Un extrait des Mémoires de Guerre de de Gaulle, à propos de l´épisode de Bir-Hakeim:
Ainsi, une importante force Française se trouvait réunie à temps sur le théâtre principal. Dans sa justice, le Dieu des batailles allait offrir aux soldats de la France Libre un grand combat et une grande gloire. Le 27 mai, Rommel prend l´offensive. BirHakeim est attaqué.
Dans les entreprises ou l´on risque tout, un moment arrive, d´ordinaire, ou celui qui mène la partie sent que le destin se fixe. Par un étrange concours, les mille épreuves ou il se débat semblent s´épanouir soudain en un épisode décisif. Que celui-ci soit heureux et la fortune va se livrer. Mais, qu´il tourne à la confusion du chef, voilà toute l´affaire perdues. Tandis qu´autour du polygone de 16 kilomètres carrés tenu par Koenig et ses hommes se joue le drame de Bir Hakeim, moi même, à Londres, lisant les télégrammes, entendant les commentaires, voyant dans les regards tantôt l´ombre et tantôt la lumière, je mesure quelles conséquences dépendent de ce qui se passe là-bas.
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Le 8, se déclenchent de puissantes attaques. Plusieurs fois, l´infanterie ennemie, à grands renforts d´artillerie et de chars, tente, bravement mais en vain, d´enlever tel ou tel secteur de nos lignes. La journée est trés dure pour les notre. Nos hommes ne recoivent plus qu´à peine deux litres d´eau par 24h, ce qui, sous un pareil climant, est cruellement insuffisant. Il faut pourtant, tenir encore, car dans le désordre qui,de proche en proche, gagne les élements divers de l´armée Birtannique, la résistance de Koenig revêt maintenant une importance capitale. "Défense héroïque des Français !" , "Magnifique fait d´armes !" , "les Allemands battus devant Bir-Hakeim" annoncent avec éclat toutes les trompettes de l´information. Pour le monde entier, le canon Bir-Hakeim annonce le redressement de la France.
Mais ce quime hante, désormais, c´est le salut des défenseurs. je sais qu´ils ne pourront plus longtemps briser des attaques appuyées de moyens écrasants.
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Le lendemain matin, 11 juin, les commentaires de la radio et de la presse sont dithyrambiques et funèbres.
Faut de savoir que les Français essaient de se dégager, tout le monde, évidemment, s´attend à ce que leur résistance soit submergée d´un moment à l´autre. Mais voici que dans la soirée, Brooke m´envoie dire: "Le général Koenig et une grande partie de ses troupes sont parvenus à El Gobi, hors de l´atteinte de l´ennemi".
Je remercie le messager, le congédie, ferme la porte. Je suis seul. Oh ! coeur battant d´émotion, sanglots d´orgeuil, larmes de joie !