques. Les grèves fleurissent en effet partout dans le pays.
Et pendant ce temps :
A l'été 1918, il y a maintenant 3 fronts pour les bolchéviques :
- L'armée blanche du Don (celle du célèbre Denikine)
- L'Ukraine, avec son nouveau gouvernement très pro-allemand, anti-bolchevik et carrément anti-russe (l'ancien colonisateur). L'armée allemande les appuie.
- Le long du transibérien, la fameuse "légion Tchèque" commence à bouger.
De plus dans la zone tenue par les bolchéviques on dénombre environ 140 révoltes populaires (contre la Terreur bolchevik, contre la conscription dans la nouvelle armée rouge, etc...).
La Vetcheka arrête en masse, prend des otages, déporte (ces camps sont les ancêtres directs du fameux "goulag")... Cette terreur ne s'achèvera pas de sitôt : elle durera 70 ans.
Les camps sont de deux types :
- Les camps de travail coercitif. On y entre après un jugement "légal".
- Les camps d'incarcération. Ceux-ci peuvent être prescrits sur une simple formalité administrative : pas besoin de jugement.
Le 15 Aout on arrête les principaux leaders menchevik.
Il y a plusieurs tentatives d'attentats contre Lénine, qui lui servent de prétexte pour accuser les SR et détruire leurs structures.
La presse aux ordres, et en particulier la Pravda, relaient les premiers mensonges de ce qui deviendra une tradition dans l'union "soviétique".
La Terreur rouge prend le prétexte de la guerre de classes pour se justifier.
Zinoniev prévoit 10 millions (oui oui) de morts ("90 sur 100 millions doivent survivre")
Et en effet la Vetcheka execute plus d'opposants politiques en quelques semaines que le régime tsariste depuis 1825... Joli score.
On crée de nouvelles catégories de criminels : les "suspects" deviennent des criminels. De même que les "ennemis du peuple", dont la définition dépend de la volonté Bolchevik.
Lénine octroie à la Vetcheka un brevet d'infaillibilité et crée les "troupes de défenses de la République" à partir des troupes "spéciales" de la Vetcheka.
Et c'est sur ce font de répression ultra-violente que la guerre civile se poursuit. Armée rouge contre armée blanche, certes.
Mais pas uniquement. Il y a aussi le "front intérieur".
Les deux principales armées, rouge et blanche, avancent et reculent au grès des victoires et défaites, et chacune organise une répression sanglante des terrains qu'elles occupent : les blancs visent les révolutionnaires dans leur ensemble, les bolchévik visent les blancs mais aussi les autres révolutionnaires, pas d'accord avec eux. Ils ratissent ainsi plus large que les blancs... Ils n'ont pratiquement que des ennemis partout :
En 1919, c'est une gigantesque révolte paysanne qui frappe la région, de l'Ukraine à la Volga.
Les blancs en profitent pour avancer (Denikine et Koltchak surtout).
Les interventions étrangères gagnent en puissance depuis la fin de WW1.
Dans le même temps, la Pologne qui s'est constituée en Etat indépendant n'est pas d'accord avec la Russie bolchevik sur le tracé de la nouvelle frontière : la pologne veut récupérer du territoire perdu lors des partages de la Pologne antérieurs, mais la russie n'est évidemment pas d'accord -> Encore une fois, les bolcheviques révèlent leur vrai visage, tout aussi impérialiste que les autres Etats en ayant les moyens. Ils ne veulent pas perdre un pousse de territoire, mais ils veulent aussi en profiter pour mettre en place une Pologne alliée des bolcheviks et relier ainsi le territoire bolchevik russe aux révolutionnaires allemands (les spartakistes, qui ne plaisent pas du tout aux bolchevik. Ceux-ci voudraient bien contrôler ce vent révolutionnaire pour que ce soit leurs idées, centralistes et autoritaires, contre le communisme des conseils libres prôné par les spartakistes).
Ils remettent les anciens propriétaires terriens en place, ce qui exaspère les communautés paysannes. Ils commencent à organiser ce qu'ils appellent la "chasse aux judéo-bolchévique" et autres "socialistes".
L'antisémitisme est surtout marqué en Ukraine.
On a un retour massif des pogroms côté blanc, surtout à l'été/automne 1919.
Les puissances étrangères ferment les yeux et soutiennent toujours les blancs.
Denikine et la Rada (gouvernement ukrainien) cautionnent tout à fait ces exactions anti-juives.
On estime le nombre de victimes à 150 000. Mais la terreur n'est pas revendiquée côté blanc comme elle l'est côté rouge, où elle est même théorisée.
Les rouges cibles ainsi tout ce qui n'est pas bolchévik, des anarchistes aux royalistes. Pas seulement les bourgeois et les nobles : Paysans, ouvriers, Cosaques, tout le monde...
Les anarchistes et les SR, justement, sont devant un dilemme : beaucoup ont commencé par soutenir les bolchéviks quand ils étaient tout sourire et qu'ils promettaient ce que tout le monde voulait : la paix et le pouvoir aux soviet. Mais ils ont vite déchanté.
C'est le cas de Makhno par exemple, qui avait monté une armée populaire composée essentiellement de paysans ukrainiens (dont certains partagent l'antisémitisme ambiant) pour lutter contre les allemands et les conservateurs ukrainiens, avec la bénédiction des bolchévik jusqu'à ce qu'ils jugent ne plus avoir besoin de lui et se retourne contre lui. La Makhnovchtchina se bat alors à la fois contre les rouges et les blancs (et aussi parfois contre les juifs, au grand dam de Makhno).
Les premier internements "psychiatriques" ont lieu contre les SR, les anarchistes et les mencheviks.
10 Mars 1919, à Kronstadt, les usines Poutilov (ou Boutilov, je sais plus) se réunissent en AG et condamnent l'action et le gouvernement des bolcheviks. Ils veulent que le pouvoir revienne aux soviet, comme promis avant le coup d'Etat. Il exigent aussi la libération des milliers de prisonniers politiques révolutionnaires mais pas bolcheviks.
Lénine et Zinoviev viennent en personnes dans ces usines. Ils y sont conspués.
Alors la Vetcheka se livre au massacre d'une grande partie des ouvriers de ces usines.
On a aussi des massacres à Toula cette semaine. A Astrakan du 12 au 14 Mars, de 2000 à 4000 grévistes sont fusillés ou noyés.
Trotsky interdit les grèves...
Mais ca ne les arrête pas. Pas encore...
En Juin 1920 il y aura une nouvelle grève à Toula : pour le dimanche chômé. La Vetcheka va s'en occuper de la même façon que l'année précédente... Elle procède à l'arrestation des leaders, mais tous les participants demandent à être arrêtés avec. Il y aura donc envrion 10 000 arrestations ce jour là.