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La Réforme protestante

Bouzourdaz
Bouzourdaz
Niveau 9
24 avril 2012 à 17:27:07

La conversion écossaise à lieu grosso modo dans la première moitié du XVIème siècle (elle déborde un peu aux années 1560).

La doctrine de Martin Luther influença les Écossais à partir de 1517 et dès 1525, le Parlement écossais prit des mesures pour lutter contre la pénétration des idées protestantes dans le pays.
En 1528, Patrick Hamilton est brûlé pour hérésie (je crois que c'est le premier martyr protestant de l'histoire d'ailleurs). Les éloges de l'opinion d'Hamilton, particulièrement dans des ouvrages imprimés, ne firent qu'accroître l'intérêt pour ces idées nouvelles auprès du peuple écossais. Aussi on déconseilla à l'archevêque de St Andrews de procéder à d'autres exécutions publiques similaires, car "la puanteur de Maître Patrik Hammyltoun a contaminé toutes les personnes qui l'ont respirée".

Les années 1530 et 1540 sont marquées par plusieurs exécutions. Les réunions privées d'hérétiques furent interdites, les informateurs récompensés par le Parlement, et les sympathisants protestants furent exclus des charges royales. Tout cela attestait de l'attirance croissante pour les idées protestantes.

En 1535, le roi Henri VIII avait rompu avec Rome et avait été excommunié. Il avait également autorisé la lecture de la Bible dans la langue vernaculaire. Ces 'hérésies' anglaises pesèrent encore davantage sur les événements en Écosse, les idées religieuses entrant en conflit avec les manœuvres politiques. Depuis les années 1530, la politique anglaise tâchait de dégager l'Écosse de ses liens traditionnels avec la France (la Auld Alliance) et Rome, particulièrement renforcées lorsque Marie de Guise monte sur le trône en 1542, à la mort du Roi d'écosse qu'elle avait épousé 4 ans plus tôt.

La cause de la Réforme reçut des soutiens puissants. À cette époque, le clergé dressa pour le roi une liste de plus d'une centaine de propriétaires fonciers mécontents de l'Église. Et la force des sympathisants de la Réforme était telle qu'ils purent, à la mort de Jacques V en 1542, former un gouvernement sous la direction de l'hésitant comte d'Arran, qui, à ce moment-là, était favorable à la cause protestante et à une alliance avec les Anglais.

Pour contrer les Anglais, les Écossais s'assurèrent de l'aide des Français, en échange des fiançailles du jeune Dauphin, le futur François II avec leur toute jeune reine.
Marie de Guise s'appuya tout d'abord sur les pasteurs protestants, dont le nombre grandissait. Elle avait besoin de soutien pour sa politique pro-française, et les protestants ne pouvaient espérer un soutien identique de la part des Anglais, qui venaient de passer sous le gouvernement de la catholique Marie Tudor. Pourtant, le mariage de la reine Marie d'Écosse avec le dauphin en 1558 intensifièrent les craintes que l'Écosse ne devînt une province française.

En 1557, un groupe de Lords écossais, connus comme les « Lords de la Congrégation », établit un covenant « pour soutenir, exposer et faire régner la très sacrée Parole de Dieu et sa Congrégation ». Cela fut suivi en 1558-59 par des flambées iconoclastes. Au même moment, un programme fut établi pour réformer le culte et le prêche des paroisses, pendant que les communautés locales recherchaient des pasteurs protestants. En 1558, le régent somma les prêcheurs protestants de répondre de leur enseignement, mais il fit machine arrière lorsque les propriétaires fonciers de l'ouest du pays menacèrent de se révolter.

En juin 1560, Marie de Guise mourut, permettant l'élaboration du traité d'Édimbourg, négocié entre la France et l'Angleterre, pour garantir le retrait des troupes anglaises et françaises d'Écosse. Bien que les commissaires français fussent réticents pour traiter avec les Lords de la Congrégation insurgés, ils offrirent néanmoins aux Écossais certaines concessions à l'initiative de François II de France et de la reine Marie, comme, par exemple, le droit de convoquer un Parlement selon leurs us et coutumes. Dans les faits, ce traité remit le pouvoir dans les mains des Protestants.

Le Parlement écossais de 1560, rejeta l'autorité du pape, interdit la célébration de la messe et adopta une confession de foi protestante. Cela fut rendu possible par une révolution contre l'hégémonie française, matérialisée par le régime de la régente Marie de Guise, qui gouvernait l'Écosse au nom sa fille absente, Marie Ire d'Écosse, reine d'Écosse et également reine consort de France.

Bouzourdaz
Bouzourdaz
Niveau 9
24 avril 2012 à 17:29:17

Pour les pays scandinaves, ce site résume très bien les faits :
http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?scatid=159&noticeid=851&lev=1&Lget=FR

Luffychi
Luffychi
Niveau 10
24 avril 2012 à 19:45:12

Très bon texte ça me fait pensé aux excellent textes de Hasting, merci bien.

Luffychi
Luffychi
Niveau 10
28 avril 2012 à 14:50:55

Et merci Bouzourdaz aussi :ok:

Concernant l'Angleterre maintenant :)

Quel a été la réaction de la population anglaise ? Ils sont changé de foie sans contesté ? Il n'y a eu aucune révolte ? Je sais que le catholicisme avait été rétablit par Marie Ire !

Luffychi
Luffychi
Niveau 10
29 avril 2012 à 14:46:32

Personne ? Je sais que le culte catholique a été rétablit en 1556 à 1570. Mais venant du peuple anglais ?

Vieux-Borgne
Vieux-Borgne
Niveau 48
29 avril 2012 à 14:53:21

Il y a eu des mouvements évidemment, entre les anglicans qui profanaient et pillaient les églises et les monastères, il y a eu une rébellion armée dans le Nord je crois.

En fin de compte, surement les mêmes problèmes que sur le continent.

Luffychi
Luffychi
Niveau 10
29 avril 2012 à 15:01:15

J'ai vu que les problèmes religieux ont durée jusqu'à la fin XVIIe siècle avec Jacques II, mais la population qu'elle religion elle suivait ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 29 avril 2012 à 15:57:42

Il faudrait parler de Valdo au XIIeme, puis Jan Hus et les Hussites, Wycliff et ses Lollard... avant d'arriver sur Luther.

Bouzourdaz
Bouzourdaz
Niveau 9
07 mai 2012 à 23:20:37

Luffychi

"
Quel a été la réaction de la population anglaise ? Ils sont changé de foie sans contesté ? Il n'y a eu aucune révolte ? Je sais que le catholicisme avait été rétablit par Marie Ire !"

Pour expliquer l'irruption de la Réforme en Angleterre, on a invoqué des causes économiques (la volonté d'indépendance financière à l'égard de Rome), culturelles (le progrès de l'humanisme), ecclésiastiques (l'insuffisance et les tares du clergé). Aucun de ces motifs n'est suffisant. La Réforme ne prit jamais en Angleterre une tournure révolutionnaire et dogmatique comme là où l'ont propagée Luther ou Calvin. Elle ne fut introduite par les continentaux que plusieurs années après la rupture avec Rome. Elle fut un acte de la politique royale, beaucoup plus qu'un mouvement d'Église.

L'occasion fut la malheureuse affaire du divorce royal. Henri VIII sollicita de l'évêque Cranmer, pour qui il avait obtenu depuis peu le siège de Canterbury (mai 1533), l'autorisation canonique qui tardait à venir de Rome et tournait au refus. En même temps, il prit une série de décisions lourdes de conséquences. Il fit voter par le Parlement un décret détachant le clergé de l'obédience romaine. Après la convocation de 1532, le clergé dut prêter serment au roi dans ces termes : « Nous reconnaissons que Sa Majesté est le seul protecteur et le maître suprême et que, autant que la loi du Christ le permet, Elle est le chef suprême de l'Église anglaise et de son clergé. » D'autres décrets suivirent. Une loi de 1533 interdit aux fidèles et aux clercs les appels à Rome. En 1534, la convocation de Canterbury, contrainte et forcée, déclara que « le pontife romain, selon les saintes Écritures, n'a pas plus que tout autre évêque étranger reçu de Dieu pouvoir de juridiction dans le royaume d'Angleterre ».

La résistance du clergé à ces décisions gouvernementales fut très faible. Les conflits du spirituel et du temporel étaient alors trop fréquents pour que les consciences n'en aient pas été émoussées et qu'on n'ait pas perdu de vue les limites respectives du pouvoir séculier et du pouvoir ecclésiastique. Même un Thomas More déclarait, un peu avant sa mort, qu'il n'avait jamais su avec une entière certitude si la papauté devait être considérée comme fondée par Jésus-Christ.

En prenant ces décisions, Henri VIII déclara fermement qu'il maintenait la continuité avec le passé. Il fit observer rigoureusement toutes les formes canoniques (par exemple dans le sacre de Cranmer en 1533). Sauf en ce qui concerne la suprématie royale, il n'introduisit aucun article nouveau de doctrine et défendit avec rigueur l'orthodoxie catholique. La liturgie, mise en langue anglaise, fut une liturgie de type catholique. Plusieurs tentatives de rapprochement avec les luthériens, où la politique aurait pu trouver son compte, échouèrent à cause des positions doctrinales du roi.

C'est sous Élisabeth Ire (1558-1603) que l'anglicanisme s'établit comme une via media entre le protestantisme et le catholicisme, ou plus exactement entre la tendance réformatrice d'un Cranmer et la tendance novatrice mais traditionnelle des « henriciens » (comme Gardiner, Tunstall). Seuls étaient exclus de la voie anglicane catholiques romains et puritains. L'Acte d'uniformité imposa, en avril 1559, le Prayer Book (c'était sa 3e édition ; la 4e, devenue normative, est de 1562). L'assemblée du clergé de 1563 adopta les « Trente-Neuf Articles de religion » qui sont la base de la communion anglicane. Mais la via media d'Élisabeth n'est que modérément protestante par rapport aux tendances qui s'étaient fait jour sous Édouard VI (1547-1553). Dès son avènement, la reine modifia la formule du serment, et le roi ne fut plus appelé « chef suprême » mais « gouverneur suprême » de l'Église. Il fut ainsi établi clairement que le prince n'avait pas autorité sacramentelle ou doctrinale dans l'Église, mais seulement autorité sur les personnes « en vue de la paix et de l'unité de l'Église et du royaume d'Angleterre ». Depuis cette date, c'est en ce sens qu'est comprise l'autorité du pouvoir royal sur l'Église.

Le conflit avec l'Église catholique atteignit alors son apogée. En 1570, Pie V excommunia la reine Élisabeth.

La Réforme, en Angleterre, fut accompagnée d'une mainmise sur les biens du clergé. Par ces expropriations, la Couronne s'assurait l'appui de la classe possédante et son adhésion à la Réforme.

Extrait de "La Réforme anglicane au XVIe siècle, H. A. Moreton".

Luffychi
Luffychi
Niveau 10
08 mai 2012 à 12:31:44

Très bon texte merci et concernant le peuple ?

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